11 Décembre 2025
Les élèves de 3e année de l’École supérieure des arts du cirque de l’Académie Fratellini présentent, dans le Grand Chapiteau, le spectacle de sortie d’études qui précède leur entrée dans la vie professionnelle. Le thème choisi – les quatre saisons – plonge dans les inquiétudes des jeunes générations à propos de l’environnement.
L’Académie Fratellini accueille chaque année, pour un cycle de trois années d’études, un nombre limité de jeunes artistes en herbe – une dizaine en moyenne par an – qu’elle forme en vue de l’obtention d’un Diplôme national supérieur professionnel d’artiste de cirque, de niveau licence. Au terme de leurs trois années d’études, les jeunes artistes se voient offrir l’opportunité d’être, tous ensemble, les interprètes d’un spectacle écrit à leur intention.
Jouer devant le public est, pour ces jeunes artistes, le moyen de se confronter à leur vie et à leur carrière futures en travaillant en grandeur réelle. Cette présentation, faite en direction de deux publics – un public de parents avec leurs enfants et des séances scolaires – offre à ces jeunes étudiants, sur le point de rejoindre la vie professionnelle, une opportunité de se frotter à ce qui constituera leur vie de demain.
Un metteur en scène par année
Chaque année, l’Académie Fratellini, qui les a formés, confie à un artiste différent le soin de mettre en scène le groupe des 3e années en prenant en compte les disciplines circassiennes qui sont leur spécialité. Cette année le spectacle est confié au chorégraphe Hervé Sika. L’an prochain, c’est à Philippe Decouflé que reviendra la charge de composer le spectacle.
Hervé Sika a fait du hip-hop la matière première de son travail. Il n’en explore pas exclusivement la dimension de performance mais pense la danse comme une écriture chorégraphique au service d’un propos.
Puisant dans le hip-hop mais aussi dans les ressources qu’offrent d’autres disciplines du spectacle vivant – danse contemporaine, butô, théâtre, cirque, arts plastiques et visuels –, il a mené des collaborations avec d’autres chorégraphes, des metteurs en scène comme Guy Alloucherie ou Ahmed Madani, des circassiens, des musiciens classiques, tels le pianiste Nima Sarkechik ou l’Orchestre de chambre de Paris, mais aussi avec l’historien Gérard Noiriel ou avec les équipes du Palais de Tokyo et du Centre Pompidou.
Les Quatre saisons revisitées
Herve Sika imagine une exploration poétique en projetant le spectacle dans le monde dystopique des années 2050, faisant écho à l'un des thèmes-phares des jeunes générations : le réchauffement climatique, qui campe à nos portes et a largement commencé de les franchir. Les disciplines circassiennes sur lesquelles ont travaillé les étudiants sont mobilisées pour traduire les enjeux de survie et d’adaptation qui se posent alors.
Une réinterprétation des Quatre saisons de Vivaldi par le DJ hip-hop Junkaz Lou et l’artiste de musique électronique Mawu Nyo sert de trame musicale et de thème à la narration circassienne qui met en avant la force du collectif et la magie de la vie dont l’éternel recommencement des saisons est une manifestation.
Quatre tableaux, symbolisés chacun par la prédominance d’une couleur, marquent ce passage des saisons. À l’été la couleur rouge, signe du feu qui brûle et consume, de la chaleur étouffante et des sécheresses qui renvoient au réchauffement climatique. Bleu est l’automne, tandis que les tempêtes violentes et les vents déchaînés caractérisent un monde en perdition. L’hiver, en blanc, incarne le moment où tout se fige et où seule une poignée de personnages d’exception est en mesure de survivre. Le printemps, en vert, se rapporte au renouveau de la nature, à la poussée de la sève, à l’explosion incontrôlée de la végétation et à la débauche d’énergie qui s’exprime. En retrouvant le cycle des saisons, les jeunes artistes retracent celui de la vie.
En 8 circassiens et 7 disciplines
L’acrobatie occupe une place de choix dans les parcours de ces jeunes circassiens puisque trois d’entre eux – Gabriel Derot, Alvin Nilsen-Nygaard et Axel Marino – ont choisi d’y consacrer leur carrière. Sauts avant et arrière avec ou sans les mains, roulés acrobatiques, rebondissements, figures à la frontière entre équilibres et déséquilibres, à la lisière de chutes retenues, contrôlées, avec la difficulté de l’immobilité en position inconfortable sont au menu.
À Lucien Cohen revient l’équilibrisme et les pyramides humaines créées avec le concours de ses condisciples circassiens. À Agathe Vauléon les figures sur le fil, les grands écarts en équilibre au-dessus du sol et la position inconfortable, agenouillée sur une seule jambe. À Anouk Blessman le monocycle dont elle utilise ou pas le pédalier, ses allers-retours et ses rotations. À Lola Cahen et Jean-Baptiste Pérusin le cadre coréen, qui accroche le porteur à un cadre en hauteur, une plateforme d’où il saisit, balance, lâche et rattrape la voltigeuse.
Une dynamique qui intègre la chorégraphie
L’un des éléments déterminants du spectacle est la force du collectif. Car si, chacun à son tour, développe ce qui fait sa spécialité, sa prestation ne se réduit pas à son seul numéro. Changeant à chaque saison de tenues, en accord avec le thème, tous participent à l’unité du spectacle, servent, à l’occasion, de partenaires aux autres, forment la pyramide à trois étages au sommet de laquelle l’une réalise ses équilibres, ou aident à monter le matériel nécessaire à l’acrobatie sur le fil ou au cadre coréen.
Travail sur la lenteur et le ralentissement quand ils illustrent l’hiver, combats mimés entre les saisons symbolisés par les danseurs-acrobates en costumes de couleur, interventions à la limite du clownesque, équilibres à skis, participation collective aux chorégraphies qui émaillent les passages de saisons concourent à la diversité du spectacle.
Si l’on sent une certaine tension chez les jeunes artistes, liée au trac d’une première représentation complète face à un public, on remarque tout autant la qualité de leur travail. Tous ont d’ailleurs déjà des engagements qui vont les plonger dans la vie professionnelle. On leur souhaite que les vents leur soient favorables et qu’ils traversent les saisons avec une belle quiétude…
4 Saisons 2050
S Mise en scène Hervé Sika S Assistante à la mise en scène Claire Le Floch S Assistant à la chorégraphie Mawu Nyo S Interprétation : 8 des élèves-apprenti·es de 3e année de l’École supérieure des arts du cirque, Anouk Blessman, Lola Cahen, Lucie Cohen, Gabriel Derot, Axel Marino, Alvin Nilsen-Nygaard, Jean-Baptiste Pérusin et Agathe Vauléon S Musique Junkaz Lou et Mawu Nyo S Production L’Académie Fratellini
Du 6 au 20 décembre 2025
Tout public : 6/12 18h30, 7/12 à 16h, 10/12 à 14h, 13/12 à 18h30, 19/12 à 20h, 20/12 à 18h30
Scolaires : 5/12 à 14h, 11/12 à 10h & 14h, 12/12 à 14h, 18/12 à 10h & 14h
Académie Fratellini - 1 rue des Cheminots, 93210 La Plaine Saint-Denis
www.academie-fratellini.com