Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Arts-chipels.fr

Les Embruns du Fleuve Rouge. Entre Bretagne et Vietnam, une histoire de terres sur fond de drame

Les Embruns du Fleuve Rouge. Entre Bretagne et Vietnam, une histoire de terres sur fond de drame

Ce premier roman est une réussite. Elisabeth Larbre livre ici avec une grande sensibilité une histoire chaleureuse où s’exprime son amour de la terre – celle de Bretagne, où elle vit, et celle, exotique, du Vietnam – en même temps que sa tendresse pour les gens qui la peuplent.

Léon, géant roux et solitaire, n’est pas un homme banal. Cet ancien marin qui lit André Breton vit à l’écart des hommes sur une terre désolée du Finistère fouettée par les embruns lorsque débarque dans crier gare une drôle de petite Vietnamienne. Un cancer de l’utérus est progressivement en train de la détruire. Que vient-elle faire sur cette terre désolée si loin de son pays ? Et pourquoi connaît-elle le nom de famille de Léon et son prénom ? Peu à peu nous découvrons l’histoire de cette jeune femme. Par petites touches d’abord : son enfance au Vietnam, entre un père qui abuse d’elle et une mère qui ne voit pas ou fait comme si, et sa fuite tandis que se raconte l’histoire d’un marin aux yeux d’azur qui y avait déposé ses valises avant que la soif du large ne le reprenne. Entre présent et passé, Bretagne et Vietnam, l’histoire se précise. Elle trouvera sa conclusion à la mort de la jeune fille, quand Léon décide de faire le voyage pour rencontrer cette famille qu’il ne connaît pas. Il trouvera, à l’ombre des bananiers à l’odeur de miel et de vanille, en regardant les pêcheurs du Fleuve Rouge, une raison d’être au monde…

Ce roman attachant offre une approche sensible et belle. A l’histoire de la jeune fille et de sa famille s’ajoute l’infinie délicatesse avec laquelle l’auteur évoque ses personnages en déshérence que la vie n’a pas gâtés mais qui ont trouvé en eux les ressources nécessaires à leur survie. La langue est belle, les métaphores lumineuses nous ramènent à ce qui fait le prix de ce roman: la poésie profonde qui émane de la rusticité des paysages et de la vérité de ceux qui y vivent. On sent l’amour profond qui lie l’auteur à la Bretagne comme au Vietnam. La vie palpite derrière les images, comme un être-là qui nous transporte et nous émeut. Premier roman, les Embruns du Fleuve Rouge donnent l’envie de lire la suite de l’aventure romanesque de l’auteur…

 

Les Embruns du Fleuve rouge d’Elisabeth Larbre (Carnets Nord, 2018)

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article