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Arts-chipels.fr

Le musée Cernuschi à Paris fait peau neuve

Le musée Cernuschi à Paris fait peau neuve

Le musée Cernuschi rouvre ses portes avec un nouveau parcours, plus défini, de ses collections.

Installé dans un charmant hôtel particulier de la fin du xixe siècle, le musée regroupe les collections du fondateur du musée, Henri Cernuschi. Ce banquier, économiste, journaliste et collectionneur d’art, échappa de peu à une exécution programmée par le général de Lacretelle, commandant les Versaillais au lendemain de la Commune de Paris. Il part alors faire un tour du monde, parcourt l’Égypte, la Chine et le Japon. Là, profitant d’une disette qui fait vendre les œuvres d’art à prix intéressant, il achète 5 000 pièces qui résument les évolutions artistiques des civilisations chinoise et japonaise. Il fait construire pour abriter sa collection l’hôtel particulier dans lequel elle est restée hébergée. Sa collection compte encore aujourd’hui pour l’une des plus significatives de l’art de ces deux pays. En raison de d’intérêt particulier d’Henri Cernuschi pour les bronzes, ceux-ci y occupent une place toute particulière.

Vase you dit « la Tigresse ». Bronze, XIe siècle av. J.-C. H.35,2 cm × L.23,6 cm × P.23,3 cm. M.C. 6155, achat, 1920 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Vase you dit « la Tigresse ». Bronze, XIe siècle av. J.-C. H.35,2 cm × L.23,6 cm × P.23,3 cm. M.C. 6155, achat, 1920 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Un parcours chronologique des arts de la Chine

Il constitue l’essentiel du parcours muséographique, croisant l’histoire des groupes ethniques et histoire de l’art tout au long de la présentation. Il commence par la préhistoire (1700000-2000 av. J.-C.) et par l’apparition de l’agriculture au Néolithique. Il aborde tour à tour les différentes périodes de l’histoire chinoise et les pouvoirs qui se succèdent, et l’influence que les origines de chacun exercent sur les thèmes et les formes artistiques. : période Shang (150-1050 av. J.-C.), période Zhou (1050-256 av. J.-C.), formation de l’Empire (453-206 av. J.-C. sous la houlette du royaume de Qin, dynastie Han (206 av. J.-C.-220), Période intermédiaire (220-618), dynasties Tang (618-907), Song et Yuan (960-1368), Ming (1368-1644), Qing (1644-1912), période contemporaine. On y découvre aussi bien les très belles poteries néolithiques de la Culture de Longshan qu’un magnifique vase you de bronze du xie siècle av. J.-C. dit « la Tigresse » où le fauve tient dans sa gueule un humain qu’on imagine protégé par le démon, les statuettes de terre cuite polychrome des Han ou des Tang, ou encore ce Roi céleste à glaçures jaunes vertes et brunes. Le grès céladon, inventé durant la Période intermédiaire, voisine avec un très délicat plat blanc bleuté à décor taoïste de la Dynastie des Song du Sud (xiiie siècle), les jades d’usage quotidien ou destinés au rituel font l’objet d’une vitrine.

Suivante. Terre cuite polychrome, dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. – 9), IIe siècle av. J.-C. Région de Xi’an (Shaanxi). H.45 cm × L.18,6 cm × P.9,5 cm. M.C. 9814, achat, 1988 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Suivante. Terre cuite polychrome, dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. – 9), IIe siècle av. J.-C. Région de Xi’an (Shaanxi). H.45 cm × L.18,6 cm × P.9,5 cm. M.C. 9814, achat, 1988 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Des échappées vers d’autres civilisations

Cernuschi se passionnait pour les bronzes. C’est donc par eux que s’ouvre le parcours au haut des escaliers où s’ouvre l’exposition. Vases pour l’ikebana, comme ce vase en forme de bulle sortant d’un coquillage, brûle parfums animaliers en forme de chat, de poisson, de dragon réservent au Japon une place de choix. Des vitrines « grand angle » ouvrent le parcours sur les arts de l’Asie orientale : le Japon, bien sûr, mais aussi la Corée et le Vietnam. Quelques thématiques sont également développées : le bouddhisme, bien sûr, qui part d’Inde au vie- ve siècle av. J.-C., atteint la Chine au début de notre ère, la Corée au ive et le Japon au vie, ou les « bleus et blancs » en porcelaine produits à Jingdezhen qui fascinèrent les Florentins du xve siècle et inspirèrent les céramistes de l’Asie du Sud-Est. Quelques vitrines sont également consacrées à la période contemporaine avec le mouvement Mingei (« art populaire ») initié au Japon par Hamadi Shoji, les céramiques de Zao Wou-ki, le buste en porcelaine blanche de Ru Xiofan où le visage de la Jeunesse a été remplacé par une explosion florale.

Des outils de médiation ont été mis à dispositions du public : des tables tactiles réparties au long du parcours. Modélisations 3D, agrandissements de détails, présentations d’œuvres fragiles ou surdimensionnées accompagnent informations et explications.

Gandharva (feitian) jouant du pipa. Grès, dynastie des Wei du Nord (386-534), fin du Ve siècle. H.43,5 cm × L.30 cm × P 3 cm. M.C. 10013. Don de la Société des amis du musée Cernuschi avec des contributions de M. François Pinault, de M. et Mme Yves Mahé, de M. Jacques Barrère, de la Fondation Antoni Laurent, d’un groupe de quarante-sept amateurs et d’un crédit de la Ville de Paris, 1998 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Gandharva (feitian) jouant du pipa. Grès, dynastie des Wei du Nord (386-534), fin du Ve siècle. H.43,5 cm × L.30 cm × P 3 cm. M.C. 10013. Don de la Société des amis du musée Cernuschi avec des contributions de M. François Pinault, de M. et Mme Yves Mahé, de M. Jacques Barrère, de la Fondation Antoni Laurent, d’un groupe de quarante-sept amateurs et d’un crédit de la Ville de Paris, 1998 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Expositions temporaires : la « Salle des peintures »

Au rythme de quatre rotations par an, elle permettre de présenter une cinquantaine d’œuvres graphiques dans des conditions climatiques optimales : pièces fragiles comme des rouleaux de papier et/ou de soie, éventails, paravents. Elle offrira l’opportunité de découvrir la riche collection d’arts graphiques du musée, avec sa part d’œuvres du xxe siècle et des artistes tels que Mai Thu, Zhang Daqian, Ryonosuk Shimomura, etc. La première présentation est dédiée à la Corée contemporaine.

Ru Xiaofan, Jeunesse. Porcelaine blanche, 2012, Paris, Musée Cernuschi. H.50 cm x L.30 cm. M.C. 2012-25 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Ru Xiaofan, Jeunesse. Porcelaine blanche, 2012, Paris, Musée Cernuschi. H.50 cm x L.30 cm. M.C. 2012-25 © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera

Des estampes japonaises à l’automne 2020

Du 16 octobre 2020 au 17 janvier 2021, une exposition « De Hiroshige à Kuniyosho. Les soixante-neuf relais du Kisokaidô » sera présentée. 69 étapes sur la route qui reliait Edo, où le shogun avait sa résidence et Kyoto, où se tenait l’Empereur qui ont fait l’objet de deux séries d’estampes. Par Eisen (1790-1848) et Hiroshige (1797-1858) d’abord, avec des estampes en provenance de la collection Lesbowicz, considérée comme l’une des plus belles au monde pour la qualité du tirage et la fraîcheur des couleurs. Par Kunisada (1786-1865) et Kuniyoshi (1979-1861) où les deux artistes s’inspirent des pièces du théâtre kabuki et des légendes du folklore japonais. Le musée Cernuschi exposera la série de Kunyoshi appartenant à ses fonds, qui sera présentée au public pour la première fois. Une sélection dans la suite de Kunisada conservée au Museum of Fine Arts de Boston complètera l’ensemble.

© Pierre Antoine

© Pierre Antoine

Musée Cernuschi – 7, avenue Vélasquez – 75008 Paris

Un musée de la Ville de Paris

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 21h

Accès gratuit dans les collections permanentes

Tél. 01 53 96 21 50. Site : www.cernuschi.paris.fr  

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