20 Octobre 2025
Un guitariste, Rafael Rodríguez, une chanteuse, María Marín et Israel Galvan et nous voilà transportés dans un monde parallèle où le rythme fait loi, où les silences font mystères et où la danse se fait majesté.
Israel Galvan nous offre un incroyable moment de danse qui comme toujours avec lui oscille entre la pureté des origines du flamenco et une réinterprétation inventive et ludique où le plaisir de danser est son fil rouge. Il s’amuse des codes et de la tradition tout en allant chercher la « substantifique moelle » des origines sur lesquelles il s’appuie et se ressource pour mieux nous embarquer dans son jeu. La maîtrise implacable et la connaissance intuitive des mouvements lui permet d’en faire une version moderne. Il nous offre une interprétation ni tout à fait masculine ni tout à fait féminine, ce qui agrandit son champs des possible comme il l’a toujours fait. Il utilise ainsi les mouvements et les postures de chacun des deux sexes qui dans le flamenco sont parfaitement codifié pour en créer d’autres qui lui permette d’exprimer toute sa créativité.
Avec cette œuvre, créée en 2005, qui est devenue son œuvre iconique, Israel Galvan est au sommet de son art. Il n’a plus rien à prouver à personne si ce n’est à lui-même peut être, pour toujours se dépasser, pour toujours créer et surtout pour toujours transmettre le plaisir de la danse et du rythme. D’ailleurs, les trois interprètes sont magnifiques et leur plaisir de jouer ensemble et d’être là transparait dans tout le spectacle et leur donne une sorte d’aura inoubliable. On est dans le flamenco du 21 eme siècle, respectueux, à l’écoute de l’autre, féminin et masculin et surtout magnifiquement interprété.
Israel Galván se fait aussi percussion en sonorisant le plateau sur lequel il frappe avec ses pieds avec un plaisir évident et il joue avec ce rythme brut qui vient de loin et qui nous fait voyager. Il s’accompagne aussi avec des claquements de doigts, des frottements de pieds bref il exploite d’un pied de maître, si je puis me permettre, tout ce qui est tapé, choc, heurt, frappement et les transcende pour nous offrir un flamenco intime et à la fois universel. Il sait aller chercher le côté brut, primitif de cette danse pour en ressortir toute la modernité. Il sait faire évoluer la gestuelle traditionnelle de la frappe du pied en inventant d’autres rôles, d’autres scénarii.
Israel Galvan a longtemps été incompris dans son pays natal car trop dérangeant, car trop original, le flamenco étant excessivement codifié mais le public français, surement moins à cheval sur ces traditions lui a fait de suite un accueil chaleureux. Natif de Séville, ville où la tradition flamenca est toute-puissante, Israel Galván est le fils du directeur d’une école de danse flamenca, et d’une danseuse gitane andalouse. Ainsi, dès l’âge de cinq ans, il accompagne ses parents dans les tablaos (locaux où se tiennent des spectacles de flamenco), les fiestas et les académies de danse. Et il danse tout enfant qu’il est. On lui jetait des billets selon la tradition. Il raconte qu’il gagnait presque plus que les musiciens qui jouaient avec lui. « j'ai toujours dansé avec une liberté qui m'était propre, et J'ai fait des tas de concours de flamenco parce que mon père avait dû m'y inscrire. »
Parmi ses œuvres notables, on peut citer, ¡ Mira ! / Los Zapatos Rojos ! (1998), La Metamorfosis (2000), Arena (2004), La Edad de Oro (2005), El Final de este estado de cosas (2009), La Curva (2010), Lo Real/Le Réel/The Real (2012). Il a reçu de nombreuses distinctions pour son travail, notamment le Prix Max dans la catégorie « Danseur solo » pour Fla.co.men en 2015 et il a été promu Officier dans l'Ordre des Arts et des Lettres en 2016.
Israel Galván est artiste associé au Théâtre de la Ville à Paris.
Israel Galvan a une belle actualité à Paris en ce moment, à suivre assurément.
Distribution
Chorégraphie et danse Israel Galván
Cante María Marín
Guitare Rafael Rodríguez
Son Pedro León
Lumières Benito Jiménez
Management Rosario Gallardo