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Arts-chipels.fr

In bocca al lupo – à la recherche du loup perdu et retrouvé, mythique animal que notre société ne veut / peut pas voir.

In bocca al lupo – à la recherche du loup perdu et retrouvé, mythique animal que notre société ne veut / peut pas voir.

Dispositif scénique très original, comme le sujet et la forme. Trois personnes et trois chiens investissent un espace central où trône une bassine pleine d’énormes os. Les spectateurs sont répartis tout autour de cet espace, tout autour de la scène. Des écrans, assez nombreux, sont répartis également tout autour de l’espace scénique, et même pour certains derrière les spectateurs mais leur nombre permet à toutes et tous de voir. Sur trois côtés il y a juste trois mini scènes, des refuges pour les chiens.  Les vidéos font partie intégrantes du récit. Elles sont des témoignages qui donnent à voir des images et des sons inédits issus de caméras à déclenchement automatique. L'artiste et chercheuse franco-suisse Judith Zagury nous offre ainsi, une enquête de terrain dans un dispositif vidéo et sonore immersif original.

C’est une plongée dans le sauvage inaccessible et invisible, une plongée qui questionne sur la place du sauvage et de l’humain dans notre environnement partagé. Reste -il vraiment une place pour le sauvage dans les alpages suisses ? Et si oui comment la gérer dans notre monde capitaliste et matérialiste ? Questions fondamentales, très bien posées sans rien imposer, avec beaucoup de sensibilité et d’écoute comme un constat des évènements et des postures. Le spectacle interroge sans intrusion. Les trois chiens qui jouent et vivent au milieu de la scène nous offrent cette ouverture sur le monde animal sans « grand danger », le chien étant la version soft et « humanisée » du loup. C’est aussi une façon d’incarner, de nous sortir des écrans et des vidéos en remettant du vivant au milieu de la scène.

In bocca al lupo – à la recherche du loup perdu et retrouvé, mythique animal que notre société ne veut / peut pas voir.

L'image du loup comme personnification du mal dans la tradition populaire : considéré comme un animal féroce et à l'insatiable voracité, semant la terreur et la mort parmi les habitants des campagnes et des zones de montagnes, en particulier parmi les bergers, le loup devient dans toute l'Europe le protagoniste négatif de nombreuses fables, légendes et histoires transmises à travers les siècles. Il reste des traces de cette vision apeurée du loup dans de nombreuses langues européennes sous la forme d'expressions et de proverbes telle que celle du titre de ce spectacle. In bocca al lupo est une expression italienne qui signifie littéralement dans la gueule du loup et est utilisée pour souhaiter bonne chance à quelqu'un sur le point d'affronter une épreuve difficile. La réponse appropriée à cette expression est crepi il lupo! (Qu'il crève, le loup !).
Mais le loup est un régulateur du vivant comme tous les prédateurs il joue une place fondamentale dans l’équilibre du vivant sauvage qui vient gripper la belle organisation de l’élevage intensif, partout en Europe d’ailleurs.

Laisser une place au loup et donc au sauvage dans notre société, cruel dilemme.

Car, laisser une place au sauvage, c’est mettre de l’aléatoire dans la mécanique bien ficelée de l’élevage moderne. Le loup ne s’attaque qu’aux faibles et donc aux veaux que l’on a séparé des mères laitières, alors que pour les vaches allaitantes, elles protègent leurs petits. Que peuvent faire trois loups face à dix vaches énervées ? Rien, ils fuient. C’est bien la structuration de l’élevage intensif qui provoque ces « drame ». Mais, on ne peut pas relmettre en question cette organisation car le profit et l’économique est le levier incontournable qui gère le vivant, comme si le vivant était possible à planifier et standardiser. Pari fou que l’éleveur moderne intensif a fait pour nous et nos générations suivantes sans se poser la question du partage de l’espace.

 

In bocca al lupo – à la recherche du loup perdu et retrouvé, mythique animal que notre société ne veut / peut pas voir.

Le partage question tabou.

C’est un impensé, de notre société que de penser « partager l’espace avec le sauvage » car nous vivons sous le joug capitaliste qui ne voit les gens et les vivants que comme des produits à rentabiliser. Laisser une place à l’autre c’est perdre de la rentabilité, c’est laisser du hasard, de l’incontrôlé et de l’incontrôlable s’immiscer dans cette belle machinerie à cash flow. C’est prendre le risque d’une perte de contrôle et donc inenvisageable. Le monde sauvage par nature ne peut pas être pris en compte dans cette mécanique, il doit donc soit y trouver une place telle que les parcs animaliers ou les parcs naturels où l’espace est bien défini et commercialiser ou disparaître.

 

Judith Zagury avec le laboratoire ShanjuLab,, expérimentateur de théâtre,  interrogent  le lien humain-animal et proposent des spectacles éveillant de nouveaux imaginaires. Après presque un siècle d’absence, les loups se sont réinstallés dans la région du Marchairuz (Jura suisse), à quelques pas de la compagnie ShanjuLab, qui s’est donc penchée sur ses nouveaux voisins.

Judith Zagury est metteuse en scène et pédagogue, formée au théâtre et à l’art équestre, dont le travail explore le lien entre humains et animaux au plateau. Cofondatrice de l’École-Atelier Shanju, elle développe depuis 2017 ShanjuLab, un laboratoire de recherche théâtrale dédié à cette relation, donnant lieu à des créations et collaborations diffusées en Europe. Son parcours mêle enseignement, recherche dramaturgique et spectacles associant artistes et animaux, salués par plusieurs institutions culturelles.

In bocca al lupo – à la recherche du loup perdu et retrouvé, mythique animal que notre société ne veut / peut pas voir.

Judith Zagury a une formation multidisciplinaire qui comprend le théâtre, l’éthologie et l’art équestre et aussi la dramaturgie. Cette richesse d’approche se retrouve dans son travail au Shanju. Elle se forme notamment lors de stages professionnels organisés par le Théâtre Vidy-Lausanne, auprès de metteurs en scène tels que Joël Jouanneau ou André Engel. Elle travaille également avec plusieurs grands noms du théâtre ou de l’écran (Roland Amstutz, Gérard Desarthe, André Wilms, Emmanuelle Béart, Luc Bondy, Robert Enrico). En tant que cavalière, elle se forme en art équestre auprès de Michel Henriquet, ainsi qu’en éthologie équine au Haras national suisse et à l’Université de Rennes. En 2002, elle fonde avec Shantih Breikers l’École-Atelier Shanju, baptisée ainsi en écho à leurs deux prénoms. Co-directeurs de l’école, ils se consacrent également à l’enseignement et à la mise en scène.

Les humains et animaux de ShanjuLab explorent une coexistence inventive et imaginent ensemble des zoochorégraphies de l’instant. Moments magiques et

 

Distribution

Écriture Judith Zagury

Avec Séverine Chave, Dariouch Ghavami, Judith Zagury et les chiens Azad, Lupo et Yova

Création vidéo Séverine Chave et Jérôme Vernez
Prises d’images FJML Fondation Jean-Marc Landry, Julien Régamey et ShanjuLab
Création son Stéphane Vecchione
Régisseur général et vidéo Jérôme Vernez
Assistanat présence animale Nathalie Küttel
Conseil scientifique et dramaturgique Brian Favre et Jean-Marc Landry Production et diffusion Aline Fuchs et Morgane Kursner

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