Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Arts-chipels.fr

Je brûle d’être toi. Entre quête d’identité, apprentissage du langage et gestion des émotions.

Je brûle d’être toi. Entre quête d’identité, apprentissage du langage et gestion des émotions.

Ce joli conte pour petits à partir de quatre ans convoque une babouchka louve, un cerf qui fait des claquettes et parle anglais, un renardeau obstiné et un père Noël proche de la retraite dans une fable où la transmission entre les générations se déroule comme un fil rouge.

Un tapis rond dans un coin, et dessus, une petite fille. Au premier plan, de la neige tombe doucement sur le sol. La petite fille, Lova, a décidé de partir à l’aventure sur les traces de sa grand-mère, Louva, la louve. Elle se lance à l’assaut d’un monde où le froid, la neige et la glace forment le décor des jours.

© Arnaud Bertereau

© Arnaud Bertereau

Des marionnettes peluches

Les personnages qui habitent cette fable sont des animaux, ces doudous en peluche qui peuplent les chambres d’enfants, ces êtres familiers auxquels ils se confient et racontent leurs histoires, les complices de tous les instants qu’ils aiment, qui les rassurent aussi. Ils sont là et Lova n'a pas emporté son doudou. Comme une grande, elle évoluera dans un monde où les animaux parlent, où les chouettes surveillent ce qui se passe, où les cerfs utilisent leurs bois pour donner leur opinion sur les choses. Si les peluches de l’enfance sont présentes, elles sont dans le spectacle détournées et customisées. Quant au loup, personnage incontournable de la mythologie enfantine, il est devenu louve, figure féminine protectrice et maternelle. Les manipulateurs dialoguent avec leur marionnette et le théâtre d’ombres vient ajouter sa note magique.

© DR

© DR

Proximité et poésie

Les enfants trouvent aisément leur place dans un espace de gradins, resserrés autour de la scène. Ils sont dedans, avec cette petite fille-loup qui évolue dans un monde plein de surprises et de sources d’émerveillement. Une grosse lune ronde surmonte un cyclorama derrière lequel passent des ombres, des fleurs éclosent et se déplient en taches rouge vif sur la blancheur de la neige, les maisons miniatures s’éclairent toutes seules, un feu surgit au cœur de la nuit et un panneau « Interdit aux cerfs » sort comme un diable de sa boîte au milieu du paysage sauvage et immaculé. Il suffit d’une branche d’arbre pour créer un radeau et d’une écharpe de neige pour constituer sa voile. Dans ce monde en perpétuelle transformation ou faire comme si, c’est faire, tout est conçu pour que les enfants évoluent comme des poissons dans l’eau.

© Arnaud Bertereau

© Arnaud Bertereau

Les émotions, au cœur de l’évolution enfantine

Louva s’est entichée d’un cerf aux grands bois qui la dédaigne. Elle ne voit pas le Renardeau qui sans cesse éconduit, revient obstinément à la charge. La petite louve du Grand Nord devra découvrir qu’il est important de se connaître pour apprendre à aimer et être aimé en retour. Les premières tempêtes émotionnelles, déjà présentes dans la petite enfance, qui bloquent, paralysent, empêchent le développement, sont présentes au cœur du spectacle. Apprendre à les identifier, à les nommer fait partie des apprentissages fondamentaux pour grandir. Nourri d’échanges avec des enfants en classes de maternelle, le spectacle évoque leurs peurs, leurs colères, leur intériorité. L’espace acquiert la dimension métaphorique de ce qui se passe dans l’esprit de la petite louve. Et le choix d’animaux pour les différents rôles renvoie à la part primitive, un peu animale, qui forme le soubassement de l’âme enfantine.

© DR

© DR

Ce que parler veut dire

La question du langage et de l'expression court tout au long du spectacle. Le cerf ne dédaigne pas de prendre l’accent anglais et de lâcher quelques mots dans sa langue quand il est tired. La grand-mère porte en elle les échos d’une autre culture, alternant le russe et le français, dans le parler comme dans les chansons qu’elle fredonne, comme un enracinement dans le passé, dans une source qui nous permet de nous définir, de nous comprendre. Le spectacle ajoute de la cocasserie à l’histoire en reprenant – et en les systématisant – des éléments de l’apprentissage du langage par les enfants. Lova et Louva ont en commun de se mélanger les pieds dans la langue. Ça paille au lieu de cailler, on est pelé au lieu d’être gelé, on se met une écharde autour du cou et non une écharpe, le cœur sourd est lourd et on a le visage ripé quand on est tout fripé. Le lapsus, l’impropriété et le glissement entre les mots aux sonorités proches parlent aux enfants. Entre désert et dessert, entre chouette, canette et mouette se tissent des parentés dont les petits sont familiers. Au total, le spectacle tique-pique la mangue-langue avec tendresse et poésie dans un monde où il n’y a pas de pays trop froid pour aimer…

Je brûle d'être toi, de Marie Levavasseur

Dès 4 ans

Conception : Marie Levavasseur, Gaëlle Moquay. Mise en scène : Marie Levavasseur

Avec : Vera Rozanova, Gaëlle Moquay, Stéphane Miquel.

Scénographie, construction et habillage plastique Gaëlle Bouilly et Dorothée Ruge. Création lumière Hervé Gary. Création sonore et musicale Rémy Chatton. Construction et direction marionnettes Julien Aillet. Construction gradins Alexandre Hermann. Costumes et habillage plastique Mélanie Loisy. réation d’images Christophe Loiseau. Régie générale et construction Sylvain Liagre. Régie Alix Weugue (en alternance). Conseils dramaturgiques Mariette Navarro avec la collaboration de Jean-Charles Pettier, philosophe, et Dominique Duthuit, journaliste.

Théâtre 71 – Malakoff – 3, place du 11 Novembre – Malakoff

Tournée 2021 (sous réserve de réouverture des salles)

• Du 5 au 9 janvier : Théâtre 71, Malakoff scène nationale (92)

• 15 et 16 janvier : Train Théâtre, Porte-lès-Valence (26)

• Du 18 au 21 janvier : Théâtre la Passerelle, Gap (05)

• Du 7 au 10 février : L’Archipel, Perpignan (66)

• 12 et 13 février : Tandem, Douai (59)

• 16 février : Espace Beaumarchais, Maromme (76)

• 10 et 11 mars : Champ Exquis, Blainville-sur-Orne (14)

• Du 16 au 19 mars : Théâtre Durance, Château Arnoux (04)

• Du 22 au 24 mars : Théâtre de l’Olivier – Scène et Cinés, Istres (13)

• 26 et 27 mars : Théâtre la Colonne, Miramas (13)

• Du 8 au 10 avril : Théâtre des Sablons, Neuilly-sur-Seine (92)

• Du 13 au 16 avril : Pôle Jeune Public, Le Revest (83)

• Du 20 au 23 avril : Théâtre Le Forum, Fréjus (83)

• 3 et 4 mai : Scènes croisées, Langogne (48)

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article