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Arts-chipels.fr

Caravage – Le Bernin. Le baroque à Rome présenté par le Rijksmuseum d’Amsterdam

Le Caravage, Garçon mordu par un lézard (Londres, National Gallery) © DR

Le Caravage, Garçon mordu par un lézard (Londres, National Gallery) © DR

Plus de soixante-dix chefs d’œuvre de Caravage, du Bernin et de leurs contemporains témoignent de la vitalité et du caractère innovant du baroque romain ainsi que de son impact en Europe. Un beau parcours qui croise peinture et sculpture mais aussi Italie, France et Pays-Bas.

Le baroque fit son lit dans la nécessité, pour l’Église catholique, de redorer son blason écorné par l’irruption, dans le paysage religieux, des « hérésies » luthériennes et calvinistes. Grandiloquence, mouvement, dynamisme furent les maîtres-mots de la prolifération baroque qui inonde les plafonds des églises et se répand en sculptures aux poses prononcées, rompant avec l’équilibre classique et la sculpture antiquisante. L’exposition que propose le Rijksmuseum, en partenariat avec le Kunstmuseum de Vienne où l’exposition a été présentée fin 2019 et tout début 2020 permet de percevoir la révolution artistique qu’a occasionnée le baroque et son impact au-delà des frontières romaines.

Le Caravage, Narcisse (Rome, Palazzo Barberini) © DR

Le Caravage, Narcisse (Rome, Palazzo Barberini) © DR

L’incandescence du Caravage

Vers 1600, les œuvres de Caravage sont à l’honneur à Rome. Son naturalisme puissant, sa force brute, sa science du clair-obscur impressionne et fait de nombreux adeptes, qu’on nommera les caravagesques. Orazio et sa fille Artemisia Gentileschi, Orazio Borgianni, actif à Rome et en Espagne, dont l’œuvre, en dépit de ses dénégations, puise dans Caravage, Bartolomeo Manfredi, Annibale Carrachi, Guido Reni ou Le Guerchin tout comme Simon Vouet ou Poussin pour les Français, Hendrick Ter Brugghen, Gerrit Van Honthorst ou Dirck Van Baburen pour les Néerlandais portent la marque du peintre qui traversa comme un météore la fin du xvie siècle et la première décennie du suivant, avant d'être contraint de fuir Rome à la suite d’une rixe qui tourne mal en 1606, puis de connaître une mort violente au cours de son retour vers la cité papale en 1610.

Le Bernin, Tête de Méduse (Rome, musée du Capitole) © DR

Le Bernin, Tête de Méduse (Rome, musée du Capitole) © DR

Le Bernin, théâtralité et mouvement

Au moment où Caravage termine sa carrière, Le Bernin entame la sienne. Sculpteur talentueux, il est appelé à décorer les jardins de la villa Borghèse. Priape et Fiore sont suivis du groupe décoratif des Quatre saisons pour la villa romaine de Leone Strozzi. Sa science du mouvement, la sensualité des personnages, le réalisme dont il fait preuve renvoient à l’influence de Caravage, dont Bernin pouvait contempler les œuvres dans la demeure du cardinal Scipion Borghèse. Ses innovations ont complètement modifié le visage de Rome. Décors d’églises grandioses, théâtralisation de la foi en particulier avec l’Extase de sainte Thérèse dans la chapelle Cornaro de Santa Maria Della Vittoria ou la réalisation de la colonnade de Saint-Pierre de Rome, impressionnants monuments funéraires, fontaines sculptées imposent ses conceptions artistiques : la vérité des personnages non plus figés dans une posture mais saisis dans le mouvement, dans le cours de leurs occupations…

Artemisia Gentilschi, Sainte Marie-Madeleine en extase (coll. particulière) © DR

Artemisia Gentilschi, Sainte Marie-Madeleine en extase (coll. particulière) © DR

L’occasion de trouver réunis des chefs d’œuvre épars

Rassemblant des œuvres venues du monde entier, de grands musées comme de collections privées, l’exposition donne à voir des œuvres magnifiques : Narcisse, le Garçon mordu par un lézard, le Couronnement d’épines du Caravage et, pour Le Bernin, son travail de jeunesse : Bacchus, rarement montré, ou son émouvant Sébastien, mais aussi le buste de Méduse, dans lequel on a voulu reconnaître la figure de Constanza Bonarelli qui fut la cause d’un scandale que la jalousie du Bernin provoqua, des portraits en marbre de Thomas Baker, du cardinal de Richelieu et un Autoportrait peint.

L’exposition compte aussi des peintures de Ludovico et d’Annibale Carracci, de Guido Reni, de Giovanni Baglione, des Gentileschi, de Nicolas Poussin, de Simon Vouet et de l’excentrique Tanzio da Varallo, entre autres, et, du côté de la sculpture, des œuvres d’Alessandro Algardi, notamment son Sonno (Sommeil) en marbre noir, le Faune Rondanini dansant du flamand romain François du Quesnoy, et un cheval de bronze jamais vu auparavant de Francesco Mochi.

Francesco Mochi, Buste d’un jeune homme, peut-être saint Jean-Baptiste (Art Institute of Chicago) © DR

Francesco Mochi, Buste d’un jeune homme, peut-être saint Jean-Baptiste (Art Institute of Chicago) © DR

Caravage – Le Bernin. Le baroque à Rome

Du 14 février au 7 juin au Rijksmuseum

Museumstraat 1, 1071 XX Amsterdam, Pays-Bas

Ouvert tous les jours de 9h à 17h

Téléphone : +31 (0) 20 6747 000. Site : rijksmuseum.nl/fr/rijksmuseum

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