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Arts-chipels.fr

Andy’s gone 1 & 2. Antigone culture d’jeun’s.

© Marc Ginot

© Marc Ginot

La tragique histoire d’Antigone n’a cessé d’alimenter l’imaginaire des auteurs de théâtre. Après Sophocle, Eschyle et Euripide, elle a inspiré des auteurs aussi divers qu’Anouilh, Brecht sur les traces d’Hölderlin ou Sorj Chalandon, entre autres. Marie-Claude Verdier, auteure québécoise, s’en empare à son tour en l’adressant plus particulièrement aux adolescents.

Le personnage d’Antigone fait partie intégrante de notre héritage culturel. Dans la tragédie grecque, la malheureuse fille incestueuse d’Œdipe et de Jocaste brave l’interdiction d’ensevelir son frère Polynice, édictée par son oncle Créon, le nouveau roi. Elle est condamnée à être emmurée vivante dans son tombeau. A partir de là, les fins diffèrent. Dans un cas, elle est graciée mais dans l’intervalle se suicide en se pendant. Dans d’autres, elle guide son père aveugle dans son exil (Œdipe à Colonne),ou trouve la mort, emmurée avec son amoureux, le fils de Créon (Anouilh) ou bien encore sert de thème à un spectacle monté au Moyen-Orient par un groupe qui rassemble des comédiens juifs et palestiniens (Sorj Chalandon). Du drame individuel et de l’héroïne confrontée à un destin sur lequel elle n’a pas de prise, on est passé à la victime de la raison d’Etat et à la révoltée contre l’iniquité d’un certain ordre social.

© Marc Ginot

© Marc Ginot

Antigone-Andy’s gone, version 2020

En transposant le thème d’Antigone dans l’univers adolescent, Marie-Claude Verdier met en avant le désarroi d’une jeunesse confrontée aujourd’hui à des périls sur lesquels elle n’a aucune prise. Devenue Allison, Antigone vit dans une cité où règne sa tante, Régine (clone étymologique de « reine »). Elle est une adolescente de notre temps. Les murs de la cité ont été refermés pour tenter d’endiguer une catastrophe climatique. Au-delà des murs, toute une population est laissée sans abri et la reine s’entoure d’une police omniprésente qui traque toute forme de sédition ou de révolte. Régine, mater dolorosa, a enterré son fils Henri en héros, masquant le suicide de celui-ci. Mais ce n’est pas Henri que pleure Alison ; c’est Andy, le révolté qu’elle aime et qui n’a pas accepté les règles du jeu du pouvoir de sa mère. Face au protectionnisme, au dirigisme et aux mensonges de sa tante, à la raison d’Etat, Allison dresse son refus et ses valeurs de liberté et de fraternité.

Andy’s gone 2. Le retour d’Andy

La seconde partie se situe après la mort d’Allison, que la reine a fait disparaître alors qu’elle était promise au pouvoir. Les portes ont été brièvement ouvertes avant d’être aussitôt refermées. L’irruption des réfugiés a été contenue par la reine mais le chaos règne et Régine s’emploie à rétablir l’ordre. Voici qu'une nouvelle voix se fait entendre pour prêcher la rébellion. On l’appelle Andy. Mais qui est-il et qu’a-t-il à voir avec Henri, le fils de la reine ? Jusqu’où ira-t-il dans sa lutte contre le pouvoir ? Le conflit des générations, au sein d’une même famille, est au cœur de leur affrontement. Comme dans l’Antigone d’Anouilh, Andy-Hémon, fils royal, fiancé à Allison-Antigone, rejoindra celle-ci dans son tombeau scellé. Encore une fois, la raison d’Etat prévaudra et les murs se refermeront sur les amants rebelles.

© Marc Ginot

© Marc Ginot

Du théâtre « radiophonique »

Invités à se coiffer d’un casque audio sans fil, les spectateurs se glissent d’emblée dans la peau de jeunes, oreilles vissées à leurs écouteurs. Le spectacle est d’ailleurs imaginé pour des représentations en milieu scolaire. Dans le casque se dessine un environnement, qui est hors-champ : le monde extérieur, sa rumeur, la foule qui gronde sous les remparts, mais aussi les échanges radio entre policiers pour contenir le désordre et traquer les perturbateurs. Y passent aussi les injonctions que diffusent les haut-parleurs dans la cité, distillant l’inquiétude dans la population et les discours de la reine, renvoyant à la propagande et au contrôle de l’information. Le filtre que crée le casque enferme les spectateurs, installés au centre du dispositif scénique et au milieu duquel circulent les comédiens – ils sont la population enfermée dans les murs de la ville – en même temps qu’il permet l’évocation sonore qui ouvre sur un imaginaire. Dedans-dehors, le public est à la fois témoin et à l’intérieur des personnages. Les références à la culture « d’jeun’s » à la fois dans le langage d’Allison et d’Andy et dans la musique utilisée dans le spectacle renforcent la relation directe des Allison-Andy avec les jeunes, cette « génération Z » dont les perspectives actuelles sont plus que problématiques. They are the heroes

Andy’s gone 1. Texte Marie Claude Verdier S Mise en scène Julien Bouffier S Interprètes Vanessa Liautey et Manon Petitpretz

Andy’s gone 2 – La faille. Texte Marie Claude Verdier S Mise en scène Julien Bouffier S Interprètes Vanessa Liautey et Maxime Lélue

TOURNÉE ANDY'S GONE I
26 au 28 janvier : Le Kiasma - Castelnau le Lez
16 au 19 février : Scène Nationale Le Tangram - Evreux
3 avril : La Manekine - Pont Sainte Maxence
17 au 22 mai : Scène Nationale l'Estive – Foix

TOURNÉE ANDY'S GONE 2
27 au 28 janvier : Le Kiasma - Castelnau le Lez
9 février : Cité scolaire Françoise Combes - Montpellier
22 mai : Scène Nationale l'Estive – Foix

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