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Arts-chipels.fr

Spectacle vivant et arts visuels. Les New Settings soufflent leur 10e bougie avec un programme étendu sur toute la saison.

Photo © Sanja Marušić / Lambert-Lambert

Photo © Sanja Marušić / Lambert-Lambert

Dédiés à la création contemporaine, les New Settings, soutenus par la Fondation Hermès, accordent une place privilégiée à la création « buissonnière » avec des créations où spectacle vivant et arts visuels sont étroitement associés. Entre octobre 2020 et juillet 2021, trois temps forts sont prévus.

Les spectacles font l’objet d’un appel à projets international et les artistes, de tous horizons, sont accompagnés dans leur création jusqu’à la programmation. L’audace des projets, leur caractère innovateur, les collaborations inédites qu’ils instituent, le terrain d’expérimentation qu’ils constituent sont les principes qui guident le choix des spectacles qui sont présentés en région parisienne. Le Théâtre de la Cité internationale, le Festival d’Automne à Paris, le Théâtre de la Ville, Nanterre-Amandiers, centre dramatique national, ainsi que la MC93 à Bobigny sont les partenaires de cette programmation.

Théo Mercier & Steven Michel, Big Sisters © Erwan Fichou

Théo Mercier & Steven Michel, Big Sisters © Erwan Fichou

Un automne riche et diversifié

Six créations marquent le début de saison 2020-2021.

Théo Mercier & Steven Michel, Big Sisters

Après Affordable Solution for Better Living (Lion d’argent à la Biennale de danse de Venise en 2019) dans laquelle ils exploraient l’identité masculine, c’est à la femme et à ses représentations que Théo Mercier et Steven Michel s’attachent. Quatre danseuses âgées de 23 à 65 ans (Laura Belgrano, Lili Buvat, Marie de Corte et Mimi Wascher) portent ce voyage dans le temps, les rituels et les fantasmes féminins. Entre autoportraits et portraits mis en scène, cette fresque à l’hybridité revendiquée prend appui sur le texte Les Guérillères, épopée utopique de Monique Wittig (1935-2003) qui fait le récit d’une communauté en lutte.  Big Sisters joue avec les styles. Tout en s’appropriant les codes du film expérimental, le spectacle flirte avec la science-fiction et la reconstitution historique. Plasticien et metteur en scène français, Théo Mercier, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, mène une réflexion située au carrefour de l’anthropologie, de l’ethnographie, de la géopolitique et du tourisme. Danseur et chorégraphe français, Steven Michel, passé par le mime, la percussion et la danse, explore les correspondances entre la science et la fiction, le miniature et le monumental, l’harmonie et le chaos, l’œil et l’oreille, l’analogue et le digital.

Clédat & Petitpierre, Les Merveilles © Yvan Clédat

Clédat & Petitpierre, Les Merveilles © Yvan Clédat

Clédat & Petitpierre, Les Merveilles

Qu’ont en commun l’Histoire naturelle de Pline L’Ancien, le tympan de la basilique de Vézelay ou encore le Livre des Merveilles de Marco Polo ? Tous font référence à des populations fantasmagoriques. Le duo Clédat & Petitpierre en réunit trois spécimens dans Les Merveilles. Dans un décor végétal géant cohabitent un Panotii pourvu d’immenses oreilles, un Sciapode caractérisé par son pied unique et un Blemmye qui, acéphale, arbore son visage sur son torse. Ces créatures tout droit sorties de la Chronique de Nuremberg (1493) avaient déjà fourni à Umberto Eco la matière de son Baudolino, où le jeune héros, lancé à la poursuite de l'hypothétique Prêtre Jean, croisait toutes sortes de personnages étranges et fabuleux. Entre rêve et poésie, Yvan Clédat et Coco Petitpierre réactualisent à leur tour l’imaginaire médiéval, avec ses créatures monstrueuses qui peuplent les récits de voyage. Ils proposent une savoureuse immersion dans une micro-communauté aux corporalités perturbées, aussi troublante que cocasse. Sculpteurs, performeurs et metteurs en scène, ils interrogent tour à tour l’espace d’exposition et celui de la scène au fil d’une œuvre protéiforme et amusée, dans laquelle leurs propres corps sont régulièrement mis en jeu.

Euripides Laskaridis, Elenit

Une diva grotesque, un dinosaure juché sur des talons, des messieurs interchangeables, une fillette narcoleptique figurent parmi les dix personnages hauts en couleur sortis de l’imagination débridée d’Euripides Laskaridis. Au pied d’une éolienne, couleurs et lumières inondent la scène dans un chaos savamment construit à partir de rebuts, d’objets détournés et de matériaux recyclés. Elenit, dont le sous-titre est « The things we know we knew are now behind », oriente le spectacle, par-delà sa puissance burlesque, vers les enjeux globaux qui nous font obstacle. Prouesses et cocasseries se succèdent dans un tourbillon créatif puisant autant dans la tragédie grecque que dans l’opéra ou la musique. Deux principes forgent l’identité artistique du metteur en scène et performeur grec Euripides Laskaridis qui a collaboré avec des metteurs en scène comme Dimitris Papaioannou ou Robert Wilson : le ridicule et la métamorphose.

Euripides Laskaridis, Elenit © Julian Mommert

Euripides Laskaridis, Elenit © Julian Mommert

Meg Stuart, Cascade

En « cascade », Meg Stuart (Lion d’or de la Biennale de danse de Venise en 2018 pour l’ensemble de son œuvre) et sept danseurs se mettent en quête d'un passage secret dans le temps, d'un nouveau terrain de jeu ou peut-être d'un refuge – avec la complicité de Philippe Quesne qui signe la scénographie. Ce qui les perturbe devient une force motrice : les courses et chutes se succèdent, les corps perdent leurs repères, les principes sont bouleversés, voire interrompus. Un rituel qui épuise la crainte et la nécessité du contrôle. Un abandon, à dimensions multiples, à l’amour et à ce que nous ignorons de l’autre. Une chute libre dans l’effondrement du temps, avec la musique de Brendan Dougherty, interprétée en direct.  Danseuse et chorégraphe américaine, Meg Stuart s’intéresse aussi bien aux solos, aux chorégraphies de grand format, aux créations in situ qu’aux improvisations, qui explorent l’idée d’un corps plongé dans l’incertitude, à la fois vulnérable et tourné vers l’introspection. En perpétuelle mutation, sa pratique artistique est guidée par le désir de créer un langage propre construit avec des artistes issus d’autres disciplines et ouvert à de nouveaux territoires. 

Ann Van den Broek, Memory Loss

Depuis 2018, Ann Van den Broek et sa compagnie WArd/ waRD mènent un travail au long cours consacré au phénomène de la démence et de la perte de la mémoire. Memory Loss est le 3e et dernier volet de ce cycle. La chorégraphe flamande met en scène le processus irréversible de l’oubli de soi par-delà les tabous, de l’effacement des souvenirs et de la personnalité caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. L’identité de certains interprètes se dilue face au public, au cœur d’un dispositif associant textes, mouvements, musique et vidéo qui se densifie entre réalité et illusion. Le travail d’Ann Van den Broek s’ancre dans l’observation de la nature humaine. Ses créations sont par ailleurs marquées par une pluridisciplinarité croissante.

Joris Lacoste, Suite n°2, 2015 © Jose Caldeira

Joris Lacoste, Suite n°2, 2015 © Jose Caldeira

Joris Lacoste, Ictus, Pierre-Yves Macé & Sébastien Roux, Encyclopédie de la parole, Suite n°4

Depuis 2007, le collectif de l’Encyclopédie de la parole explore l’oralité sous toutes ses formes à partir d’un corpus d’enregistrements sonores, prélevés dans le quotidien, qui constituent la matière première de pièces, performances, concerts et installations. Pour le dernier spectacle de la série des Suites, l’Encyclopédie de la parole choisit de faire entendre directement ses archives sonores. Dépourvu d’incarnation scénique, ce quatrième volet repose sur l’orchestration des voix d’origine : les paroles sont sonorisées par Sébastien Roux, tandis que la partition instrumentale de Pierre-Yves Macé, interprétée par sept membres de l’ensemble Ictus, soutient les timbres, accents, rythmes des voix. Une composition graphique jouant sur les surtitres habite la scène. Un dispositif radical qui intensifie l’écoute de la parole humaine aux modulations aussi infimes qu’infinies.

Joris Lacoste écrit pour le théâtre et la radio depuis 1996 et réalise ses propres spectacles depuis 2003.Ictus est un ensemble de musique contemporaine bruxellois, qui cohabite depuis 1994 avec l’école de danse Performing Arts Research and Training Studios (P.A.R.T.S.) et la compagnie Rosas dirigée par Anne-Teresa De Keersmaeker. Le compositeur Pierre-Yves Macé travaille la musique au croisement de l’écriture contemporaine, la création électroacoustique, l’art sonore et d’une certaine sensibilité rock. Sébastien Roux explore les questions de l’écoute, de l’espace sonore et de la composition à partir de contraintes formelles.

Vincent Dupont, Cinq apparitions successives © Marc Domage

Vincent Dupont, Cinq apparitions successives © Marc Domage

Le printemps et l’été 2021

Le printemps 2021, au Théâtre de la Cité internationale, est placé sous le signe des arts plastiques. Dans Cinq apparitions successives, c’est grâce à une technologie évanescente que le chorégraphe Vincent Dupont consolide paradoxalement sa déclinaison dansée sur l’apparition. En transposant sur scène son dispositif filmique, Ariane Loze se frotte, avec Bonheur Entrepreneur, à la contrainte du temps du spectacle tandis que, dans sa réflexion sur La Valeur de la vie, Julien Prévieux traduit chorégraphiquement notre rapport absurde aux chiffres.

L’été  est consacré à des spectacles dont les processus de création explorent différentes façons de traiter l’image : à partir des souvenirs d’œuvres antérieures dans le Without References de Cindy Van Acker, ou sous la forme d’une expérience cinématographique, qu’elle soit appliquée aux mouvements du corps chez Marco da Silva Ferreira & Jorge Jácome dans Siri, ou qu’elle renouvelle l’écriture théâtrale chez Cyril Teste qui s’empare de La Mouette.

CALENDRIER DES SPECTACLES

Automne 2020

Du 21 au 25 octobre 2020, Théo Mercier & Steven Michel, Big Sisters Au Centre Pompidou (Paris). Avec Nanterre-Amandiers, centre dramatique national • 20 h 30 (du 21 au 24 octobre) ; 17 h (25 oct.)

Du 5 au 7 novembre 2020, Clédat & Petitpierre, Les Merveilles Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). • 19h

Du 5 au 7 novembre 2020, Euripides Laskaridis, Elenit Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). Avec le Théâtre de la Ville. • 20h30

Du 12 au 14 novembre 2020, Ann Van den Broek, Memory Loss Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). • 20h30

Du 12 au 18 novembre 2020, Meg Stuart, Cascade À Nanterre-Amandiers, centre dramatique national. Avec le Festival d’Automne à Paris • 12, 13, 16, 17 & 18 novembre à 20 h 30 ; 14 nov. à 20 h ; relâche le 15 nov.

Du 19 au 22 novembre 2020, Joris Lacoste, Ictus, Pierre-Yves Macé & Sébastien Roux,

Encyclopédie de la parole, Suite n°4 À la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis (Bobigny). Avec le Festival d’Automne à Paris • 19 & 20 novembre à 20h ; 21 nov. à 18h ; 22 nov. à 19h

Printemps 2021

4 & 5 mars 2021, Vincent Dupont, Cinq apparitions successives Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). • 20h30

11 & 12 mars 2021, Ariane Loze, Bonheur Entrepreneur Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). • 19h

11 & 12 mars 2021, Julien Prévieux, La Valeur de la vie Au Théâtre de la Cité internationale (Paris). • 20h30

Été 2021

18 & 20 juin 2021, Cindy Van Acker, Without References À la MC93 Maison de la culture en Seine-Saint-Denis (Bobigny) • 18 & 19 juin à 20h30 ; 20 juin à 15h

Du 25 au 30 juin 2021, Cyril Teste, La Mouette À la MC93 Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis (Bobigny) • 25, 29 & 30 juin à 20h ; 26 juin à 18h ; 27 juin à 16h

Du 1er au 3 juillet 2021, Marco da Silva Ferreira & Jorge Jácome, Siri Au Théâtre des Abbesses (Paris). Avec le Théâtre de la Ville. • 20h

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