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Arts-chipels.fr

Coronavirus an 01, 24e livraison. Quand y en a plus, y en a encore… Coronavirus, le retour.

Coronavirus an 01, 24e livraison. Quand y en a plus, y en a encore… Coronavirus, le retour.

On se croyait débarrassé du ou de la covid (je persiste à préférer le « le »). Et hop la boum, il nous fait un petit retour – pas sur investissement, on aurait préféré s’en passer. Dans un contexte plus noir que noir…

Je croyais mes chroniques « covid » rangées aux oubliettes, enfermées dans le glorieux placard du temps passé. Las ! voilà t’y pas qu’il va falloir remettre ça pour éviter la déprime et maintenir le lien ! L’épidémie joue les phénix – noirs – et renaît de ses cendres. Il faudra lui répondre en version colorée, déployer comme dans la période précédente l’éventail plein de ressources des résistances, recenser les initiatives, partager des lectures, inviter à des découvertes, s’occuper l’esprit pour ne pas sombrer dans la mélancolie.

Alors puisqu’il le faut, (re)commençons. Impromptu, pour garder une pensée émue au souvenir de ces concerts qu’on va – encore – rater. Sous forme d’études en devenir, car les stratégies ne sont pas encore en place, d’esquisses si l’on veut ajouter la peinture à la palette des terrains de jeu, d’improvisations si l’on se réfère au théâtre, de story-board pour faire un clin d’œil façon Méliès au cinéma. L’ordre de marche est à peine donné et vos apports seront les bienvenus.

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Faut dire que c’est pas drôle, la vie en ce moment…

On vient de s’enfiler coup sur coup plusieurs attentats qui laissent sans voix. Atroces. Inacceptables. Si on voulait faire du mauvais humour, on dirait que ces « guerriers » terrassant, couteau à la main et non plus entre les dents, l’incroyance et l’hérésie le sont au petit pied. Au lieu de se livrer à un combat où s’illustrent leurs vertus héroïques et leur courage, ils s’attaquent à des êtres sans défense, pas du tout engagés sur le terrain belliqueux, justement. Une petite vieille de 70 ans et un prof, quel glorieux palmarès ! Sûr que ça va leur valoir le paradis des valeureux ! Ce serait risible et grotesque si ce n’était débile et monstrueux. Car c’est au genre humain tout entier que l’entreprise s’attaque. Savoir et religion, Dieu et le Diable dans le même sac, quelle ironie et que la vie humaine pèse de peu de poids dans la balance pour ces illuminés ! On imagine, si on étendait le procédé du meurtre à l’aveugle, des croisades où chacun se trouverait un infidèle à tuer, et on est toujours l’infidèle de quelqu’un. Pour que Dieu reconnaisse les siens dans le massacre généralisé, il y aurait du boulot ! Aussi on retiendra les propos de l’imam de Bordeaux rappelant que les confessions juives, chrétiennes et musulmanes ont un même texte fondateur et que le message du Prophète est d'amour, non de haine. Mais pour quelques voix qui s'élèvent, combien d'autres frappées de mutisme...

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De quelques amalgames plus que douteux

Au-delà de ces événements qui frappent d’horreur et nous laissent désarmés devant cette violence inouïe régie par un fanatisme incontrôlable, il convient d'interroger leur utilisation et leurs répercussions car elles ne touchent pas seulement quelques individus mais la société tout entière.

La société hyper-médiatisée des réseaux sociaux fait aujourd’hui circuler l’information planétairement et dans son immédiateté et son étendue réside le lit dans lequel mûrissent ces meurtres individuels. Non seulement elle véhicule les discours qui armeront le bras des fanatiques, mais elle lui sert aussi de chambre d'écho. La circulation amplifiée qu'elle héberge offre un nid douillet où le vol du frelon fabrique une tornade qui entraîne tout sur son passage. La nécessité d'un contrôle masque néanmoins des stratégies parfois plus dangereuses et plus liberticides qu'il faut garder en mémoire. Elles procèdent d’abord d’une série d’amalgames tels que

Musulmans = terroristes

Maghrébins ou peuples du Moyen-Orient = musulmans = terroristes

Terrorisme = guerre

Guerre = justification de tuer, de mettre en place des procédures d’urgence contraires aux libertés constitutionnelles

Victimes = la population tout entière, prise en otage, mais aussi les « frères » des terroristes, pris dans la nasse de l’amalgame.

On voit bien les utilisations qui peuvent résulter de telles équations qui sont tout sauf rationnelles. L’extrême-droite – et là-dessus, hélas, elle n’a pas le monopole – y trouve un terreau fertile. Pour elle, il suffirait de mettre les étrangers dehors pour que tout aille mieux – son discours est le même côté économique. On montre des responsables du doigt, amnistiant dans un processus d’amnésie totale toute remontée à une source plus ancienne. Est-ce suffisant ? Comment en est-on arrivé là ? Comment gérer aujourd'hui cet état de fait mortifère et destructeur pour tous ?

Etat de droit et loi du talion

Derrière se profile aussi potentiellement à terme le risque, majeur, de la négation de l’Etat de droit. On allègue les erreurs commises par la justice, relâchant certains de ces criminels qu’on retrouve plus tard à la source d’attentats pour stigmatiser une faillite du droit, on met en avant les lenteurs de la justice face à un état d’urgence, on parle de « principe de précaution » qui autoriserait, de fait, à tirer sur tout ce qui bouge, métaphoriquement parlant bien sûr, et personne ne se pose plus la question de savoir si les terroristes abattus auraient pu être seulement blessés pour passer en jugement. Il est permis – et considéré comme juste, bien que la justice n’ait rien à voir là-dedans – de tuer. La loi du talion est entrée en vigueur sans même que cette question ait été discutée. Or n’est-ce pas parce que justement nous proscrivons cette loi du talion que nous sommes une démocratie ? Il faut, bien sûr, gouverner et punir. Mais ce qui devient terrible, et terriblement difficile à avaler si l’on pousse les conséquences à leur extrême limite, c’est la surveillance généralisée qui se met insidieusement en place. 1984 n’est pas loin. Le suivi de l’épidémie est entré lui aussi dans la danse. Mais à quand, pour un peu plus tard, un jugement de toutes nos « déviations et déviances » et gare si vous n’aimez pas les champignons ou les choux de Bruxelles ! Où mettre le curseur marquant la limite ? Il est urgent de le positionner pour que la démocratie ne sombre pas. De marquer la différence entre liberté d’expression et expression délictueuse. On a vu fleurir dans les récentes périodes des procès en « politiquement correct » pas toujours de bon ton et il importe de définir aujourd’hui où se situe le « délit ». L’appel à la violence ou à la haine raciales doivent être traqués et punis par la loi, c'est sûr, mais sans nécessairement ouvrir la voie à une surveillance généralisée.

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Just keep our back straight et rions un peu…

Bien que les histoires sur fond de terrorisme soient le must du jour et pour se changer un peu les idées, on peut se reporter au court roman rafraîchissant de Karine Tuil, Interdit – c’est de saison (Grasset, paru en Livre de poche). Une histoire juive, comme seuls les juifs savent les inventer. Une manière de rire de soi, un humour salvateur et décalé qui fait du bien, un art du paradoxe et de la dialectique qui enchante. Un rescapé d’Auschwitz décide à soixante-dix ans d’épouser une coreligionnaire de vingt ans sa cadette. Mais le rabbin qui le reçoit pour préparer le mariage le déclare non juif selon la Loi de Moïse du fait de sa mère, non juive. Notre homme a beau alléguer sa circoncision, sa déportation, rien n’y fait. Alors, juif ou non juif ? Tout se brouille dans le cerveau de Saül Weissmann où les deux hommes qui le composent, le juif et le goy, se font la guerre. Karine Tuil pousse la dissociation de la personnalité de Saül à ses ultimes conséquences avec une dérision chaleureuse non exempte de tendresse et beaucoup d’à-propos. En tout cas une belle leçon à méditer en ces temps d’intolérance…

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Les réseaux sociaux en ordre de marche

Les nouvelles de programmation en livestream ou en accès internet commencent à voir le jour, à nouveau.

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Le Théâtre de la Ville ouvre le bal des propositions online et explore les diverses possibilités laissées libres par les restrictions.

1. DES SPECTACLES EN LIVE STREAMING, en direct du Théâtre de la Ville-Espace Cardin. 10 spectacles en live streaming seront proposés tout le mois de novembre. Il s’agira de représentations de théâtre, de danse et de musique jouées, filmées et diffusées en direct sur le site du Théâtre de la Ville et en Facebook live, sans public dans la salle.

Les premiers rendez-vous

LE TAMBOUR DE SOIE de Kaori Ito & Yoshi Oïda. Ven. 30 oct. à 19h & sam. 31 oct. à 15h

ROYAN. LA PROFESSEURE DE FRANÇAIS de Marie Ndiaye m. e. s. Frédéric Bélier-Garcia avec Nicole Garcia. Mar. 10 nov.

JE NE SUIS PAS INQUIET de Scali Delpeyrat. Sam. 7 nov. à 21h

J’AI TROP D’AMIS de David Lescot. Ven. 6 nov. À 14 h 30 & dim. 8 nov. 15 h (également en langue des signes)

Des rencontres Art & Science auront également lieu, toujours en streaming, durant cette période. L’accès sera gratuit et accessible à l’heure de la représentation et seulement pendant la durée de celle-ci.

2. LES CONSULTATIONS POÉTIQUES DANS LE MONDE ENTIER
Elles se développent avec plus de 100 participants, acteurs, danseurs, musiciens et scientifiques, dans 20 langues, et elles auront lieu dans plus de 15 pays. Plus de 10 000 consultations ont déjà eu lieu. Elles s’effectuent sur la base d’échanges par téléphone entre un artiste et celui qui a demandé l’appel.

NOUVEAUTÉ. Création des Consultations musicales par téléphone. Inscriptions et renseignements sur le site internet du Théâtre de la Ville (www.theatredelaville.com).

3. RÉINVENTER LES PROJETS D’ÉDUCATION ARTISTIQUE 

Avec les jeunes et les enseignants
- Suite à la convention signée avec le Rectorat de Paris, les artistes iront jouer dans les écoles, les collèges et les lycées (la troupe d’Emmanuel Demarcy-Mota mais aussi Scali Delpeyrat, David Lescot, Nicole Garcia…)
- En lien avec l'université de la Sorbonne, des rencontres entre artistes et étudiants auront lieu, en streaming, une fois par semaine.

Avec le personnel soignant de l'hôpital de La Pitié Salpêtrière AP-HP
Les artistes de la Troupe seront présents dans les espaces hospitaliers pour accompagner le personnel soignant dans ce moment de difficulté, avec des modalités adaptées et dans le respect des gestes barrières.

4. DANS LES HÔPITAUX
Les artistes de la troupe seront présents auprès des plus isolés et des plus fragiles, avec des propositions artistiques réinventées, en lien avec les personnels soignants (programme en cours)

5. ACADÉMIE SANTÉ CULTURE
En décembre, le troisième rendez-vous de l’Académie Santé Culture réunissant artistes, scientifiques et étudiants en médecine, sera développé au Théâtre de la Ville-Espace Cardin.
6. POUR LES REPRÉSENTATIONS ANNULÉES, MISE EN PLACE D'UNE COOPÉRATIVE SOLIDAIRE
Pour chacun des spectacles, un repositionnement à d'autres périodes et dans d'autres théâtres qui auraient des périodes libres pour les présenter est envisagé. Le Théâtre de la Ville met en place une coopérative solidaire qui permettra un système d'entraide entre les théâtres pour proposer de nouvelles dates, dès cette saison, aux artistes dont les spectacles ont été annulés.

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L’Opéra-Comique invite à découvrir le premier opéra de Rameau (sur Arte)

Evénement de la saison d’Arte Opéra, Hippolyte et Aricie, dont les représentations prévues à l'Opéra-Comique sont annulées en raison du confinement, sera capté par Fra Prod et diffusé en livestream sur Arte Concert samedi 14 novembre à 16 heures.

Avec cette tragédie lyrique d’une intensité extraordinaire, Rameau changeait le cours de la musique française. Hippolyte et Aricie créé le 1er octobre 1733, tirait son sujet d’Euripide et de Racine. Rameau, organiste et théoricien peu connu, déjà quinquagénaire, produisait son premier opéra. Il allait désormais régner sur la scène musicale avec son orchestre descriptif et son harmonie inventive, toujours au service du drame. Cette tragédie lyrique en cinq actes, sur un livret de l’abbé Pellegrin, fut modifiée par Rameau à plusieurs reprises. C’est la troisième version, créée à l’Académie royale de musique (Opéra) le 25 février 1757, que propose l’Opéra-Comique.

Le prince Hippolyte aime Aricie, belle captive vouée au culte de Diane. En l’absence du roi Thésée, disparu aux Enfers, il fait appel à sa belle-mère, la reine Phèdre. Il ne peut se douter que Phèdre, qui l’aime en secret, veut lui proposer et sa main et le trône. Mais surtout, qui imaginerait que Thésée revienne un jour du royaume de Pluton ?

Le spectacle sera sous-titré en 6 langues (français, allemand, anglais, espagnol, italien et polonais) et disponible également sur le site de l’Opéra-Comique. Une diffusion ultérieure sera proposée sur l’antenne d’Arte et sur France Musique.

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France musique.

Vivaldi chanté par Philippe Jaroussky et la soprano hongroise Emöke Baráth, accompagnés par le chef Julien Chauvin et son Concert de la Loge. Parce qu'il n'y a pas que Les Quatre Saisons dans Vivaldi, le compositeur est à l'honneur avec quelques-uns de ses plus beaux et touchants airs d'opéra. Un concert donné le 1er octobre au Théâtre des Champs-Elysées. Extraits de : La Fida ninfa, Andromeda liberata, Juditha triumphans, Giustino, Aura placide et serene, Sinfonia en sol mineur RV 156, Ottone in villaLa Candace o siano Li veri amici, Il Farnace, Orlando Furioso, Griselda, Orlando finto pazzo, Dorilla in Tempe. 

https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-de-20h/viva-vivaldi-avec-philippe-jaroussky-emoke-barath-et-le-concert-de-la-loge-de-julien-chauvin-88196?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13Oqt6qh2NsICqeszo-HIQMQT&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=618226#xtor=EPR-11-[meilleur]-20201029[pos1]

Cinq émissions consacrées à Jean-Sébastien Bach, où l’on constatera une fois de plus que la métrique rigoureuse, la symbolique des nombres et le sens de la mathématique n’excluent ni la grâce ni l’émotion. Orgue, clavecin, violon, violoncelle, chant se conjuguent pour donner du Kantor de Leipzig une vision diversifiée, grave et légère, parfois très personnelle, mystique aussi, conjuguant les influences de l’Allemagne du Nord et de l’Italie, l’héritage de la polyphonie de l’époque précédente avec le motet et son génie propre…

https://www.francemusique.fr/emissions/prima-la-musica/jean-sebastien-bach-forever-1-5-27251

https://www.francemusique.fr/emissions/prima-la-musica/jean-sebastien-bach-forever-2-5-26926 Passacailles. Partita n° 2 pour violon seul en ré mineur BWV 1004 et une très étonnante passation Bach-Webern de la Passacaille et fugue en ut mineur BWV 582, devenue Passacaille n° 1 chez Webern.

https://www.francemusique.fr/emissions/prima-la-musica/jean-sebastien-bach-forever-3-5-26769 Fugues. Prélude et fugue en la mineur BWV 54 ; Suite n°5 pour violoncelle seul en do mineur, BWV 1011, rappelant l’importance de Bach dans la composition pour violoncelle et joué sur un instrument de 1710 ; Fürchte dich nicht, ich bin bei dir, BWV 228 (motet) ; Fantaisie chromatique et fugue en ré mineur BWV 903 ; Prélude BWV 999.

https://www.francemusique.fr/emissions/prima-la-musica/jean-sebastien-bach-forever-4-5-26732 De la viole pour le début. Concerto brandebourgeois n°6 BWV 1051 ; Sonate pour viole de gambe et clavecin BWV 1029 en sol mineur ; Der Geist hilft unserer Schwachheit auf, BWV 226 ; Liszt, Fantaisie et fugue sur B.A.C.H. Une surprenante vision de l’œuvre de l’œuvre du compositeur que Liszt considérait comme une « cime de l’art catholique »…

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Nuit européenne des musées

Elle sera numérique le samedi 14 novembre. Cette version numérique de la Nuit des musées permettra de garder le lien avec le public tout en valorisant les lieux de culture et rappelant leur rôle essentiel, d’autant plus important en période de crise.

Ce rendez-vous numérique sera composé de tous les contenus fournis par les musées et durera bien au-delà de la seule Nuit. Il s’appuiera sur les contenus déjà présents sur "Culture chez nous" mais également surtout sur les nouveaux formats que fourniront les musées : interviews, visites virtuelles, entretiens, montages vidéo #NDMChezNous et https://nuitdesmusees.culture.gouv.fr/  

La suite sans doute très bientôt…

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