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Arts-chipels.fr

Les croqueurs d’étoiles. Un voyage intergalactique et extraordinaire dans l’univers artistique et sans concession de la collection Cérès Franco.

Les croqueurs d’étoiles. Un voyage intergalactique et extraordinaire dans l’univers artistique et sans concession de la collection Cérès Franco.

Les 50 ans de la conquête de la lune 1969 - 2019 sert de  prétexte et de fil conducteur  à cette nouvelle  exposition de la fondation Cérès Franco dont Françoise Monnin, assure brillamment le commissariat.   

Le voyage vers la lune est un vœu que les humains font depuis si longtemps pour fuir un quotidien misérable ou hostile en rêvant  d’un ailleurs sidéral et merveilleux. Ainsi la  contemplation de cet inaccessible espoir avec les yeux de ces artistes sans concession nous entraîne dans un voyage initiatique, une  quête irrationnelle d’un ailleurs imaginaire et de rencontres insolites.

Le regard de Françoise Monnin
Françoise Monnin  résume ainsi ce voyage cosmique « Les peintres et les sculpteurs présentés dans cette exposition subliment la silhouette des astronautes et de leurs équipements, la matière des paysages  sidéraux, l’allure des extraterrestres ; et renouvellent la représentation des divinités supposées baguenauder outre terre » 

Son regard sensible et exigeant a sélectionné des œuvres de 86 artistes de cette fabuleuse collection de plus de 1600 œuvres, sélection qu’elle a organisée autour de ce thème du voyage intergalactique et de la conquête de la lune, période qui correspond aux années 1960 -1972, avec pour point d’orgue l’année 1972 et l’ouverture de l’Œil de bœuf à Paris, la galerie emblématique de Cérès Franco.

Je tiens ici à souligner la perspicacité et la sensibilité du regard et du choix que Françoise Monnin a fait pour nous raconter ce voyage. Tout d’abord le sentiment qui me reste est ce côté lumineux de la couleur, C’est un hymne à la couleur brute, primaire, une ode à la picturalité des couleurs qu’elle nous offre avec tout son amour de l’art et des artistes.

Attention top voyage :  
Le premier acte d’un voyage ou de toute exploration commence  par le départ. Ici cette première partie est haute en couleurs, comme toute l’exposition d’ailleurs et est symbolisée par des « machines spatiales » et la fusée de Jaber qui nous accueille dès l’entrée. Ainsi,  « on annonce la couleur » et elle nous suivra tout le long de cette aventure. Car comme pour toutes les expositions dans cette ancienne coopérative cette visite se transforme immédiatement en aventure intellectuelle, sensorielle et picturale.

L’exploration lunaire ou « matière céleste »

La deuxième partie est une sélection parmi les premiers achats de Cérès Franco dans les années « 60 », marquée par les tons terre, l’utilisation à outrance des « gris colorés » mais également certaines créations abstraites et « matiéristes » à l’instar des « Texturologies «  et des « Matiérologies » de  Jean Dubuffet de cette époque qui dénotent avec les partis pris que Cérès Franco  prendra ensuite tout le long de la création de sa Collection.  Françoise Monnin  les met en parallèle avec les échantillons du sol lunaire rapportés sur terre dans ces années-là ainsi que des différents météorites retrouvés sur la terre et qui ont forcément inspirés les artistes, Jacqueline Pavlowsky, Stephane Carel, Jean Marie Martin,Flavio Shiro, Komet et bien d’autres. Ainsi, on est dans la poussière d’étoiles, les cratères lunaires, dans la transfiguration matiériste de la représentation que s’en font les artistes.  

Le planétarium

Cette troisième partie que Françoise Monnin nomme le « planétarium » est sur fond bleu représentant le cosmos. Les œuvres exposées toutes rondes ou ovales « jouent aux planètes ». Elles faisaient partie des premières expositions que Cerés Franco avait organisées dans sa nouvelle galerie « l’Œil de bœuf »  avec le seul critère du format imposé en rappel avec cette fenêtre typique.   Pour Cérès Franco cette fenêtre qui se trouvait toujours aux derniers étages des immeubles permettait de voir le ciel et d’admirer les nuages. Et c’est  aussi la forme des hublots des bateaux et des fusées…
Cette partie est pour moi assez inédite car je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de voir ces premières œuvres. On constate comme toujours avec un thème imposé et là entre autre ce n’est qu’un format, l’immensité créative des réponses apportées par les artistes, (Philippe Aïni, Francis Bot, Benjamin Silva, et bien d’autres)

Les cosmonautes

Tout voyage interstellaire ne peut se faire sans eux. Ils sont donc à l’honneur juste en haut de l’escalier lorsque l’on aborde l’étage de la Fondation et dans certaines des « alcôves » de cet étage. Ces alcôves que Françoise Monnin compare à des chapelles présentent une sélection très riche et diversifiée de créations magnifiques d’artistes tels que Chomo, Marie Murua, Marcel Pouget et bien d’autres.
A noter juste avant  et au-dessus de l’escalier une sélection d’œuvres de Raymond Robillard dont une impressionnante soucoupe volante ainsi qu’une cinquantaines d’objets « galactiques » accrochés en l’air, « ovnis » s’il en est, objets de la  collection particulière de Frédéric Lutz.

Et nos amis les extraterrestres

« Dessiner des êtres en attendant de les rencontrer » pourrait être le sous–titre de la dernière partie de l’exposition. Ainsi Martiens, Vénusiens, extraterrestres en tout genre, déesses hallucinatoires, créatures étranges, lointains cousins des éléphants roses provoqués par quelques subterfuges bref on admire toute une sélection magnifique d’œuvres d’artistes internationaux tels que roumain Miron Kiropol, le hongrois Biro Atila, la moldave Mirabelle Dors mais aussi le chilien Mario Murua, l’irakien Abraham Addad avec une magnifique série de Corneille, un des artistes emblématique de Cérès Franco.

Les croqueurs d’étoiles. Un voyage intergalactique et extraordinaire dans l’univers artistique et sans concession de la collection Cérès Franco.

La Collection Cérès Franco : l’œuvre d’une femme passionnée

Cérès Franco naît en 1927 au Brésil. Après avoir suivi des études d’histoire de l’art à l’université de Columbia et à la New School de New York, elle part compléter sa formation en Europe. En 1951, elle s’installe à Paris. Et en 1972, elle fonde la galerie L’Œil de Bœuf. Cérès Franco noue des liens d’amitié forts et complices avec tous ces artistes. Elle aime vivre entourée de leurs œuvres qui se retrouvent donc tout naturellement dans sa collection. Année après année, la Collection s’enrichit pour compter aujourd’hui plus de 1 600 œuvres. Allant de la seconde moitié du XXe siècle au du XXIe siècle, Naïfs brésiliens et européens, art populaire sud-américain, art brut, autodidactes, singuliers ou encore artistes historiques issus du mouvement CoBrA ou de la Nouvelle figuration, la provenance des œuvres traduit un goût éclectique pour un art situé en marge des grands courants adoubés par les institutions et la critique et  reflète avec une cohérence rare, le regard d’une collectionneuse insatiable, passionnée et exigeante.
«  Je cherchais la représentation de l’être humain… Je cherchais l’expression. Et je cherchais des peintures qui me racontaient des histoires. » dis Cérès Franco en parlant de ces œuvres.

Montolieu, Village du livre

Situé à 18 kilomètres au nord-ouest de Carcassonne, Montolieu est un magnifique petit village de l’Aude Sa célébrité aujourd’hui a été enrichie par une très belle initiative débutée en 1989, quand Michel Braibant choisit Montolieu pour mettre en oeuvre le projet de transmettre, enseigner et partager avec le public les arts de l’imprimerie et le plaisir du livre et redonner une vie durable à un village endormi. Progressivement, une quinzaine de libraires et d’artisans du Livre (bouquinistes, illustrateurs, graphistes, imprimeurs) venus de toute l’Europe ont contribué à rendre possible ce rêve et à faire de Montolieu un village culturel incontournable du Sud de la France et un parmi les huit villages du Livre de France..

 

Un à coté complémentaire : le musée du livre de Montolieu

Une infime partie des archives de Cérès Franco est présentée dans ce lieu situé à quelques pas de la Coopérative. Une sélection d’œuvres sur papier, catalogues d’exposition et écrits divers sont présentés dans un accrochage sobre et simple

Les croqueurs d'étoiles
La coopérative "Musée Cérès Franco"
5 route d'Alzonne, 11170 Montolieu
du 20 avril au 3 novembre 2019

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