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Arts-chipels.fr

Festival du Moulin de l’Hydre 2025 : le théâtre en partage.

Le Moulin de l'Hydre. Phot. © DR

Le Moulin de l'Hydre. Phot. © DR

Quatrième édition de ce jeune festival, mené au cœur de la Suisse normande par la compagnie le K-Simon Falguières. Deux jours de réjouissances où, sur scène et hors cadre, le théâtre s’offrira des airs de liberté, de concerts en déambulation performée, de bal en banquet spectaculaire. Et une pièce inédite de Simon Falguières.

Une aventure collective en ruralité

« La seule façon de repenser la décentralisation, est de vivre localement », dit Simon Falguières, directeur artistique d’un collectif d’« artistes-bâtisseurs » qui mène de front la création de spectacles et la construction d’un théâtre. Il le rêve, ouvrant sur les falaises, la rivière et la forêt, au creux de la vallée du Noiraud, affluent de l’Orne, autour de l’ex Moulin des Vaux. Rebaptisée Moulin de l’Hydre, l’ancienne filature puis usine de pièces détachées renaît pour devenir une « fabrique de théâtre », réunissant tous les métiers du spectacle, sous la houlette de la Compagnie de théâtre Le K-Simon Falguières et des Bernards L’Hermite, une association qui a coutume de s’installer dans des lieux désaffectés pour les transformer en espaces de création artistique (par exemple La Patate sauvage à Aubervilliers).

Sur un grand terrain arboré, idéal pour la culture potagère et l’installation d’un camping, deux corps de bâtiment se font face. D’un côté, un lieu d’habitation, où six personnes ont élu domicile permanent, dont le metteur en scène et le directeur technique de la Compagnie Le K. Il accueille aussi des artistes en résidence : de nombreuses compagnies, pour moitié implantées en Normandie, viennent y travailler. En vis-à-vis, des espaces de répétition, de montage et de stockage de décors et l’emplacement du futur théâtre « pour faire des créations de grande taille, hiver comme été ».

Théâtre en plein air. Phot. © DR

Théâtre en plein air. Phot. © DR

Un chantier en marche

Le Moulin de Hydre, c’est une histoire un peu magique, à l’aune des spectacles de Simon Falguières (dernièrement Fragments de la forêt aujourd’hui disparue avec 33 élèves de la promotion 2025 du Conservatoire National Supérieur d’art Dramatique de Paris). Un rêve d’enfant qui prend corps en plusieurs épisodes : 2024-2025, sauvetage du lieu (toiture, huisserie, isolation) ; 2025-2027, construction du théâtre ; 2028-2029 finition et équipement du lieu. Avec à terme, la remise en marche de la roue motrice du moulin qui a fonctionné jusque dans les années soixante pour alimenter la Fabrique en électricité.

Le chantier avance au cœur de cette région vallonnée qui lui vaut le nom de Suisse normande et les habitants des bourgs voisins sont nombreux à adhérer au projet et se réjouissent de voir naître un bar associatif, là où tous les bistrots ont fermé, de participer à des stages de théâtre un week-end par mois, d’octobre à juin, et d’écouter de la musique à la guinguette, en été. Certains participent au chantier pour construire un muret ou donner un coup de main pour les manifestations. Quatre-vingt bénévoles contribuent à la bonne marche du festival annuel, assurant accueil, cuisine, bar…

Un public nombreux est attendu : gens du cru et amis des artistes. Le prix d’entrée est libre et vaut adhésion à l’association des Bernards L’Hermite. Pour une somme modique, on peut manger sur place et le bar, apprécié pour ses crêpes maison et son vin chaud, ne désemplit pas. Aujourd’hui, le festival a lieu en extérieur. Des gradins confortables ont été montés face à une grande scène adossée au mur de briques de l’usine. Aux fenêtres s’allument des projecteurs. Un deuxième espace de jeu est improvisé dans la cour du Moulin, un autre dans une prairie attenante et, cette année, au long de la rivière et jusqu’au Mont Cerisy.

Un lieu de résidences. Phot. © DR

Un lieu de résidences. Phot. © DR

Un chant pour guérir ensemble

Reprenant les mots de Jean Giono dans Le Chant du monde, « Quand on est malade, rien ne chante plus fort que l'envie de guérir », l’équipe du Moulin voit dans le fait d’être ensemble en pleine nature et dans la multiplicité des propositions artistiques un remède « contre l’angoisse qui nous enserre de jour en jour avec les guerres, la catastrophe écologique, les grands feux, les montées réactionnaires... ».

En ouverture, le collectif La Méandre présente Bien Parado une ode à l'émancipation en forme de Sévillane, dansée par Jane Fournier sur les compositions électroniques de Cédric Froin. Puis Hatice Özer convie les spectateurs à, une fête de mariage turc spectaculaire, Koudour. Pour l'occasion, un chœur d'habitants a été constitué, en lien avec les associations de la diaspora turque de Flers.

Le lendemain, en début d’après-midi, Le Prélude de Pan, de Jean Giono, présenté par la troupe de Clara Hédouin au Festival d'Avignon, propose une marche au cœur de la nature, nourrie de la prose magnétique de l’écrivain et des paroles d’agriculteurs du coin. Au retour, place aux  65 jeunes interprètes de l'Orchestre du Nouveau Monde : mêlant œuvres savantes et morceaux populaires, ils inventent une musique symphonique pour tous.

Louis de Villers jouera Je ne peux pas oublier de Jean Giono, accompagné de la batteuse de jazz Yuko Oshima. Un réquisitoire antimilitariste qui, écrit en 1934 au nom de la vie, résonne fortement aujourd’hui.

Simon Falguières clôturera les réjouissances par un nouvel épisode du Journal d'un autre, journal intime théâtral entrepris depuis de nombreuses années. Seul en scène, il y explore une écriture entre farce, poésie, pantomime et théâtre d’objet. Ce huitième chapitre raconte l’aventure du Moulin de l'Hydre.

Enfin, on dansera jusqu'au bout de la nuit avec Electro Blues Deadwood et le collectif de DJs Contrebande. 

« Entendre les mots résonner dans le concert de la nature. Être invité au mariage d’une autre culture. Vivre le théâtre comme une fête et un festin », telles sont les promesses de ce festival, avant de retrouver Simon Falguières et sa troupe en novembre pour une prochaine création : Le Livre de K, au Théâtre de la Cité, CDN de Toulouse.

Phot. © DR

Phot. © DR

Festival du Moulin de l’Hydre
Saint-Pierre-d'Entremont (Orne) www.lhydre.com/le-moulin
Programme

Vendredi 5 septembre
19h Bien Parado S Collectif La Méandre S Chorégraphe et interprète Jane Fournier S Compositeur et interprète Cédric Froin
21h30 Koudour
S Écriture et mise en scène Hatice Özer S Textes de Yunus Emre, Djalāl ad-Dīn Rûmî et Morsi Djamil Aziz S Direction musicale Antonin Tri Hoang S Interprètes Hatice Özer (jeu, chant, davul), Antonin Tri Hoang (arrangement, composition, claviers, saxophone, clarinette, zurna, jeu), Matteo Bortone (contrebasse, voix), Benjamin Colin (percussions, voix, jeu) S Création costumes Alejandra García

Samedi 6 septembre
14h Prélude de Pan de Jean Giono S Mise en scène de Clara Hédouin S Avec Hatice Özer, Pierre Giafferi et Clara Mayer
17h Orchestre du Nouveau Monde, 35 musiciens sous la direction d’Etienne Jarrier
18h30 Vivre, d’après Jean Giono
S Mise en scène Louis de Villers S Interprétation Louis de Villers (voix) et Yuko Oshima (batterie)
21h Le Journal d’un autre de et par Simon Falguières
22h30 Deadwood – concert ; 00h Contrebande – DJ set

Prix libre pour l'entrée - réservation : www.lhydre.com

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