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Delay the Sadness – grâce et émotions qui pas après pas, souffle après souffle nous submergent…

Delay the Sadness – grâce et émotions qui pas après pas, souffle après souffle nous submergent…

Comme toujours Sharon Eyal et son compagnon de route, Gai Behar, nous surprennent et nous enchantent par ce nouvel opus. Comme toujours Sharon Eyal met en mouvement des corps filiformes à la limite du possible et comme toujours sur les demi-pointes, mais dans Delay the Sadness, le rythme est plus lent, la musique plus intime. Elle chante même ainsi que son fils dans la bande son. Ce qui ne change rien à la dextérité et à la maestria de ses interprètes. Ils vont au bout du possible dans leurs postures et leurs mouvements comme des funambules en équilibre sur un fil. Sharon Eyal dit que ce spectacle a été créé après le deuil de sa mère et que l’émotion et la tristesse ont été le déclencheur mais non le moteur. Le moteur serait plutôt la vie après, la continuation de la mémoire, les émotions qui nous submergent et qui nous font avancer pas après pas, souffle après souffle. Le début du spectacle est magnifique, les huit interprètes avancent lentement avec de grands jetés de jambes. On est immédiatement happé comme toujours avec les spectacles de Sharon Eyal.
Le mouvement de ces corps longilignes est hypnotique, les interprètes avec leurs postures parfois presque disloquées nous entrainent dans une série d’émotions qui va de la tristesse au tragique en passant par la douceur et la peur. Ils et elles puisque qu’il y a quatre hommes et quatre femmes nous interpellent parfois directement en nous pointant du doigt et nous bouleversent avec leurs postures et expressions si déroutantes et sombres. La lenteur de leur mouvement leur donne une dimension irréelle et poignante. On est dans une bulle d’émotions qui nous enveloppent et nous emportent.

Delay the Sadness – grâce et émotions qui pas après pas, souffle après souffle nous submergent…

Sharon Eyal évolue et se renouvelle avec cette chorégraphie. D’abord un rythme plus lent, plus lancinant, moins techno, électro. Elle joue également avec les duos, un peu systématiquement et qui parsèment la chorégraphie d’une émotion particulière, comme une histoire singulière. Les huit danseurs forment un groupe mais aussi quatre couples, qui défilent l’un après l’autre au cours de la pièce, réalisent des portés et puisent assez largement dans le répertoire classique qui réapparait en filigramme. Elle joue également avec des grands ports de bras, des sauts et des pirouettes, mouvements amples que viennent interrompre ses mouvements emblématiques de distorsion.  Le style de Sharon Eyal est reconnaissable entre tous. Et là aussi, bien qu’elle se soit complètement renouvelée. C’est l’apanage des grands artistes de rester reconnaissables, de marquer d’un style personnel tout en se renouvelant.

Delay the Sadness – grâce et émotions qui pas après pas, souffle après souffle nous submergent…

Sharon Eyal, danseuse, chorégraphe a été danseuse dans la compagnie israélienne Batsheva de 1990 à 2008. Elle en devient directrice associée dans un premier temps, et dans un second temps chorégraphe résidente. Puis elle crée sa compagnie de danse en 2013 avec Gai Behar, commissaire d’événements artistiques et night-clubber. Depuis ils n’ont pas cessé de collaborer sur des projets chorégraphiques d’envergure. Il y aura ainsi House en 2014, la trilogie Love, The Brutal Journey of the Heart en 2021, mais aussi  des collaborations pour le monde de la mode et notamment pour Dior en 2018 et de l’art contemporain. Et puis bien sûr, Into the Hairy en 2023 pour Montpellier Danse.


Cette nouvelle création nous emporte dans une bulle d’émotions qui nous enveloppent et nous happent comme bien souvent dans ces spectacles. Magnifique !

 

Distribution / Mentions de production

Chorégraphie Sharon Eyal Co création Gai Behar Avec Darren Devaney, Juan Gil, Alice Godfrey, Johnny McMillan, Keren Lurie Pardes, Nitzan Ressler, Héloïse Jocqueviel, Gregory Lau Musique originale Josef Laimon Création lumière Alon Cohen Création des costumes Sharon Eyal, Gai Behar en collaboration avec Noa Eyal Behar 3D print designer Serge H Production des costumes Bas et Hauts Atelier, Paris Maquillage et stylisme Noa Eyal Behar Directeur des répétitions Clyde Emmanuel Archer Musique additionnelle Khyaam Haque – « Dance with Me, Maximilian », John Tavener, Academy of Ancient Music, Paul Goodwin, George Mosley, The Choir of the AAM – « Funeral Canticle »

Compagnie S-E-D
Directeurs artistiques Sharon Eyal & Gai Behar Directeur de la compagnie Roy Bedarshi Manager de Sharon Eyal et Gai Behar Maya Manor Responsable de la compagnie Maelle Tournadre Directeur technique Alon Cohen Techniciens Oren Elimelech, Hillel Sharp, Alon Tavori Régisseur coulisses Noa Eyal Behar Responsable de tournée Magdalena Bukowiec Assistante personnelle de Sharon Eyal et Gai Behar Yona Mazigh Assistante administration et production Celia Echeverria

Photo : Vitali Akimov

A la Villette du 27.11.202506.12.2025

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