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Arts-chipels.fr

Anthea Vecchia, une passerelle entre éclatante modernité et culture ancestrale - Sélectionnée Prix Gravix 2026,

Anthea Vecchia,  une passerelle entre éclatante modernité et culture ancestrale - Sélectionnée Prix Gravix 2026,

J’ai découvert son travail lors de l’exposition des lauréats du prix Gravix, à la fondation Taylor. Ses grandes gravures en noir et blanc, alliant linogravure et gaufrage, m’ont touchée par leur originalité et leur puissance. Paradoxalement, elle s’appuie sur sa culture ancestrale béninoise pour affirmer son éclatante modernité. Ainsi, une faune exubérante tirée des archétypes de cette culture béninoise est omniprésente dans son œuvre. Des coqs, des chiens, des poissons peuplent ses gravures et nous renvoient chacun et chacune à nos imaginaires. Les motifs africains et les animaux symboliques forment un univers singulier, unique et poignant, alliés à une technique impressionnante, elle nous offre une œuvre originale et percutante.

C’est une enfant de la diaspora béninoise avec une grand-mère princesse dahoméenne et un père, officier italien. Elle est née à Paris et a grandi à Florence. On peut donc dire que les fées artistiques se sont penchées sur elle. Elle revendique d’ailleurs son côté enfant de la diaspora comme une chance d’avoir eu accès à une large culture qui lui permet d’analyser les différentes influences qui font la culture béninoise actuelle. C’est une culture essentiellement orale qui à l’origine était basée sur la religion vaudou. Désormais, du fait du colonialisme, le vaudou passe pour de la sorcellerie et est entachée d’une mauvaise réputation. Elle dit être fascinée par cette culture et avoir un attachement particulier à ces traditions et aux coutumes ancestrales qui transparaissent toujours et partout.  L’importance de la religion vaudou, au Bénin, est minimisée bien qu’elle soit dans les faits parfaitement intégrée au christianisme et au monde musulman.
 

Anthea Vecchia,  une passerelle entre éclatante modernité et culture ancestrale - Sélectionnée Prix Gravix 2026,

Ces œuvres sont également une invitation à réfléchir à la colonisation et ses ravages pour les cultures natives. Ainsi, elle travaille sur les séquelles de la colonisation avec une démarche résolument politique en parsemant ces gravures de références, comme dans la gravure avec l’antilope qui se penche vers l’eau et dont le reflet est un squelette, œuvre qui a reçu un prix en Italie. Cette œuvre illustre le phénomène du « waste colonialism » ou colonialisme des déchets qui pourri et pollue les pays africains. Les pays occidentaux envoyant des tonnes de déchets dans les pays africains pour être soi-disant recyclés mais cela a un fort impact environnemental en polluant les sols et provoquant des crises de santé publique et détruisant les moyens de subsistance et l’environnement.

Ces images sont fortes, très originales, ayant du sens avec une technique parfaite. Et notamment son mélange de linogravure et de gaufrage est saisissant. Je lui ai demandé « pourquoi le gaufrage ? » Elle m’a répondu « parce que c’est imprimé sans encre. Je réfléchis beaucoup à la notion d’immatériel et du coup le gaufrage m’aide à rentrer dans cette dimension qui ne peut pas être représentée. Pour moi, comme c’est sans encre c’est sans matérialité et le gaufrage est la seule manière de la représenter.  C’est comme une trace que l’on ne peut pas voir mais sentir et toucher.

Anthea Vecchia,  une passerelle entre éclatante modernité et culture ancestrale - Sélectionnée Prix Gravix 2026,
Anthea Vecchia,  une passerelle entre éclatante modernité et culture ancestrale - Sélectionnée Prix Gravix 2026,

Elle a étudié l’art en Italie, à l’académie des beaux-arts à Florence, puis aux sarts graphique et estampes pendant 3 ans à Florence toujours et à Bologne un master en arts graphiques.

Ensuite elle vient à Paris avec le concours pour Paris Print Club depuis un an.

Son objectif est de continuer bien sûr sa démarche artistique autour de l’imprimerie et de l’estampe en enseignant l’art de l’estampe. Elle a été assistante à l’académie des Beaux-arts à Florence pendant un an.  

Ses envies créatives et artistiques seraient de sortir du cadre et du format rectangulaire en allant vers des installations. Elargir son champ d’actions en sortant du format rectangulaire car le format de la feuille est limitant.

A la rentrée elle participe à une exposition Arts et métiers Fondazione Bertazzoni à Suzzara (Italie) et bien sûr elle continue son travaille au Paris Print club dans le 18ème.

@anthea_eta

 

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