2 Décembre 2025
Le voyage en terres modernes et contemporaines de ce duo de musiciens a la luminosité précieuse d’un dialogue inspiré.
Luis González Garrido, jeune saxophoniste originaire de Séville que son parcours a mené de Séville à Saint-Sébastien puis à Paris, a un large répertoire qui va de la musique ancienne aux créations contemporaines en passant par le romantisme, sans oublier son flamenco natal qui accompagne chacune de ses étapes.
Sa virtuosité n’a d’égale que son sens de la nuance, sa finesse et sa sensibilité. Toute en rondeurs et en liant, son interprétation distille une véritable respiration de la musique alliée à une variation sonore d’une grande richesse et d’une grande pureté.
Orlando Bass, pianiste, claveciniste et compositeur franco-britannique formé à Paris, partage avec Luis González Garrido le même éclectisme musical, qui le mène de Bach à la création contemporaine dont il se fait un défenseur ardent. Sa curiosité le porte aussi vers la recherche et l’expérimentation.
Avec Genesis, tous deux offrent un voyage dans les musiques d’aujourd’hui au travers de sept compositeurs et une compositrice, de Debussy à Fernande Decruck en passant par Poulenc, Fabien Waksman, Vincent David, Eugène Bozza, Benjamin Attahir et André Caplet. Un voyage délicat, d’une beauté tranquille et d’une élégance cristalline remarquables.
« Pour moi, écrit Luis González Garrido à propos de ce programme, tout commence par un souffle, une fissure dans le silence. Une note, un motif, un geste qui se déploie. Chaque œuvre du disque part d’un germe et grandit comme un organisme vivant. »
Au saxophone alto ou soprano, il interprète avec Orlando Bass des œuvres dont certaines font l’objet d’adaptations. Crystal Seed de Fabien Waksman par exemple, écrit au départ pour saxophone, soprano et guitare a été arrangé par le compositeur lui-même pour saxophone et piano.
L’album, à côté de la dentelle raffinée de la Première Rhapsodie de Debussy, offre une même beauté fragile et infiniment mobile dans la Sonate en ut de Fernande Decruck ou dans les Coïncidences de Benjamin Attahir qui puise dans des traditions diverses. Quant à l’Éveil de la toupie de Vincent David, il s’inspire du mouvement de rotation d’une ancienne valse française qui serait passée par Ravel et Debussy.
Premier album de Luis González Garrido, qui constitue pour le jeune interprète « un point de départ, mais aussi une manière d’affirmer mes racines pour construire la suite », Genesis navigue sur les eaux éthérées d’un rêve éveillé qui nous entraîne vers des contrées lointaines où aborder signifie s’abstraire de toute réalité contingente pour s’ébattre en liberté dans la richesse d’une épure inspirée.
Luis González Garrido, Orlando Bass, Genesis
Parution chez Klarthe Records le 6 février 2025
Prochain concert : Talents Adami Classique 2025
2 décembre 2025 à 20h
Maison de Radio France