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Arts-chipels.fr

Ouragan catégorie 5 – Un huis clos où l’enfer c’est la vie… de Nicolas Rocq

Ouragan catégorie 5 – Un huis clos où l’enfer c’est la vie… de Nicolas Rocq

Dans la nuit du 29 août 2005, la Nouvelle-Orléans est frappée par l'ouragan Katrina. La ville est évacuée en partie. Seul un hôtel français, "Le Muriel's", situé dans Le Vieux Carré, est resté ouvert. Cette nuit-là, quatre individus vont se retrouver coincés dans cet établissement. Au plus fort de la tempête, ils vont se replonger dans les moments forts de leur existence. Ils ont chacun un côté sombre, une souffrance à vif qui les rongent. Ainsi, chacun se raconte et  hurle sa détresse aux autres. Ce huis clos, au cœur de la tempête force chacun de ces personnages à tirer le bilan de sa vie. C’est sauvage, brut et douloureux.

Nicolas Rocq, l’auteur et le metteur en scène interprète un homosexuel désespéré par la perte de son premier et unique amour, mort du sida. Philippe Gray interprète un pédophile n’étant pas encore passé à l’acte  et  Laurence Facelina,  une alcoolique criante de vérité. J’ai particulièrement apprécié le jeu de Candice Mechaly, délicat, sensible dans son interprétation de cette jeune serveuse  à la recherche de sa mère qu’elle n’a jamais connu.

Tous ces personnages crient leur mal être, leur culpabilité. Ils se sentent hors normes, dans un à-côté désespéré.  Ils s’accrochent cependant à leur mal de vivre, comme à un radeau  malmené par la tempête et c’est ce sentiment  qui leur permet de continuer à vivre.  Et c’est ce qui les réunit au final.

La performance des acteurs est indéniable quoique par moment un tout petit peu forcée. Ils nous  restituent la violence de leur désespoir  sans fard, ni filtre.

A noter également, la musique de Constantin Alaïmalaïs,  saxophoniste  qui nous offre quelques moments de respiration et pose l’ambiance Nouvelle Orléans.

L’ombre de Sartre :

Nicolas Rocq fait référence au  Huis clos de Sartre dans le dossier de presse et effectivement, cette confrontation  entre ces quatre personnages  égratignés par la vie dans cette bulle créée par l’ouragan peut l’évoquer sauf que là le paradigme est totalement inversé, les personnages sont encore bien vivants et la mort les délivrera les uns des autres, du moins on l’imagine ainsi…

On peut aussi évoquer  la construction classique unité de temps,  unité de lieu  mais au final on s’interroge sur le sens de cette juxtaposition d’âmes en peine, à ce même moment, à ce même endroit.

Nicolas Rocq est au début de sa carrière et je ne doute pas qu’il nous fasse  encore vivre de très très bon moment de théâtre.

A la folie Théâtre
Du 20 avril au 24 juin
Jeudi, vendredi et samedi à 21h30

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