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Arts-chipels.fr

Concerts classiques du Louvre et émotions à fleur d’eau entre littérature et musique devant les Nymphéas. L’union des arts est au cœur de l’action culturelle des grands musées.

Le Louvre. Phot. © DR

Le Louvre. Phot. © DR

Lorsque le théâtre, la danse, la musique, la littérature dialoguent avec les expositions présentées, ils entrent en résonance avec l’esprit du temps qui a vu naître l’œuvre picturale pour nous parler de ce temps-là mais aussi pour en tracer les prolongements. C’est le cas des propositions telle que la Comédie Française au musée à Orsay et au Louvre, mais aussi le propos des Concerts classiques au Louvre ou de l’Écho des Nymphéas à l’Orangerie.

S’approcher d’une œuvre par la bande en s’appropriant mentalement les éléments de son contexte ou les développements qu’elle fait surgir est l’une des manières de la faire comprendre. C’est dans cet esprit que le Louvre, avec des concerts classiques liés à sa programmation des expositions ou l’équipe du musée d’Orsay, qui gère la programmation du musée de l’Orangerie où résident en permanence, créés pour le lieu, les grands Nymphéas de Monet envisagent une programmation de spectacles vivants tissant un lien avec les œuvres exposées.

Pour le Louvre, il prendra la forme d’une série de concerts étagés tout au long de l’année et organisés en deux cycles liés aux manifestations de la saison : Siècles d’or et d’ombre, autour de l’exposition Zurbarán ; Guerrières et musiciennes, autour de l’exposition Amazones.

Pour ce qui est des Nymphéas, les rencontres qui lient chaque fois, une romancière ou un romancier avec une musicienne ou un musicien et, à l’occasion un danseur ou un film s’inscrivent dans le cadre de l’impact profondément novateur de l’œuvre de Monet sur les générations futures. Au moment où l’on fête le centenaire de la disparition du peintre, revenir sur le caractère exceptionnel des Nymphéas de l’Orangerie des Tuileries et sur ce qu’ils inspirent constitue un beau moyen de rendre hommage à ces œuvres hors du commun.

Monet, les Nymphéas. Musée de l'Orangerie. Phot. © DR

Monet, les Nymphéas. Musée de l'Orangerie. Phot. © DR

Les Nymphéas, une innovation picturale, annonciatrice de l’art contemporain

Des années 1890 à sa mort, Monet dédie sa peinture au bassin aux nymphéas – aux nénuphars – de sa maison de Giverny. Dans tous les formats et sous tous les angles et toutes les lumières, il peindra près de 300 tableaux dont plus de 40 de grand format. En 1918, il propose à Georges Clemenceau, son ami, d’offrir à l’État français deux panneaux en guise, symboliquement, de monument à la paix. Clemenceau le convainc d’en faire un véritable ensemble décoratif de 19 panneaux que Monet, toujours insatisfait de leur exécution, conservera jusqu’à sa mort avant qu’ils ne soient installés, sur les indications précises du peintre, in situ dans le Musée.

Le musée de l’Orangerie abrite huit compositions réalisées à partir de différents panneaux. Elles sont réparties sur les deux courbes de deux salles ovoïdes, enserrant le spectateur dans une peinture dont la perception se modifie au fil de l’évolution de la lumière qui tombe zénithalement sur les peintures. Outre le gigantisme et « l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage » comme les définit le peintre, leur installation, en 1927, est aujourd’hui perçue, au-delà de la magnification en « Sixtine de l’impressionnisme » que lui attribuait André Masson, comme annonciatrice de l’abstraction développée par l’école de New York (Pollock, Rothko, Newman, Still…) et de l’abstraction lyrique européenne. Dans cette immense toile décentrée, où aucune partie du tableau n’exerce de primauté sur l’autre, le critique d’art américain Clement Greenberg verra un All Over, ferment d’une peinture nouvelle. Cette œuvre testamentaire de l’artiste développe aussi la notion d’environnement, qui sera ensuite exploitée par des artistes tels que Mark Rothko, Barnett Newman ou Cy Twombly. Ce sont ces pistes que creusent, à leur manière, les propositions d'« échos » du musée de l'Orangerie.

Francisco de Zurbarán, Sainte Casilda © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Francisco de Zurbarán, Sainte Casilda © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Au Louvre, la musique, sur les traces de Zurbarán
Du 7 octobre 2026 au 22 janvier 2027
Des fastes de l’Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais aux déchirements sanglants du vingtième siècle, en attendant l’essor d’une movida qui s’exprime aussi chez les compositeurs de la péninsule Ibérique, ces concerts offrent un voyage à travers cinq siècles de musique espagnole, entre jubilation du chant, virtuosité du piano, grâce de la viole de gambe et de la guitare…

Concert d’ouverture. Les musiques de Zurbarán
Mercredi 7 octobre, 20h Ensemble Cantoria, Jorge Losana, direction
L’ensemble vedette de la jeune génération baroque espagnole fait ses débuts au Louvre en ouverture de l’exposition, dans un programme qui met en lumière la musique de la péninsule Ibérique à la fin du Siècle d’or.

Flamenco contemporain
Mercredi 25 novembre, 20h Arcángel – Quatuor Diotima. Œuvres de Sotelo, Adamek, Ravel
Loin du folklore, les structures du flamenco inspirent aussi les compositeurs espagnols d’aujourd’hui comme Mauricio Sotelo, ou européens comme Ondrej Adamek. Arcángel, l’un des plus grands cantadores de sa génération, et le Quatuor Diotima, composé par Yunpeng Zhao, (violon 1), Léo Marillier (violon 2), Franck Chevalier (alto) et Alexis Descharmes (violoncelle), qui a fait du répertoire du vingtième siècle et de notre temps sa grande spécialité en sont les interprètes.

De Zurbarán à Goya
Vendredi 4 décembre, 20h Tanguy de Williencourt. Œuvres de Granados, Mompou
Pianiste et soliste, chef de chant et chef assistant à l’Opéra de Paris, Tanguy de Williencourt, considéré comme faisant partie de la relève du piano français, a déjà promené ses doigts sur la musique du Sud lors de l’exposition Gaudí, en 2022. Il jette un pont vers les Goya du Louvre avec les flamboyantes Goyescas de Granados et nous plonge dans le mysticisme de Zurbarán avec les pages de la Música Callada de Mompou, inspirée des toiles du peintre.

Séville entre mondes et mers
Mercredi 13 janvier, 20h, Jordi Savall et Hesperion XXI. Œuvres d’Ortiz, Sanz, Guerrero, de Murcia…
On ne présente plus Jordi Savall, légende vivante de la musique ancienne ibérique. Il retrouve ici la viole de gambe dont il est un virtuose, dans l’intimité d’une formation chambriste issue de son ensemble, Hesperion XXI. Au programme, une traversée du répertoire espagnol, des origines arabes à ses développements dans le Nouveau Monde. Un concert enregistré par France Musique.

Thibaut Garcia y sus amigos !
Vendredi 22 janvier, 20h, Thibaut Garcia. Œuvres d’Albeniz, Quiroga …
En clôture de l’exposition Zurbarán, Thibaut Garcia, jeune virtuose de la guitare classique française, qui n’a pas hésité à se confronter aux Variations Goldberg de J.-S. Bach, a convié quelques-uns de ses amis (dont le guitariste Antoine Morinière et Jérémie Garbarg, violoncelliste du Quatuor Arod) pour une fête néobaroque espagnole, avec, au programme, quelques-unes des œuvres délicates et scintillantes d’Isaac Albéniz et de Manuel Quiroga

L'Uomo femina Phot. © DR

L'Uomo femina Phot. © DR

Guerrières et musiciennes autour de l’exposition Amazones !
Du 21 avril au 16 juin 2027
Des cavalières épée au poing qui ornent les frises des temples grecs aux figures de la pop culture queer, des souveraines qui tenaient la dragée haute à leurs homologues masculins aux pionnières qui rivalisèrent avec eux comme compositrices ou à la tête des orchestres... dans la musique aussi, les femmes ont dû se battre pour se faire leur place…

Concert d’ouverture. Les Amazones baroques
Vendredi 21 avril, 20h. Véronique Gens et Le Concert d’Astrée, Emmanuelle Haïm, direction
Place aux « Amazones » de la musique ancienne et à deux artistes françaises internationalement reconnues. Emmanuelle Haïm, à la tête de son Concert d’Astrée, ensemble instrumental et vocal spécialisé dans les répertoires musicaux des XVIIe et XVIIIe siècles, et la grande soprano Véronique Gens nous entraînent dans le sillage des reines guerrières des tragédies lyriques baroques.

Les héritières de Penthésilée
Mercredi 19 mai, 20h, Apotropaïk.
Ce jeune ensemble qui revisite la musique médiévale nous rappelle qu’au temps des croisades, des femmes fortes tenaient le château ou l’abbaye pendant que les hommes guerroyaient au loin… D’Hildegarde von Bingen à Aliénor d’Aquitaine en passant par Isabelle d’Este, un fascinant voyage à la redécouverte de celles qui ont fait l’Europe. Un concert enregistré par France Musique.

Le combat des compositrices
Mercredi 2 juin, 20h. Ensemble Aedes, Mathieu Romano, direction Œuvres de Chaminade, Grandval… et Debussy
La compositrice fut longtemps une amazone par nature, combattant pour être reconnue dans un univers monopolisé par les hommes. Le concert rend hommage à deux d’entre elles. En partenariat avec le Palazzetto Bru-Zane, l’Auditorium du Louvre propose la re-création mondiale de la symphonie chorale de Cécile Chaminade, Les Amazones, et le portrait lyrique par Clémence de Grandval de la guerrière par essence, Jeanne d’Arc…

L’uomo femina
Samedi 5 juin, 20h. Le Poème Harmonique, Vincent Dumestre, direction. Avec Eva Zaïcik, Anthea Pichanick, Anas Séguin… Opéra de Baldassare Galuppi. Une version concert mise en espace d’après une mise en scène d’Agnès Jaoui
Dans une île mystérieuse, les femmes ont le pouvoir et font la guerre, tandis que les hommes rivalisent de coquetterie au sérail afin de leur plaire… Agnès Jaoui et Vincent Dumestre ressuscitent un opéra vénitien oublié qui donne à réfléchir autant qu’à rire, porté par une formidable équipe de solistes parmi lesquels Eva Zaïcik et Anas Séguin. Le spectacle est précédé d’une rencontre avec Agnès Jaoui.

Queer Amazons !
Mercredi 16 juin, 20h, Poiesis Quartet
Ce jeune quatuor à cordes américain allie l’excellence – il est Premier Prix du Concours International de quatuors à cordes de Banff, au Canada – à un engagement revendiqué dans la culture contemporaine queer, dont l’amazone est une figure emblématique. Sarah Ying Ma (violon), Coco Mi (violon) et Jasper de Boor (alto), lorsqu'iels se présentent, se définissent comme queer, tandis que Drew Dansby (violoncelle) conserve le genre masculin. Ils nous invitent ici à la découverte de la nouvelle génération de compositrices compositeurs d’outre-Atlantique, et saluent Florence Price, pionnière des musiciens afro-américains, en donnant son premier quatuor. Concert enregistré par France Musique.

Wajdi Mouawad. Phot. © DR

Wajdi Mouawad. Phot. © DR

L’Écho des Nymphéas au musée de l’Orangerie

12 octobre 2026 - 28 juin 2027 Deux séances par soir à 19h et à 20h30
Chaque mois, au musée de l’Orangerie, les Nymphéas deviennent le point de départ d’une création inédite. Écrivaines, écrivains, musiciennes et musiciens composent en écho au chef-d’œuvre. Une rencontre vive entre mots, sons et peinture, pour sonder l’intime, explorer la mémoire, déplacer les frontières entre récit, musique et peinture. Romanciers, compositeurs et performeurs : toutes et tous partagent le goût des formes hybrides et des émotions à fleur d’eau, en résonance avec l’infini des Nymphéas.

Lundi 12 octobre 2026 – 19h et 20h30 Jakuta Alikavazovic Avec Gaspar Claus
Prix Goncourt du premier roman pour Corps volatils, Jakuta Alikavazovic est née à Paris dans une famille originaire d'ex-Yougoslavie. Fantômes, apparitions et jeux de perception traversent ses livres. Une écriture en sfumato qui brouille les frontières entre mémoire, imaginaire et réalité. Ayant grandi à Giverny, elle entretient avec l'univers de Monet une familiarité ancienne, nourrie par ses souvenirs d'enfance. Pour cette soirée, elle retrouve Gaspar Claus, violoncelliste, compositeur et improvisateur, qui a collaboré avec Rone, Sufjan Stevens, Bryce Dessner ou Pedro Soler. À travers musique de film, performances et projets transdisciplinaires, Gaspar Claus cherche sans cesse à déplacer le champ des possibles de son instrument. Son prochain album, Cells, paraîtra à l'automne.

Lundi 9 novembre 2026 – 19h et 20h30 Nina Bouraoui. Avec Chapelier Fou
Prix Renaudot pour Mes mauvaises pensées, Nina Bouraoui écrit depuis plus de trente ans autour de ce qui façonne une identité : désirs, sexualités, sensations. Par touches successives, elle compose des textes où se mêlent quête de soi et attachements familiaux. Elle s’associe ici à l'univers de Chapelier Fou. Entre électronique, cordes et musique de chambre, Louis Warynski travaille par motifs, reprises et variations. Une manière de composer qui n'est pas sans rappeler celle de Nina Bouraoui, dont les livres reviennent souvent sur une émotion ou un souvenir pour en révéler peu à peu toute la profondeur.

Lundi 7 décembre 2026 – 19h et 20h30 Carte blanche à Wajdi Mouawad. Avec Théotime Langlois De Swarte, violon
Avec Littoral, Incendies, Forêts ou Tous des oiseaux, Wajdi Mouawad, né au Liban et contraint à l'exil par la guerre civile, puise dans son histoire une réflexion au long cours sur la violence et la manière dont elle continue de façonner les destins individuels. Invité au Collège de France en 2024-2025, cet homme de théâtre et poète prononce une leçon inaugurale hantée par l’idée du destin, des possibles et de la force de l’écriture. Le temps d'une soirée, il dialoguera avec Théotime Langlois de Swarte. À seulement trente ans, le violoniste s'est imposé comme un interprète marquant de sa génération. Fondateur de l'ensemble Le Consort, familier des plus grandes scènes internationales, il redonne au répertoire baroque son énergie, sa liberté et sa force narrative. Wajdi Mouawad investira cet ensemble imaginé par Monet au lendemain de la Première Guerre mondiale comme une réponse pacifique. Avec une interrogation : que peut l'art face à la guerre ?

Lundi 11 janvier 2027 – 19h et 20h30. Séphora Pondi
Séphora Pondi est comédienne, autrice et metteuse en scène, pensionnaire de la Comédie- Française depuis 2021. Son premier roman, Avale, a reçu le Prix du premier roman des Inrockuptibles et le Prix du Roman des étudiants France Culture. Son écriture puise dans son expérience du plateau : elle accorde une place centrale au rythme, à l'oralité et à l'incarnation des personnages.

Lundi 8 février 2027 – 19h et 20h30 Jean-Baptiste Del Amo. Avec Oklou
Révélé par Une éducation libertine, qui lui vaut le Prix Goncourt du premier roman en 2009, Jean-Baptiste Del Amo est l'une des voix majeures de la littérature française contemporaine. De Règne animal, fresque consacrée aux métamorphoses du monde rural, au Fils de l'homme, en passant par son dernier roman La Nuit ravagée, qui emprunte les codes du thriller, ses romans explorent les points de friction entre les êtres humains, leurs désirs et le monde vivant qui les entoure. Une littérature physique et sensorielle, attentive aux troubles, aux perceptions et aux états instables. Il a trouvé́ dans l'hyperpop d'Oklou une partenaire de jeu idéale. Autrice, compositrice et productrice, Oklou s'est imposée ces dernières années comme l'une des figures remarquables de la scène pop électronique contemporaine. Son premier album, choke enough, publié en 2025, a été salué pour son écriture intime et ses productions sophistiquées. Elle compose des morceaux où la voix semble flotter dans des paysages sonores mouvants, entre nappes électro et influences trip hop.

Lundi 8 février 2027 – 19h et 20h30 Nathalie Azoulai. Avec Raphaël Sévère
Prix Médicis pour Titus n'aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai tente sans cesse de réinventer sa langue. De La Fille parfaite à Toutes les vies de Théo, ses romans s'intéressent aux mondes qui se croisent sans parvenir à se comprendre. Dans En découdre, elle situe son intrigue dans un musée, mais détourne aussitôt le regard des œuvres pour le porter sur un gardien et une visiteuse que tout semble séparer. Pour sa création à l’Orangerie, elle choisit de creuser le motif de la guerre. Comme un prolongement littéraire du geste de Monet qui peint des Nymphéas alors que l'Europe s'enfonce dans le conflit. À ses côtés, le clarinettiste et compositeur Raphaël Sévère, révélé à douze ans en remportant le concours international de Tokyo, puis lauréat du prestigieux Young Concert Artists de New York, soliste et compositeur de talent, propose un univers où se croisent grand répertoire, musique contemporaine et écriture personnelle.

Lundi 26 avril 2027 – 19h et 20h30. Blandine Rinkel, Maison Pierō, Clément Gyselinck
Membre du collectif Catastrophe, écrivaine, musicienne et performeuse, Blandine Rinkel a publié L'Abandon des prétentions. Vers la violence, récompensé́ par le Prix Méduse, et plus récemment La Faille. Ses livres suivent souvent celles et ceux qui refusent la place qui leur a été assignée et cherchent, par le corps, le mouvement ou le désir, d'autres formes d'émancipation. Pour l'occasion, elle retrouve deux compagnons de route : Maison Pierō, le projet musical de Pierre Jouan, également membre de Catastrophe, et le danseur et chorégraphe Clément Gyselinck. Tous trois partagent le goût des formes hybrides, où l'écriture, la musique et le mouvement dialoguent sans hiérarchie.

Lundi 31 mai 2027 – 19h et 20h30 Thomas Clerc
Écrivain, performeur et fin connaisseur de l'art contemporain, Thomas Clerc développe depuis plus de vingt ans une œuvre aussi érudite que drôle. Avec Paris, musée du XXIe siècle. Le 18e arrondissement, récompensé́ par le prix Wepler 2024, où il écume les lieux rue par rue, comme avec Intérieur, description exhaustive de son appartement, il pratique une littérature de l'attention et du goût du détail. Comme Perec, il fait d'un motif observé jusqu'à l'obsession une méthode d'écriture. Une patience du regard qui n'est pas sans rappeler celle de Monet revenant sans cesse au même bassin. Avec Croûtes, publié dans la collection Fléchettes, il s'appuie sur quelques secondes d'un film tourné à Montmartre en 1927 lors de la Foire aux croûtes, une manifestation canularesque inventée par Jules Depaquit, dessinateur et premier maire de la Commune libre de Montmartre. Il n'en faut pas davantage à Thomas Clerc pour lancer une enquête aussi sérieuse que facétieuse en se demandant : qu'est-ce qui distingue un chef-d'œuvre d'une croûte ?

Lundi 28 juin 2027 – 19h et 20h30. Sylvain Prudhomme, Blick Bassy
Lauréat du Prix Femina pour Par les routes, Sylvain Prudhomme accompagne depuis vingt ans des personnages saisis au moment où leur vie bifurque. De Les Grands à Coyotes, en passant par L'Enfant dans le taxi, ses romans accordent une place essentielle aux paysages, aux liens qui se nouent entre les êtres et à la lumière qui les traverse. Ayant grandi et travaillé entre le Cameroun, le Burundi et le Niger, il entretient avec le continent africain un lien intime qui irrigue plusieurs de ses livres. Une écriture délicate, attentive aux liens qui se tissent entre les êtres et une forme de douceur qu'on retrouve dans la voix de Blick Bassy avec qui il partage cette soirée. Chanteur, compositeur et écrivain camerounais, Blick Bassy est une des grandes voix de la scène africaine contemporaine. La nature, la transmission et l’histoire sont au cœur de ses albums les plus marquants comme 1958, hommage à Ruben Um Nyobè ou encore Mádibá.

Concerts classiques au Louvre
Du 7 octobre 2026 au 16 juin 2027 à 20h
Musée du Louvre, Auditorium – Rue de Rivoli, 75001 Paris
www.louvre.fr/expositions-et-evenements/evenements-activites/cinema-musique-spectacles-rencontres-2026-2027

L’Écho des Nymphéas
Du 12 octobre 2026 au 28 juin 2027 à 19h et 20h30
Musée de l’Orangerie – Jardin des Tuileries, 75001 Paris
Rés. https://billetterie.musee-orangerie.
Information https://www.musee-orangerie.fr/fr

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