8 Mars 2026
Reprenant l’insolite Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qu’il rapproche d’un projet inachevé de Federico García Lorca à propos de cette pièce, Marcial Di Fonzo Bo explore, dans une dimension multilingue, l’illusion théâtrale et son ancrage dans la réalité.
Un homme en costume moderne s’est emparé du micro installé sur la scène. D’entrée de jeu, son discours, en espagnol, manie le paradoxe. « Je ne vais pas ouvrir le rideau pour égayer le public avec des mots futiles et vous faire croire que c’est ça, la vie. Non. Je dois vous avertir que rien n’est inventé : les anges, les ombres, les voix, les lyres de neige et les rêves existent. » Et il ajoute : « Voir la réalité est difficile. Et la montrer encore plus. […] Comment apporter l’odeur de la mer dans une salle de théâtre ? »
Nous voici prévenus. C’est sur la frange entre réel et imaginaire, alors que les distinguer est impossible, que nous nous situons. Dans l’espace et le temps du théâtre.
Et de théâtre il ne va pas cesser d’être question dans cette accumulation d’intrigues qui se chevauchent et s’emmêlent à loisir dans un labyrinthe où le spectateur doit accepter de se perdre pour retrouver le fil.
Un point de départ mythologico-magique
Le point d’ancrage, c’est le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare. Il y est question du mariage de Thésée, héros mythologique, avec la reine des Amazones, Hippolyta. Non seulement le sujet s’écarte du « réel » en s’inspirant de la mythologie, mais Shakespeare prend des libertés avec la légende en inféodant Égée à Thésée alors qu’Égée en est, en fait, le géniteur.
L’auteur embrouille encore davantage les pistes en superposant une deuxième intrigue tout aussi imaginaire : Titania, la reine des fées, et son époux Obéron, roi des elfes, se disputent un petit page. Ils se sont brouillés et – les puissants sont pusillanimes – Obéron décide de se venger en ridiculisant sa femme.
On navigue en pleine fantasmagorie, au milieu de situations qu’on pourrait imaginer toutes en paillettes et en merveilleux dans ce milieu de hautes sphères. Mais le rideau s’est levé sur un lieu qui ne ressemble en rien aux ors attendus et au clinquant du palais de Thésée. La nuit règne. Dans une bâtisse grise et sombre aux murs lépreux, l’atmosphère est au noir, tout juste troué par la chiche lumière de rampes LED qui rappellent des néons. Un paysage abîmé, misérable, qui ressemble davantage à un lieu industriel désaffecté ou en mauvais état qu’à une demeure palatiale. L’apocalypse est déjà là.
Les personnages, de noir vêtus, semblent sortis de quelque mauvais rêve. Pourtant c’est un double mariage qui doit avoir lieu. Thésée épouse une reine trans, Hippolyta, et Égée, le même jour, a décidé de marier Hermia, sa fille, avec Démétrius, qui en est amoureux. Mais celle-ci aime Lysandre. Elle n’est donc pas du tout d’accord et le fait savoir, haut et fort.
Qu’importe ! La loi athénienne permet au père d’avoir barre sur sa fille – c’est lui qui a le pouvoir… Résultat : elle décide de s’enfuir avec Lysandre dans la forêt… où son histoire se mêlera à la brouille de Titania et d’Obéron. Entre mythologie et merveilleux, les querelles de pouvoir se sont déjà glissées…
Un empilement jouissif de boîtes théâtrales façon poupées gigognes
Le théâtre est au centre de l’étrange fantaisie mythologique de Shakespeare. Car non content d’introduire ce qui se définit comme une fiction créée pour le divertissement du public – le contexte mythologique de la pièce, que l’auteur anglais mêle au thème trivial d’un mariage imposé – et d’y faire entrer l’invraisemblance du monde des elfes et des fées, il complique la donne en installant un troisième niveau de théâtralité.
Il ajoute une pièce de théâtre, qui rejoint par son thème le point de départ de l'intrigue. Le petit monde des artisans athéniens, à l'occasion des noces, prépare une représentation dont l'amour est le thème. Mais leur proposition vient à contrepied. La pièce est un drame – elle met en scène l’amour empêché de Pyrame et Thisbé qui les conduit à un double suicide – et ne constitue sans doute pas la meilleure manière de célébrer la joie d'un mariage. Les conditions burlesques de sa mise en œuvre, qui révèlent et décortiquent l'illusion théâtrale, ajoutent une touche supplémentaire de théâtre dans le théâtre à la dimension de la fiction mythologico-magique.
À chacun de ces niveaux, si on parle d’amours contrariées et de pouvoirs abusifs dans un monde qui a perdu la boussole du bonheur, c’est aussi d’artifices dont il est question et la mise en scène joue à loisir avec les ressources que le plateau peut offrir.
C’est ainsi que les personnages apparaissent et disparaissent, par exemple, par une trappe située sur la scène ou qu’ils sont tractés, parfois à grande vitesse, du fond de scène, qui révèle les coulisses, vers l’avant dans une « boîte » sans fond, un volume clos sur quatre côtés, permettant de jouer à « trois petits tours et puis s’en vont ».
Troubles d’identité et identités troubles
À cette omniprésence de la mise à nu de l’illusion théâtrale, Marcial Di Fonzo Bo ajoute un degré supplémentaire aux « troubles » créés par la pièce : des incertitudes sur les identités qui font apparaître, au cours du spectacle, les membres de la troupe en tant qu'eux-mêmes en même temps que chargés de leurs rôles, à la fois nobles et rois, esprits des bois, peuple d’Athènes et spectateurs. En choisissant de dédoubler le personnage de Puck, serviteur d’Obéron et génie malicieux et gaffeur, pour le partager entre Geoffrey Carey et Magí Coma Larrosa, jouant sur l’écart d’âge et de langue entre les deux acteurs, le metteur en scène enfonce le clou.
Ces glissements viennent s’ajouter à ceux qui affectent les personnages eux-mêmes. Parce qu’il est question de philtres, créés par Obéron et distribués en dépit du bon sens par Puck, qui font prendre aux personnages des vessies pour des lanternes. Titania tombera éperdument amoureuse d’un artisan transformé en âne et Lysandre d’Héléna alors que le projet visait à rapprocher Démétrius de la jeune fille. La tentative de Puck de réparer ses bévues, au lieu de remettre les choses en place, alimentera la désespérance des deux jeunes femmes. L'amour, ici bien loin du romantisme, n'est décidément pas un absolu indépendant de tout contexte.
Dans la nuit mystérieuse des bois
La forêt constitue l’autre terrain de jeu où s’exerce la dissolution du réel et où l’onirisme rejoint la fiction. Elle est le lieu où se réfugient les deux amoureux, le sombre couvert où Démétrius rumine sa vengeance, l’obscurité qui accompagne le désespoir d’Héléna. Profondeur de l’inconscient, peut-être. Espace mental autant que physique, emblème d’une nature habitée, peuplée d’esprits, elle est spiritualité en même temps que fantasmagorie.
La mise en scène en explore les pistes. Elle installe sur toute la largeur de la scène un voile parfois opaque et parfois translucide que viennent habiter des projections vidéo. La forêt qu’elles révèlent est vivante et se transformera au fil du temps en plaine aride ou en champ d’arbres morts, épousant l’évolution de ce drame des amours malheureuses placé sous le signe de la comédie.
Elle introduit aussi un flottement entre ce qui tient à une réalité physique et ce qui est du ressort du virtuel. Non seulement les comédiens-personnages jouent à cache-cache en utilisant ce décor qui les dévoile ou les engloutit, mais ils sont tantôt personnages fictifs inclus dans la projection et tantôt acteurs errant dans son décor, en jouant sur des niveaux de transparence ou d'opacité qui contribuent à créer une atmosphère d’irréalité où personnages « magiques » et « héros » de la fable errent et se déplacent dans un univers d’artifice qui dit la réalité. Au jeu de ces voiles, c’est la réalité de l’illusion qui gagne.
Autour de Lorca, la dimension politique
Le prologue installait la pièce de Shakespeare dans le contexte de la réalité espagnole et l'extrayait de l'époque élisabéthaine. La fin reprend cette démarche. La pièce du dramaturge anglais est à nouveau interrompue par une série de scènes révolutionnaires qui viennent en perturber le déroulement et en modifier le cours. L’Histoire s’empare de la fiction, même si l’intrigue de la pièce de Shakespeare reste présente. Elle vient fabriquer un nouvel emboîtement, qui met en abîme les précédents niveaux.
Car le poète Federico García Lorca, peu avant son assassinat durant la guerre d’Espagne en août 1936, a formé le projet de s’emparer du Songe dans une version où le surréalisme voisine avec l’esprit révolutionnaire.
Revenu de New York en 1930, Lorca est nommé directeur d’une société de théâtre subventionnée, la Barraca, chargée de diffuser le grand répertoire classique espagnol au plus grand nombre. Lorsqu’éclate la guerre civile, il salue la victoire du Front populaire et gagne Grenade. Dans ses valises, il emporte le projet d’une pièce issue de la pièce de Shakespeare dont il n’écrira que le premier acte.
Sur le point d’être arrêté, il confie ses écrits à un ami. Ceux-ci ne ressurgiront que des décennies plus tard. Sans titre (le Songe de la vie) déplace la comédie shakespearienne vers une réflexion plus large sur le rôle politique du théâtre. La révolution y fait irruption sur la scène, interrompant une représentation du Songe d’une nuit d’été. « Les artisans y prennent une dimension nouvelle, dit Marcial Di Fonzo Bo, incarnant les citoyens eux-mêmes, et déplacent la comédie vers une réflexion plus large sur la fonction politique du théâtre. Travaillé comme un matériau ouvert, Songe devient un espace d’expérimentation où le théâtre, la société et l’imaginaire se confrontent directement. »
Le multiculturalisme au cœur : l’Académie Européenne – Angers
Songe est la première production issue du projet sur lequel repose la venue de Marcial Di Fonzo Bo à la tête du Centre Dramatique National d’Angers : l’Académie Européenne – Angers (AEA). L’AEA a pour ambition, dans un esprit de laboratoire de recherche, de confronter et d’associer des pratiques artistiques différentes des arts de la scène – jeu, écriture, mise en scène, performance, danse – pour construire un véritable lieu de transmission des métiers du spectacle vivant dans une perspective multiculturelle.
Chaque année, le temps d’une demi-saison, une douzaine de jeunes artistes, de disciplines différentes, venus de plusieurs pays d’Europe, France incluse, viendront y confronter leurs expériences et collaborer à une création commune. Dans le même temps, ils seront immergés dans la vie culturelle locale au travers de résidences de recherche ouvertes aussi aux artistes de la région.
Enfin, pendant de la présence, dans les mêmes murs, du Centre National de Danse Contemporaine (CNDC) dont les étudiants viennent du monde entier, l’AEA a pour objectif d’intégrer cette activité aux missions de Pôle international de production et de diffusion en préfiguration – Angers – Nantes, auquel le QUAI CDN d’Angers participe.
Le Songe : une mise en acte de l’Académie Européenne d’Angers
Les jeunes artistes intégrés dans ce premier projet viennent de Lettonie-Russie et France comme Olga Abolina, de Colombie comme Manuela Beltan Marulánda (formée au TNS), de Catalogne comme Amada Bokesa, Magí Coma Larrosa, Andro Crespo, Miguel Peña Novo, d’Italie comme Emma Bolcato, du Brésil comme Lucas Resende, du Rwanda et de Bruxelles comme Charles Tuzyiere, de Suisse comme Dylan Poletti, de France comme Julien Lewkowicz, Nathan Moreira ou Iris Laurent, et des États-Unis comme Geoffrey Carey, qui enseigne aujourd’hui au Centre National d’Art Dramatique.
Ils sont parfois auteurs, s’intéressent au travail d’acteur, à la danse, au théâtre musical, à la mise en scène, et réunis autour de ce projet qui pose la question de l’art, de sa nature et de ses objectifs par rapport à une réalité politique. Ils vont, au cours du spectacle, l’enrichir de leur culture en parlant leur langue – une traduction en surtitre en facilitera l’accès. La langue de Shakespeare – l’anglais, dont la beauté et les fulgurances poétiques seront mises en valeur avec leur musicalité – sera présente, le français y trouvera sa place tout comme l’espagnol et le catalan, l’italien, le portugais et le russe. La multiplicité des langues et des approches offre, partant de leurs diversités, une immersion dans un univers imagé, baroque et plein de vie qui souligne la portée d’un théâtre dont le message déborde et dépasse les frontières.
Dans cette boîte à illusions aux frontières volontairement floutées que Marcial Di Fonzo Bo propose avec Songe en brouillant en permanence les pistes par le mélange des niveaux et la superposition des strates de récits dans un monde dont le maître-mot est l’imaginaire, le metteur en scène complexifie une œuvre déjà complexe pour nous conduire vers un pays où le mépris de la « rationalité » et une ouverture tous azimuts, usant du non-sens, produisent du sens.
Marcial Di Fonzo Bo fait référence, parmi ses sources d’inspiration, aux dernières gravures de Francisco de Goya, publiées de manière posthume plus de trente ans après la mort du peintre : los Disparates (absurdités, non-sens, folies), aussi appelées Proverbes ou Rêves. On y retrouve les thèmes noirs, entre fantastique, folie, horreur et critique sociale et religieuse, qui ont traversé ses séries précédentes comme les Caprices ou les Désastres de la guerre. Des gravures hantées, peuplées de monstres, engendrées par « le songe de la raison ».
Dans ce flot tumultueux où rêve et réalité forment un magma indissociable et où la théâtralité trouve toute son expression, il suffit, en larguant derrière soi toute volonté de repères, de se laisser porter pour pénétrer dans un monde de sensations plein de richesse et de sens. C’est à ce bonheur que conduit le Songe de Marcial Di Fonzo Bo.
Songe de William Shakespeare, nouvelle traduction en français d’Olivier Cadiot (éd. P.O.L.) & Sans titre(le Songe de la vie) de Federico García Lorca
S Mise en scène Marcial Di Fonzo Bo S Collaboration artistique et dramaturgie Marianne Ségol S Avec l’Académie Européenne - Angers Olga Abolina (Hermia, Une fée, Actrice), Amada Bokesa (Titania, une Spectatrice), Emma Bolcato / Manuela Beltrán Marulanda (Héléna, Toile d’araignée, 2e Actrice), Magí Coma Larrosa (Straveling, Puck), Andro Crespo (Thésée, Obéron, le Régisseur), Julien Lewkowicz (Mysandre, un Spectateur), Nathan Moreira (Démétrius, Snug, le Souffleur), Miguel Peña Novo (Quince, Auteur), Dylan Poletti (Égée, Bottom, Pyrame), Lucas Resende (Snout, Hippolyta, Moucheron, une Fée), Charles Tuyizere (Flûte, Fleur des Pois, Thisbé, une Voix au paradis), ainsi que Geoffrey Carey (Puck, Philostrate) et Arthur Vonfelt (musicien) S Décor Alban Ho Van S Films Nicolas Mesdom S Composition musicale Arthur Vonfelt S Costumes Fanny Brouste S Maquillages et coiffures Cécile Kretschmar S Chorégraphie Lucas Resende S Assistanat à la mise en scène Iris Laurent S Responsable de production Marina Arselin assistée d’Elyo Guiliani S Régie générale Arthur Beuvier S Régie plateau Sacha Estandié assisté de Clara Jouaux S Cintres Ronan Beaugendre, Domitille Gaillard S Régie lumière Nicolas Pillu, Augustin Meignan S Régie son Lucas Soudi, Tristan Moreau S Régie vidéo Charlotte Nivert S Couture Anne Poupelin, Lucile Charvet, Gwenaëlle Jamet assistées de Valentine Chéhère S Assistant masques Bryan Gutiérrez S Régie habillage Anne Poupelin, Lisa Oger S Cuisine Camilo Hock, Vincent Gil, Xoana Paci S Directeur Technique Jérôme Marpeau S Et toute l'équipe du QUAI CDN S Co-construction du décor Ateliers de décors de la Ville d’Angers (Tony Baunez, Victor Frémondière assistés d'Emma Guillemot) et de Mixt, terrain d’arts en Loire-Atlantique S Suivi et construction Florent Benci S Peintures Catherine Rankl assistée d’Aleth Galen S FILM Réalisation Nicolas Mesdom Assistants caméra Anna Sauvage, Luc Lavault 2nd assistant caméra Tom Bouvier Ingénieur du son Olivier Pelletier assisté de Clémence Graveleau Montage son et mixage Virgile Van Ginneken S Production Le Quai CDN Angers S Coproduction Mixt - terrain d’arts en Loire-Atlantique S Soutiens Dispositif d’insertion de l’École du TNB, Dispositif d’insertion de l’École du Nord financé par le Ministère de la Culture et la Région Hauts-de-France, Prix Tremplin Leenaards / La Manufacture – Lausanne, Fondation d’entreprise Hermès, ministère de la Culture S L’Académie Européenne - Angers est soutenue par Solstice - Pôle international de production et de diffusion - Angers - Nantes, Institut Ramon Llull - Barcelone, Institut culturel italien de Paris, Teatre Nacional de Catalunya – Barcelone S Le tournage des films a bénéficié de l'aimable participation de Studio M et de la Réserve Naturelle Nationale de la plaine des Maures. Décors naturels des forêts domaniales des Maures (Var) et de Chandelais (Maine-et-Loire) gérées par l’Office National des Forêts S Remerciements Elisabeth Riera et Célia Colin de la SNPN, Jean-Jacques Martini, Hervé Maitre, Alexandre Grün, Michel Brussol, Manuel Huet, Laetitia Bourquard La construction du décor s’inscrit dans une démarche écoresponsable : près de 50% des éléments proviennent de réemplois issus d’anciennes productions du Quai S Création en salle du 5 au 10 mars 2026 Le Quai CDN Angers. Une version pour l’extérieur est prévue S Durée 2h10 S Spectacle en plusieurs langues (anglais, espagnol, catalan, italien, portugais, russe) surtitré en français
Du 5 au 10 mars 2026, 05-06/03 à 20h, 07/03 à 18h, 09-10/03 à 19h
Le Quai CDN Angers www.lequai-angers.eu
TOURNÉE
9 et 10 avril 2026 Théâtre du Nord - CDN Lille Tourcoing Hauts-de-France
30 septembre & 1er oct. 2026 Teatre Nacional de Catalunya à Barcelone
7 & 8 octobre 2026 Théâtre Saint-Louis à Pau
13 & 14 octobre 2026 TAP - Scène nationale du Grand Poitiers, en co-accueil avec le Méta - CDN Poitiers Nouvelle-Aquitaine
4 & 5 novembre 2026 Les Quinconces et l’Espal - Scène nationale du Mans
Du 12 au 16 novembre 2026 Mixt, terrain d’arts en Loire-Atlantique à Nantes
19 & 20 novembre 2026 Maison des arts de Créteil
Adaptation en plein air
Du 11 au 19 avril 2026 Villa Manin d’Udine, Italie (en cours)