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Arts-chipels.fr

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Dedans-dehors, entre poire et fromage mais pas sabre et goupillon, nous voici autorisés à pointer le bout d’un nez qui va s’allongeant, toutes narine dehors. Un retour « à la normale » qui a tout d’un entre-deux parfois déstabilisant et source de problèmes.

Les parcs et jardins ont rouvert à Paris. On a reçu l’injonction de revenir dans les boutiques, de dépenser l’argent engrangé au cours de ces mois d’économies forcées faute de sollicitations. Il n’empêche que la reprise ne cesse d’être assortie de conditions dont on ignore encore ce qu’elles engendrent. On ne quitte pas le nid, forcément douillet, du foyer familial sans mesures drastiques des entreprises, reprises progressives sur le lieu de travail, analyse attentive et au jour le jour de l’évolution de la situation…

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Je sais pas vous mais je crois que c’est pareil…

On surveille la moindre toux, on guette le moindre signe d’enrouement qui naît de l’exposition prolongée au grand air et du passage, dehors, sur la peau enfin découverte et livrée aux rayons d’un soleil revigorant, du midi à une nuit encore un peu fraîche. Après avoir contemplé d’un air envieux la lumière crue tombant du ciel, on passe enfin sous sa chaleur bienfaitrice. Non sans crainte car partout s’opèrent de petits regroupements humains qui ne respectent pas toujours les consignes. Le soir résonne d’éclats de rires et d’interpellations joyeuses, le ronronnement inconvenant et intempestif des véhicules a repris sa place dans notre univers sonore. On en viendrait presque parfois à regretter le minimalisme des semaines passées ! Mais la parenthèse se referme – on l’espère pour longtemps – et c’est tant mieux. Même si les amateurs de sensations fortes, au Japon, sont priés de ne pas crier de peur dans les montagnes russes ou les trains fantômes…

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Et pourtant ils rouvrent…

Comme la Terre tourne, les salles de spectacle, où le public reste persona non grata, se mettent en ordre de marche pour accueillir des événements destinés à ce public dont l’absence rend plus rouge le fond de l’air de la salle. L’Olympia accueille un show télévisé caritatif au profit d’Emmaüs, la salle Cortot crée un hommage à Beethoven destiné à la retransmission, les répétitions reviennent dans les salles… On se réjouit des réouvertures progressives de musées même si on redoute les queues interminables et la promiscuité même régulée. Les optimistes ont commencé à proposer à nouveau films et spectacles. Certains avancent même l’idée de festivals d’été. Chacun cherche le moyen de contourner la difficulté de la distanciation « sociale » et on peut sans se tromper gager que l’inventivité sera au rendez-vous. La Belle au bois dormant que nous sommes a – enfin – reçu le baiser salvateur. Elle s’ébroue comme un jeune chien fou avant, peut-être, de laisser tomber son prince charmant au profit des nombreuses sollicitations qu’elle rencontre… Les prochaines semaines auront donc cet aspect de cul entre trois chaises mêlant événements « visibles » en chair et en os par le public, retransmissions passant par la Toile, mais cette fois-ci de manifestations au présent, retrouvailles post-confinement en train de se faire, et rediffusions et restitutions plus anciennes… Les trois seront tout autant bienvenus. En attendant, lire, réfléchir et jouer les promeneurs solitaires est toujours d’actualité, et cette chronique toujours la même invitation à voyager ailleurs, à titiller sa curiosité, à explorer de nouveaux territoires.

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Sourire, dites-vous…

Sourire est devenu un exercice moins évident avec le port du masque, du moins quant à sa perception par l’interlocuteur. La revue Hérodote rappelle fort à propos que le sourire n’a pas toujours été une évidence dans nos représentations artistiques. On se souvient du rire proscrit dans le Nom de la Rose. Le sourire n’a pas été mieux loti. Les représentations de personnages souriants ne sont pas légion. Hérodote les passe en revue. L'article évoque le sourire béat, parce qu'ils sont en prière, des dignitaires de Mari (Syrie, XXIVe s. av. J.-C.), cette ville sumérienne située sur les bords de l'Euphrate,  l'absence quasi totale du moindre plissement du visage dans l'art antique égyptien, avant de s'attacher aux sourires légèrement narquois de la statuaire grecque « archaïque » et des élégants kouroi et des korè. Est-ce un hasard si on les trouve dans la patrie qui vit naître les grands genres théâtraux, hissés au rang de représentations sacralisées liées aux cultes et aux célébrations ? Si l’on saute au Moyen Âge, on retrouve le célèbre Ange au sourire de la cathédrale de Reims. Le sourire extatique rattache à la divinité avant que l’énigmatique sourire de Mona Lisa et les divinités bacchiques que réinvente la Renaissance n’introduisent la laïcité dans ce plissement délicat des lèvres. Cette présence épisodique du sourire ne doit pas faire oublier ses nombreuses absences. Liée au péché de gourmandise, sexuelle ou pas, la bouche souffre d’un lourd handicap. C’est donc lèvres serrées et coudes au corps, contraint et sérieux, que le portrait, signe ostentatoire de richesse et manifestation de pouvoir, se développe. C’est avec la scène de genre, au XVIIe siècle, en Flandres en particulier, que les personnages commencent vraiment à prendre des libertés qu'ils exerceront pleinement un siècle plus tard. Le XVIIIe siècle, plus hédoniste, donne enfin au mot « sourire » le sens de « prendre une expression rieuse ». Les romantiques, en revanche, plus soucieux de drame et de rêverie, ne lui feront, par la suite, pas vraiment de place. Au sourire, aristocratique, ils préféreront le grotesque et le rire, plus populaires, plus originels. Et lorsque se développe, face aux sujets d’histoire de la « grande » peinture, le désir d’illustrer la vie telle qu’elle est, le sourire persiste avec la même parcimonie dans la représentation des scènes familiales. Dépouillé de sa valeur mystique, débarrassé de son mystère, le sourire s'est mué en fait divers réduit à l'anecdote.

L’article d’Hérodote, lui, est livré partiellement. La suite n’est accessible qu’aux abonnés… https://www.herodote.net/Quel_cachottier_-synthese-2762-530.php

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Signe du temps : le masque, nouvelle source de pollution.

Le port du masque impose au sourire de se trouver une une dimension autre que buccale et inaugure une nouvelle forme de communication : on sourit avec les yeux, on se met à parler avec les mains. Mais il a d’autres effets, moins cocasses. Les masques chirurgicaux et FFP2 sont réalisés à partir de polypropylène, un polymère qui s’apparente à du plastique. Largement légitime sur un plan sanitaire, leur usage engendre une pollution sans précédent. Le polypropylène n’est pas biodégradable dans la nature, ni compostable. Il va se dégrader par l’action des UV, l’oxydation, dans un processus qui peut prendre des dizaines voire des centaines d’années. Sans qu’au final il soit complètement biodégradé. Les problématiques sont identiques à celles du sac plastique qui met près de 450 ans à se dégrader. Il faudrait les incinérer, comme le sont les déchets à risque des hôpitaux. Ce qui suggérerait d’organiser un ramassage spécifique comme pour les piles ou les batteries, avec évidemment des enjeux sanitaires, le nouveau coronavirus pouvant rester plusieurs jours sur la surface d’un masque. Dans un spot vidéo, le ministère de la Transition écologique rappelle, lui, qu’un masque usagé, tout comme les mouchoirs, les lingettes et les gants, doit être jeté dans un sac poubelle dédié et fermé. Ce dernier devra être conservé pendant 24 heures avant d’être mis dans le bac à ordures ménagères.

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Littérature : la dépouille de Montaigne identifiée ?

Tout commence en Dordogne dans le château de Michel de Montaigne. Le philosophe y a vécu les vingt dernières années de sa vie. Il y a notamment écrit ses fameux Essais. Mort en 1592, l'écrivain est inhumé dans un couvent en 1593 à Bordeaux. Mais depuis quatre siècles, l'endroit a changé. La sépulture a été déplacée puis oubliée. Le musée d'Aquitaine s'est installé dans l'ancien couvent. Un jour, un cercueil est extrait des caves du musée. Les spécialistes pensent qu’il pourrait s’agir de la dépouille de Montaigne. Il n'y a plus qu'à ouvrir et faire une analyse des restes du grand homme. Mais las, dans le cercueil se trouve une deuxième enveloppe, de plomb, malaisée à ôter. C’est lorsqu’on l’aura détachée qu’on pourra procéder à l’identification du corps en utilisant les informations qu'on possède sur les problèmes de santé que rencontrait l’écrivain (des calculs rénaux) et en comparant son ADN à celui de sa descendance. S’il s’avère qu’il s’agit bien du philosophe et littérateur, sa tombe n’aura pas loin à aller pour entrer au musée…

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Archéologie : des mosaïques romaines sous un vignoble du Nord de l’Italie

Le valpolicella, ce vin rouge d'appellation contrôlée élevé en Vénétie, risque-t-il de voir sa superficie grignotée par des fouilles archéologiques ? Des archéologues ont découvert des mosaïques romaines parfaitement conservées sous des vignes du Nord de l'Italie, sur la commune de Negrar di Valpolicella, près de Vérone. Les somptueuses mosaïques aux couleurs rouge, gris, blanc et marron ayant conservé toute leur vivacité et aux dessins géométriques, partiellement mises au jour, pourraient être celles d'une villa romaine du IIIe siècle, évoquée par des archéologues depuis 1922. Les mosaïques, retrouvées dans un lieu surnommé la Villa, sont la première grande trouvaille. L'archéologue municipal Gianni de Zuccato raconte qu'il a eu l'impression « d'entrer dans une machine à remonter le temps ». « C'était une sensation incroyable », s'est ému l'archéologue, qui date les mosaïques à 250-400 ans après J.-C. « Je me suis senti comme un petit enfant, retournant dans le passé, imaginant l'époque, les personnes qui vivaient là ». D'une possible superficie de 300 m2, la partie mise au jour n’est qu’une partie de la villa, qui pourrait comporter environ 1 000 m2 de bâtiments. D'autres villas et édifices pourraient se trouver à proximité. Mais la question du financement des fouilles se pose…

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Jazz et classique, dialogues et correspondances

Les amateurs de musique le disent : le jazz a plus à voir avec la musique classique que le rock n’roll. On connaît l’appétence des musiciens « classiques » pour le jazz. Claude Debussy compose par exemple Golliwog's Cake-Walk en 1907, Igor Stravinsky dédia Piano Rag Music à Arthur Rubinstein, Maurice Ravel créé un blues, Dmitri Chostakovitch compose deux deux Suites de jazz et Darius Milhaud se laisse séduire par les rythmes afro-américains.  Ces sons venus d’ailleurs et les improvisations fabuleuses qu’il inspirent apportent un vent de liberté dans la composition musicale. À leur contact les règles d’harmonie s’assouplissent, la dissonance se développe, la musique glisse et dérape. On sait également combien la fusion du classique et du jazz doit à Gershwin à partir des années 1920. Si Duke Ellington a popularisé l’existence d’une forme de jazz pour grands orchestres analogues aux grandes formations orchestrales classiques, lui donnant ses lettres de noblesse et la valeur d’une musique à part entière, le jazz s’est d’abord défini comme une musique nouvelle, détachée de son illustre et trop vieille aînée. Mais les frontières devinrent poreuses et la circulation se fait aujourd’hui dans les deux sens. Les musiciens de jazz, tels Keith Jarrett et Chick Corea, n’hésitent pas à offrir un concert purement classique en reprenant des concertos de Mozart. Astor Piazzolla et Richard Galliano reprennent, au bandonéon ou à l’accordéon, Bach ou Vivaldi en les adaptant pour leur instrument parfois même sans en changer la rythmique. Bill Evans prend des cours avec Nadia Boulanger et Charlie Parker, à la fin de sa vie, étudie l’harmonie classique Quant à Wayne Shorter, il affirme en 2004, avoir deux oreilles qui lui racontent deux histoires : Mozart et Stockhausen dans l'une, Coltrane et Coleman dans l'autre. Dans cette ère postmoderne où présent et passé entretiennent une relation étroite, les compagnies de disques sont partie prenante et Louis Sclavis propose des Violences de Rameau tandis que Jan Garbarek plonge au cœur des polyphonies médiévales avec l’Officium.

La suite d’extraits présentés ici s’intéresse aux reprises par les musiciens de jazz de morceaux classiques : soit en les jouant – presque – sans les modifier, ce qui n’est pas toujours facile pour certains d’entre eux qui éprouvent une vraie difficulté à se glisser dans les chaussons de leurs grands aînés ; soit en en reprenant les thèmes, qu’ils explorent ensuite de manière plus ou moins proche avec beaucoup de talent.

Coronavirus an 01, 21e livraison. L’appel du dehors

Keith Jarret et Chick Corea jouent Mozart:  The Piano Concerto No.10 in E-Flat major for two piano KV365 (361a) avec le lien https://www.youtube.com/watch?v=2S1iHZEQXrE ou en version complète (mais avec du souffle hélas) sur https://www.youtube.com/watch?v=EuMzOCpQRt0

Le Concerto K 467 https://www.youtube.com/watch?v=g-x620NJvWw

Le Concerto n° 23 en la mineur K 488 (allegro), avec le New Japan Philharmonic sur https://www.youtube.com/watch?v=aNXOLnebuOI

Richard Galliano s’empare des Quatre saisons de Vivaldi

https://www.youtube.com/watch?v=gfejYXzCai0

Le Printemps : https://www.youtube.com/watch?v=ZC7SGGvofDs

Avec son 6tet https://www.youtube.com/watch?v=KPynrJDjW1g

Et de Jean-Sébastien Bach (différents morceaux), dans une version avec un quintette à cordes dans un enregistrement live dans le cadre du Nancy Jazz Pulsations 2010 https://www.youtube.com/watch?v=GyrM5YmXGJI. (La suite des morceaux s’inscrit davantage dans le style qu’on connaît de Galliano et qu’on aime bien sûr pour son goût de la syncope et sa rythmique)

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De l’adaptation à l’interprétation

Mais, le plus souvent, les musiciens de jazz qui se sont intéressé aux compositeurs classiques leur ont emprunté des thèmes qu’ils ont développé à leur propre manière avec des fortunes diverses. Si l’adaptation que fait Chick Corea de Chopin (https://www.youtube.com/watch?v=AZUiJkmtX78) semble pauvre en regard de l’œuvre du compositeur romantique, comme si le musicien hésitait à prendre cette musique à bras-le-corps pour la faire sienne sans toutefois s’empêcher de la jouer telle qu’elle fut écrite, il n’en va pas de même de bien d’autres. Avant de vous proposer quelques morceaux à écouter, je souhaite rendre à César ce qui lui appartient en citant l’un des articles dans lesquels j’ai puisé une partie des liens musicaux : https://www.profession-spectacle.com/dix-magnifiques-versions-jazz-de-celebres-musiques-classiques/ Les dix extraits sélectionnés par ce site sont d’une grande qualité et je les ai empruntés sans vergogne, en en ajoutant quelques-uns.

Les Nocturnes de Chopin et les interprétations de Bach par Jacques Loussier. Ce musicien, habitué des reprises de classiques avec son trio, interprète ici en solo un morceau de Chopin, très proche de sa version originale. Il en conserve l’émotion tout en lui donnant une animation plus prononcée : https://youtu.be/zVTR-9HyjPA. Jacques Loussier fait également, avec son Trio, une intéressante adaptation des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach, également assez proche de la version d’origine, où le commentaire discret de la contrebasse et des percussions épousent le subtil décalage qu’introduit progressivement l’interprétation pianistique qui cite ses sources comme il est d’usage dans le jazz au début du morceau avant de prendre un large plus rythmé mais tout aussi délié https://www.youtube.com/watch?v=CL5_DIPpNvg. À écouter aussi, son adaptation passionnante du Concerto pour piano BMW 1052, très « gouldesque », où alternent rythmes jazzy très entraînants et délicatesse pleine de subtilité et qui est une véritable recréation : https://www.youtube.com/watch?v=gR1lxLGf_ms

Le Concerto n°2 de Prokofiev, par le Troy Roberts Quartet

Dans cette reprise créative et très enlevée du Concerto n° 2 pour piano de Prokofiev, le saxophone s’approprie librement dans une des parties la mélodie du piano. Du jazz à part entière qui se rapproche du free sans toutefois le devenir. https://youtu.be/orYaVrNaJxk

L’European Jazz Trio reprend le Clair de lune de Debussy

Le Clair de lune de Claude Debussy est une pièce extrêmement fluide et dépouillée. La version qu’en donne l’European Jazz Trio, peu éloignée de l’original, répond délicatement à des parties classiques du morceau, introduisant un commentaire tout en douceur qui en dessine des prolongements dans l’imaginaire.  https://youtu.be/F0MV6mwVQfo

Rachmaninov bien reconnaissable mais de loin

La version très enlevée du Concerto n°2 de Rachmaninov, quoique très éloignée est reconnaissable dans cette version du Classical Jazz Quartet, mais elle fonctionne merveilleusement, comme une œuvre à part entière. https://youtu.be/zRCshntfyiA

Bach par Eugen Cicero

Eugen Cicero interprète des fugues et toccatas de Johann Sebastian Bach, en passant de l’une à l’autre avec beaucoup d’aisance et assez de fidélité. Il interprète de manière jazz et avec beaucoup de virtuosité et de vivacité la musique du grand compositeur allemand. https://youtu.be/0Ap-RF_b9fg

La 2e Sonate « Pathétique » de Beethoven par le Hiromi Uehara Trio

On est ici da ns le domaine de la relecture complète. Quelques bribes surgissent, qui rappellent d’où vient l’inspiration d’Hiromi Uehara. Cette pianiste a toujours mêlé le classique et le jazz, effectuant des tournées dans les deux genres musicaux. Elle nous livre ici une version très personnelle et très intéressante de la sonate de Beethoven. https://youtu.be/rCp3qGzkxig

Les Klazz Brothers, Mozart et les rythmes cubains

Mozart revu et corrigé avec des percussions cubaines. Ça pulse ! https://www.youtube.com/watch?v=Pc4WyNBsuXk

Django Reinhardt et ses complices face à Bach

Django Reinhardt, Eddie South et Stéphane Grappelli improvisent sur le premier mouvement du Concerto en ré mineur de Bach, dans un style manouche qui cite son modèle baroque tout en s’en écartant. Délicieux. https://youtu.be/kZZr1nP9nCA

Uri Caine interprète la Symphonie n°5 de Mahler

L’adagietto funèbre de Mahler devient à la trompette une plainte dans un monde chaotique et plein d’affliction dans lequel se perd et se désagrège la mélodie qui finit par céder la place à une rythmique plus purement jazzique. À la marche résignée de la symphonie, il oppose la violence discordante et la douleur. https://youtu.be/jwWu3DGB5f0

Les suites de Peer Gynt par Duke Ellington

Duke Ellington a repris les compositions d’Edvard Grieg pour sa pièce Peer Gynt. Cette interprétation d’« Au matin » reprise à tour de rôle par les instruments de l’orchestre reste, d’une certaine manière, assez fidèle, à la pièce de Grieg et à sa grande douceur. https://youtu.be/1mne1rQ0rcw

L’Officium novum de Jan Garbarek

Une interprétation au saxophone qui développe une longue mélopée accompagnée par la modulation polyphonique des voix d’hommes du Hilliard Ensemble qui occupent les différents registres. Le saxophone répond aux voix, créant une osmose complète entre la musique grégorienne de Pérotin (fin du XIIe siècle) et le jazz. Magique. https://www.youtube.com/watch?v=4aRMvRK3jyU. Une autre version, plus tardive : https://www.dailymotion.com/video/x2yxbdu

 

 

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Astor Piazzola, un maître incontesté

Le joueur de bandonéon à vous arracher l’âme a envers Jean-Sébastien Bach une fidélité qui n’a d’égale que sa manière de recréer en permanence la musique qu’il emprunte à Bach. Il retient du compositeur baroque l’un de ses aspects, souvent masqué par la mécanique mathématique implacable de sa musique : la plainte qui s’exprime en sous-texte dans cette musique et s’élève dans le silence de la foi. Elle acquiert chez Piazzolla la dimension d’une lamentation déchirante d’une beauté foudroyante. Les morceaux à écouter sont légion : Triunfal & Prélude BWV 869  https://www.youtube.com/watch?v=hVbLnaupgmI,

Preludio 9 (Astor Piazzola) & Adagio Toccata BWV 564 (Jean-Sébastien Bach) https://www.youtube.com/watch?v=_xQmVxVV-Is

Johann Sebastian Bach / Astor Piazzolla: Fuga del Ángel

https://www.youtube.com/watch?v=JXfr0Z3TRMI

Piazzolla a également cheminé au côté de Vivaldi. On gardera en  mémoire Astor Piazzolla, Verano Porteno – Summer (Les 4 Saisons) d’après Vivaldi. Tout simplement fabuleux !  https://www.youtube.com/watch?v=Eu7oEssh9q4

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La langue par Michel Feltin-Palas. Cette semaine : une voilure mondiale

La chronique de Michel Feltin-Palas prend le large et goûte aux brises exotiques du livre de Jean-Pierre Minaudier, Poésie du gérondif (Le Tripode), dont l’invitation au voyage est une incitation à la découverte des différences qui donnent à chaque langue sa saveur acidulée et mouvante. Au-delà de leur structure, souvent considérée par leur apprentissage dans une neutralité syntaxique dépourvue de signification, elles sont avant tout les reflets d’un mode de pensée, d’une civilisation, d’une société. Dis-moi comment tu t’exprimes et je te dirai qui tu es. Tous ceux qui pratiquent des langues étrangères le savent, quand ils n’ont pas seulement acquis l’usage de la langue comme des perroquets savants mais comme des êtres pensants. Les deux langues distinctes – des hommes et des femmes – du japonais ou les six degrés de politesse du coréen vont de pair avec les quelques dizaines de mots utilisés en islandais pour qualifier la glace ou les sept impératifs du tariana d’Amazonie. Plus près de nous, la manière dont les Allemands chassent le verbe à la fin de la phrase qui nous contraint à écouter la phrase jusqu’au bout est aussi éclairante que le sens minimaliste de l’anglais qui distingue peu le masculin du féminin ou réduit sa temporalité au minimum, privilégiant la compréhension d’après le contexte. Fascinantes différences qui révèlent non seulement une organisation de la vie sociale mais des modes de pensée. Ainsi en est-il aussi, pour l’écriture, des formes alphabétiques, quel que soit le nombre de lettres utilisées, confrontées aux formes idéogrammatiques, qui reprennent le principe du jeu de construction, de l’addition qui fait sens sans nécessairement passer par la chaîne sujet-verbe-complément. On n’en finirait pas de gloser et de s’émerveiller de l’inventivité des langues adaptées à l’usage social qui en est fait. Aller plus loin en analysant les métaphores et les structures de la pensée poétique à l’échelle mondiale serait sans doute passionnant À quand un colloque ou un livre sur le sujet ?

Rappelons l’inscription à la newsletter de Michel Feltin-Palas : https://event.lexpress.fr/inscription-lettre-info-sur-le-bout-des-langues

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Jeunes pianistes

Ils ont parfois moins de vingt ans, ou entre vingt et trente, et révèlent déjà une sensibilité et une finesse d’interprétation exceptionnelles. Petit florilège de la semaine.

Alexander Malofeev joue Rachmaninov (Étude op. 39 n°6). Il a moins de vingt ans et est déjà un bel interprète de Rachamaninov. 1er Prix et médaille d’or du Concours international Tchaïkovski en 2011, ce jeune talent, pur produit de l’école russe à la très blonde chevelure, n’est pas qu’un jeune prodige. La précision de son toucher va de pair avec une grande maturité musicale… https://www.youtube.com/watch?v=TWnHz5LirN0. Du même interprète, le Concerto n°2 du même compositeur avec le Philharmonique de la mer Baltique https://www.youtube.com/watch?v=0CW6cxApOBg ou encore le Concerto en fa de Georges Gershwin (sous la direction de Mikhail Pletnev) https://youtu.be/n7FgHbBwuSs

Dans la même veine, à peine plus âgé, on remarquera Alexandre Kantorow. Il baigne dès l’enfance dans la musique avec une mère violoniste et un père chef d’orchestre. Son interprétation ample et subtile est portée par un souffle profond. On peut écouter son interprétation magnifique de la Danse macabre de Camille Saint-Saëns : https://www.youtube.com/watch?v=VUtA5jlpGjw ou, du même compositeur, le Concerto pour piano n°5 op. 3 https://www.youtube.com/watch?v=5y23f_fCSTo, des extraits de son récital à La Roque d’Anthéron avec, en particulier, la Danse infernale de l’Oiseau de feu de Stravinsky https://www.youtube.com/watch?v=2Il5h_jemOs ou encore le Concerto pour piano n°2 en la majeur op. 125 de Franz Liszt https://www.youtube.com/watch?v=8B1vAkkv0Wo

Lucas Debargue, lauréat du Prix Cortot 2016, se distingue par son approche très personnelle et habitée de la musique : Sonate en si mineur de Liszt et les Sonates K 208 et K 24 de Scarlatti qu’il fait échapper à l’exercice pianistique virtuose. Une belle musique, profonde et inspirée, fine et contrastée https://www.youtube.com/watch?v=AonLtK5YDcI .Très intéressant également, le sautillant, insolite, hétéroclite musicalement et venté Concerto n°1 en sol majeur de Ravel https://www.youtube.com/watch?v=PYvotxJqIbs. Fauré et Scarlatti sont au même programme…

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Sorties de confinement sans public

La question de la sécurisation du public dans les salles de spectacle s’avérant encore par trop hasardeuse, ce sont les musiciens et les acteurs qui investissent physiquement les scènes et proposent au public de partager le travail en train de se faire.

Beethovenfest à Paris salle Cortot les 28 et 29 mai. Cinq concerts post-confinement mais sans public. Pour célébrer le 75e anniversaire du compositeur, une série de cinq concerts de musique de chambre a été imaginée par la violoniste Liya Petrova. Elle a convié une vingtaine de musiciens remarquables tous âgés d'une trentaine d'années, tels le pianiste Alexandre Kantorow, le violoncelliste Victor-Julien-Laferrière ou les quatuors Zaïde et Arod, pour célébrer le compositeur et la reprise de la musique vivante. France Musique et Culturebox seront présents pour capter des deux journées de retrouvailles musicales et pour les diffuser. L'idée de ce festival lui est venue pendant le confinement, avec comme objectif que les musiciens puissent rapidement partager la musique à nouveau. Du côté de la direction de la salle Cortot, en lien avec les équipes de Radio France pour la captation audio et de France Télévisions pour la vidéo, il a fallu réfléchir aux contraintes de succession des plateaux des musiciens, à la désinfection du piano et des pupitres ou à l'accueil des équipes techniques. Sur scène, les musiciens respecteront une distance d'au moins 1,50 m entre eux et expérimenteront de nouvelles façons de se disposer afin de trouver la meilleure qualité sonore possible, comme jouer en cercle plutôt qu'en ligne. Les concerts de la

Beethovenfest Parisienne à la salle Cortot seront à écouter sur France Musique (https://francemusique.fr) du 15 au 17 juin et à voir sur Culturebox (https://www.france.tv/spectacles-et-culture/) les 9, 10, 16, 17 et 18 juin. 

Programme des concerts de la BeethovenFest Parisienne :

  1. Sonate pour violoncelle et piano no2, op.5 no2 Victor Julien Lafferière, violoncelle Jonas Vitaud, piano. Trio pour piano no1, op.1 no1 Alexandre Kantorow, piano Liya Petrova, violon Aurélien Pascal, violoncelle 
  2. Sonate pour piano no17, op.31 no2 « La tempête » Nathanael Gouin, piano. Sonate pour violon et piano no10, op.96 Pierre Fouchenneret, violon Julien Gernay, piano
  3. Sonate violon-piano no7 op.30 n°2 Liya Petrova, violon Nathanael Gouin, piano. Quatuor à cordes op.59 no1 « Razumovsky » Quatuor Arod
  4. Sonate violon-piano no5, op.24 « Le printemps » Mi-Sa Yang, violon Jonas Vitaud, piano. Quatuor à cordes op.18 no3 Quatuor Zaide
  5. Sonate violoncelle et piano no3 François Salque, violoncelle Théo Fouchenneret, piano. Trio Les esprits op.70 no1 Mi-Sa Yang, violon Christophe Morin, violoncelle Julien Gernay, piano. Transcription de la Sonate à Kreutzer op.47 pour quintette à cordes Liya Petrova, violon Mi-Sa Yang, violon Sarah Chenaf, alto Victor Julien-Lafferière, violoncelle François Salque, violoncelle
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À la Philharmonie, l'Orchestre de Paris reprend les concerts en formation réduite et sans public

Formation réduite pour garder les distances de sécurité, captation diffusée sur internet, les musiciens de l'Orchestre de Paris ont recommencé à jouer ensemble in situ. Sans public pour l'instant. Avec un mètre cinquante entre les instruments à cordes, deux mètres entre les instruments à vents, des tissus au sol pour recueillir les postillons : avec son premier concert post-confinement, la Philharmonie de Paris a entamé la première étape d'un long retour à la normalité. Dans la grande salle Pierre Boulez mercredi 27 mai, les musiciens de l’Orchestre de Paris répètent dans une ambiance bon enfant entourés de techniciens et d'opérateurs masqués, quelques heures avant la diffusion de la captation sur Arte Concert et la plateforme Philharmonie Live. On sourit, on échange des blagues et on s'amuse même à s'applaudir un peu à la fin de chaque morceau face à une salle vide, excepté pour une poignée de journalistes. « Une grande bouffée d’air frais », confie à l'AFP Philippe Aïche, premier violon solo qui a suggéré le programme de ce concert à huis-clos.« On a indiqué le cheminement de la circulation (hors plateau), il y a des lingettes spécifiques pour nettoyer les instruments, les partitions sont des photocopies pour qu'elles ne passent pas de main en main et chacun a son pupitre », précise Laurent Bayle, directeur général de la Philharmonie.

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Wagner en mode protection

Le programme de ce premier concert est en mode dégradé, avec moins de 20 musiciens par morceau : 16 pour un extrait de l'opéra Parsifal de Wagner, 13 pour Siegfried-Idyll du même Wagner et 6 pour le sextuor de Capriccio de Richard Strauss. Pour l'extrait de Parsifal (une transcription pour orchestre de chambre), la distance entre les musiciens représentait un problème pour la cohésion de l’orchestre. Les musiciens ont demandé à Philippe Aïche de leur servir de chef d'orchestre. « Avec deux mètres (de distance), c'était extrêmement compliqué de garder le contact visuel et auditif entre musiciens », explique-t-il.

Un autre concert avec Renaud Capuçon et des concerts streamés

La Philharmonie de Paris va renouveler l'expérience jeudi avec le violoniste Renaud Capuçon et 22 autres instrumentistes sur Les Métamorphoses de Strauss. D'autres initiatives suivront à l'été. D'autres formations commencent à reprendre, comme l'Opéra de Dijon  qui offre depuis mercredi des concerts streamés ou encore les deux orchestres de Radio France qui proposeront un concert hebdomadaire en juin et juillet diffusé en direct sur France Musique et Arte Concert. Mais trois grandes inconnues demeurent. Quelle jauge pour les salles de concert ? Le public reviendra-t-il ? Et quand sera-t-il envisageable de reprendre les grandes symphonies, de Mahler, Wagner ou Bruckner ?

À huis clos, Clara & Robert Schumann par David Kadouch et le Quatuor Hermès. David Kadouch et le Quatuor Hermès vous invitent pour une soirée de musique de chambre à huis-clos, en direct de la Fondation Singer-Polignac. Débutant par le Nocturne de Clara Schumann, pianiste virtuose et compositrice, le concert se poursuivra avec deux compositions de son mari, Robert Schumann : l’allègre Quatuor avec piano en mi bémol majeur op. 47, et dans la même tonalité, le Quintette pour piano op. 44. https://www.medici.tv/fr/concerts/david-kadouch-hermes-quartet-play-schumann/

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Improvisation théâtrale avec Colors

Le spectacle d’improvisation culte du théâtre de la Pépinière (qui rouvrira ses portes le 4 octobre), accueille Tom Leeb, dont la performance sera retransmise en streaming en live, en temps réel et en interaction avec les spectateurs via Facebook et Instagram depuis le Théâtre de la Pépinière le 7 juin à 21h. Sur www.comotheatre.live . Bande-annonce : youtube.com/watch?v=dpTyVOifl4g

Les programmes de la semaine

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Brazil sans coronavirus sur France musique : jazz, pop et bossanova

https://www.francemusique.fr/emissions/retour-de-plage/retour-de-plage-du-mardi-06-aout-2019-74631#xtor=EPR-11-[meilleur]-20200522-[pos4]

Que d’eau, que d’eau ! Avec Brahms, Liszt, Chopin, Ravel, Debussy. Immersion garantie, toujours sur France Musique !

https://www.francemusique.fr/emissions/portraits-de-famille/que-d-eau-que-d-eau-62823#xtor=EPR-11-[meilleur]-20200522-[pos5]

Armide de Lully au Théâtre des Champs-Élysées. Mise en scène Robert Carsen. Direction William Christie • Les Arts Florissants. Décors et costumes Gideon Davey. Chorégraphie Jean-Claude Gallotta. Lumières Peter Van Praet & Robert Carsen https://vimeo.com/420982431/57bba9938d?utm_source=INFORMATION&utm_medium=EMAIL&utm_campaign=RP%2B-%2BDIFFUSION_ARMIDE

Rigoletto à l’Opéra de Paris. Du 1er au 7 juin. Un père meurtri face au corps sans vie de son enfant. Telle est la déchirante image fixée sur les dernières mesures de Rigoletto. Partant de ce drame, Claus Guth construit un spectacle où le bouffon revoit défiler sa vie, une humiliante farce que seule adoucissait la présence de sa fille. Hanté par l’indélébile souvenir de Gilda, Rigoletto la réentend s’éveiller à l’amour trompeur du duc de Mantoue : « Caro nome… ». Un chant candide, parmi les plus beaux que Verdi ait composés pour soprano.

https://www.operadeparis.fr/magazine/rigoletto-replay

Rappel - L’exposition Giorgio De Chirico à l’Orangerie

Un soupçon de peinture métaphysique ? Dans sa visite guidée commentée, le musée de l’Orangerie présente un parcours de l’œuvre de De Chirico, depuis ses débuts, avec ses rencontres (Picasso, Apollinaire, Magnelli, Archipenko…) jusqu’en 1920. La part la plus intéressante de l’œuvre…

https://www.musee-orangerie.fr/fr/node/1210/?fbclid=IwAR1AdjUvA8KNNCR6dKauVPcERY1Tc_QRXkrJACWRgwHRfUH8e_2hoDR45PY

Claude Monet (1840-1926) Les Promeneurs. Étude pour Le Déjeuner sur l’herbe, 1865 ; Washington, National Gallery of Art, Ailsa (© Washington, National Gallery of Art)

Claude Monet (1840-1926) Les Promeneurs. Étude pour Le Déjeuner sur l’herbe, 1865 ; Washington, National Gallery of Art, Ailsa (© Washington, National Gallery of Art)

Plein air, de Corot à Monet au musée des Impressionnismes de Giverny

Cette exposition a été annulée mais le musée présente une belle sélection de peintures en ligne, en partenariat avec Google Arts. Camille Corot, John Constable, Giuseppe de Nittis, Gustave Caillebotte, Eugène Boudin, Claude Monet… 50 peintures de paysages qui racontent la genèse de l'impressionnisme. Site : Musée des impressionnismes de Giverny. L’exposition était attendue au printemps. Elle devait retracer l'histoire de la peinture sur le motif, de la fin du XVIIIe siècle à la naissance de l'impressionnisme. Une cinquantaine de photos d'œuvres ont pu être présentées en haute définition : des tableaux qui devaient initialement être prêtés pour l'exposition, et puis d'autres dont les visuels ont été cédés par des institutions françaises, américaines, britanniques, italiennes, ou par des collectionneurs privés, explique le musée.

La peinture de plein air, aboutissement d’un long processus

L’exposition raconte comment la peinture en plein air, revendiquée par les impressionnistes dans le dernier quart du XIXe siècle, n'est pas une innovation mais l'aboutissement d'un long processus. Comment dès la fin du XVIIIe siècle, le paysage est devenu petit à petit un genre à part entière. D’abord décor utilisé pour inspirer un paysage historique composé par la suite dans l'atelier, le paysage était saisi sous forme d’esquisses sur papier croquées sur le motif. La pratique du plein air n'était pas aisée alors, avec du matériel lourd et encombrant, devant un paysage changeant rapidement au gré de la lumière.

L'exposition virtuelle du musée des Impressionnismes nous emmène à la fin du XVIIIe siècle en Italie où les artistes s'intéressent aux ruines, à la ville moderne ou à la lumière dans les nuages : Corot peint le Colisée ou les toits de Rome, l'Anglais Thomas Jones les maisons de Naples, Pierre-Henri de Valenciennes et Simon Denis les effets météorologiques, représentant de grands ciels. En Angleterre, dès le début du siècle John Constable peint la campagne, la mer et étudie les ciels. Il ne fait pas qu'esquisser, il peint dehors. En Italie, les « macchiaioli » (de macchia, tache), jeunes artistes qui refusent l'académisme, observent la lumière et font dans la nature toscane une peinture synthétique et contrastée.

Claude Monet (1840-1926) Les Promeneurs. Étude pour Le Déjeuner sur l’herbe, 1865 ; Washington, National Gallery of Art, Ailsa (© Washington, National Gallery of Art)

Claude Monet (1840-1926) Les Promeneurs. Étude pour Le Déjeuner sur l’herbe, 1865 ; Washington, National Gallery of Art, Ailsa (© Washington, National Gallery of Art)

L’avènement de l’impressionnisme

En France, Georges Michel exécute autour de Paris sur de grandes feuilles de papier gris des paysages inspirés des maîtres flamands, Corot travaille dans la forêt de Fontainebleau qui devient à partir des années 1830 un immense atelier à ciel ouvert. En 1863, Jules-Antoine Castagnary parlera même d'une « grande armée de paysagistes » qui couvre les murs du Salon, tandis qu'à Étretat, Gustave Courbet peint une vague en 1869. Vient l'impressionnisme. Giuseppe De Nittis, Italien installé en France qui participera à la première exposition impressionniste en 1874 à Paris, peint le Vésuve au printemps, avec son ami Gustave Caillebotte. Claude Monet devient, dans les pas d'Eugène Boudin et de Johan Barthold Jongkind, un peintre de plein air par excellence. Impression, soleil levant donnera son nom au mouvement qui va capter en couleurs des sensations visuelles. D'autres œuvres qui devaient être accrochées dans l'exposition sont commentées dans l'audioguide de 40 minutes mis en ligne sur YouTube.

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À la Fondation Vuitton

Gilbert & George, There Were Two Young Men

Le mercredi 27 mai et pendant une semaine

  • À 14h, message de Gilbert & George depuis leur studio londonien pour présenter leur œuvre par un poème chanté.
  • À 18h, le film de l’exposition qui s’est tenue du 3 juillet au 26 août 2019

There Were Two Young Men (1971), est une « sculpture-au-fusain-sur-papier » en six parties, immersive pour le spectateur, appartenant à la Collection de la Fondation. Exposée pour la première fois en 1971 à la galerie Sperone de Turin, cette œuvre s’inscrit dans une série de 13 corpus tous différents, créés entre 1970 et 1974, aujourd’hui dispersés. Cette « sculpture » représente, comme toujours chez Gilbert & Georges, les artistes dans un environnement champêtre dont l’hédonisme est teinté de mélancolie. Ils semblent deviser tranquillement, adossés à un arbre, dans l’esprit des représentations néoromantiques de la peinture de paysage britannique. Il faut imaginer ce que représente, au début des années 1970, le fait pour les artistes de devenir eux-mêmes l’œuvre d’art dans son évolution au fil du temps. L’intrusion graphique, dans chaque élément de la « sculpture », du titre en majuscules qui assied l’image et d’un texte poétique en majuscules et en minuscules, écrit à la main ajoute une complexité supplémentaire, renvoyant à l’univers de la poésie populaire et des comptines.

https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/la-fondation/flv-chez-vous.html et https://www.youtube.com/watch?v=98ii8-PzMKY&feature=youtu.be&utm_source=sendinblue&utm_campaign=La_Fondation_chez_vous__3_rendez-vous__suivre__Semaine_du_25_mai_2020&utm_medium=email

 

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Les réouvertures des musées

En juin et juillet, les musées ouvriront en ordre dispersé. Il y a pléthore de sites qui donnent les informations nécessaires. Entre autres :

https://www.culture.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Franck-Riester-ministre-de-la-Culture-annonce-la-reouverture-des-musees-et-monuments-nationaux-proprietes-de-l-Etat. Pour les beaux-arts : https://www.beauxarts.com/grand-format/de-musees-en-chateaux-le-calendrier-des-reouvertures-en-france/

Les prolongements d’expositions

Le Rijksmuseum d’Amsterdam prolonge l’exposition Caravage – Le Bernin, le baroque à Rome jusqu’au 13 septembre, le 1er juin

La Fondation Custodia à Paris le 7 juillet, avec Studi & Schizzi - Dessiner la figure en Italie 1450 – 1700, Anna Metz, Eaux-fortes et Siemen Dijkstra, À bois perdu

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Ouvrages rares au musée des Arts décoratifs. Le Musée des Arts décoratifs vient d’acquérir un exemplaire unique et richement orné ayant appartenu à Philippe Burty de son livre, Les Émaux cloisonnés anciens et modernes, édité en 1868 par le joaillier Martz, à Paris. Critique d’art et grand collectionneur d’art japonais, Burty est également l’inventeur du terme « japonisme ». C’est par sa passion pour les émaux cloisonnés qu’il rencontre le joaillier Martz établi au 2 rue de la Paix à Paris. Ce dernier lui commande cette étude historique dans laquelle Burty loue le travail japonais et plaide pour une nouvelle manière de pratiquer l’émail en France. Exécutée en maroquin rouge par le relieur Rémy Petit, la couverture de cet exemplaire exceptionnel est marquée au fer à dorer du nom de Burty et renferme une plaque en émail cloisonné dessinée par l’orfèvre Alexis Falize et réalisée par l’émailleur Antoine Tard. Dix gouaches originales exécutées par Louis Pierre Guillaume Régamey agrémentent la fin de l’ouvrage. Un précieux témoignage des débuts du japonisme en France. Sur le site du musée des Arts décoratifs, on trouve aussi, entre autres, la présentation de l’exposition Déboutonner la mode ou un développement des motifs ornementaux – rinceaux, acanthes, bouquets de fleurs… – dans la décoration du mobilier à partir de la 2e moitié du XVIIe siècle. https://madparis.fr/

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Le Décaméron de la MC 93. Enregistrées par des comédiens depuis leur domicile, une série de miniatures sonores diffusée depuis le 24 mars, tous les jours à 8h, sur le site lundimatin. Des acteurs français, mais aussi allemands, autrichiens, italiens, et autres. Cent nouvelles, une par jour, qu’on peut aussi retrouver sur le site Décaméron.

Le film de la semaine à la Cinémathèque : d’un champignon à l’autre

Le Champignon des Carpathes de Jean-Claude Biette met en scène une jeune femme, Ophélie, sauvée in extremis d’un accident survenu dans une centrale nucléaire. Irradiée, elle est soignée au moyen d’un étrange champignon.

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Hubert Reeves et La Terre vue du cœur pour la Journée mondiale de l’Environnement le 5 juin à 19h. À l’initiative des Nations Unies (Journée Mondiale de l’Environnement) et avec le Centre culturel canadien, la diffusion du documentaire Hubert Reeves – la Terre vue du cœur de Iolande Cadrin-Rossignol le vendredi 5 juin à 19h sur cette page Facebook. Autour de l’astrophysicien et écologiste canadien Hubert Reeves et du sociologue et écrivain français Frédéric Lenoir, des scientifiques, des auteurs et des artistes engagé.e.s sur le terrain de la menace actuelle sur la biodiversité. Rendez-vous sur la Page Facebook du Centre culturel canadien le 5 juin à 19h pour obtenir le lien d’accès au documentaire (disponible pendant une durée de 4h) 👉 https://bit.ly/3c9AGRq

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Opéra national de Lorraine

Théâtres, opéras et autres lieux de spectacle se remettent en ordre de marche. En attendant, l’Opéra de Lorraine met en ligne Cendrillon de Jules Massenet, Don Giovanni dirigé par Jérémie Rhorer d'après Mozart, mise en scène de Jean-François Sivadier et Semiramide de Rossini.

John Adams dirige l’Orchestre de Radio France

Le ponte de la musique américaine John Adams mène l’Orchestre Philharmonique de Radio France à la baguette. Flanqué du ténor Ian Bostridge et du pianiste Víkingur Ólafsson, le compositeur et chef d’orchestre nous invite à un concert mêlant musique moderne et contemporaine. Au programme : le Chant du rossignol de Stravinsky, le Livre de Baudelaire de Debussy, l’ouverture de Glassworks et les Études n° 9 et n° 3, Must the Devil Have All the Good Tunes de John Adams. https://www.arte.tv/fr/videos/087078-012-A/john-adams-par-john-adams/

Le Centre national de la Danse continue de puisant dans ses ressources et archives pour donner accès au plus grand nombre, professionnels et amateurs, aux patrimoines et aux cultures chorégraphiques. En ligne : Libres carrières, une collection d’entretiens filmés au CN D notamment celui d'Alain Buffard avec Geisha Fontaine en 2004, les podcasts La danse par ouï-dire, les cours de danse quotidien d'Anna Wehsarg.

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À l’Institut culturel italien

Voici quelques rendez-vous pour la semaine qui vient que vous pourrez suivre sur le site internet de l’Institut, sur ses comptes Facebook, Instagram Twitter et sur ses chaînes Viméo et YouTube. À découvrir aussi, sa nouvelle chaîne Issuu pour lire et feuilleter ses plus beaux catalogues.

Teatro Elfo Puccini (Milano) / Jusqu’au 13 juin : le spectacle Choéphores, notes pour une Oréstie italienne d’Eschyle une pièce d’Elio De Capitani d’après une adaptation de Pier Paolo Pasolini. Pour voir le spectacle cliquez ici

Vendredi 29 mai
Cuisine / À table avec Maria Greco Naccarato : la recette des "gnocchi"
Art / Raccontare l’arte : rencontre avec Rachele Ferrario sur Les Italiens : 7 artistes à la conquête de Paris

Samedi 30 mai
Cinéma / Autour de la nuit de la Taranta (I, 2001, 53', vostf) de Piero Cannizzaro, un voyage musical au cœur des Pouilles
Jusqu’au 20 juin. Pour voir le film cliquez ici

Dimanche 31 mai
Projection cinéma exceptionnelle accessible de 18h à 22h
Le Vice de l'espoir (I, 2018, 90', vostf) d’Edoardo De Angelis
Maria marche à pas décidés, sa capuche relevée. Une vie précaire, sans rêves ni désirs, qu’elle passe à s’occuper de sa mère et au service d’une vieille dame. Avec son pitbull à l’œil vif, elle transporte des femmes enceintes d’un côté à l’autre de la rivière, mais l’espoir va rendre visite à Maria, dans sa forme la plus ancestrale et puissante, aussi miraculeuse que la vie même, lui apprenant que de rester humaine est la plus grande des révolutions. Le film est visible uniquement pour les personnes résidentes en France. Réservation obligatoire ici avant le vendredi 29 mai à 18 heures. Le nombre de places étant limitées à 150, merci de réserver uniquement si vous êtes intéressés. Le lien pour visionner le film vous sera envoyé par courriel.

Lundi 1 juin
Littérature / #Liberidileggere avec Carlotta Clerici, lecture d’extraits d’Éloge de la passion (Denoël 2017)

Mardi 2 juin
Musique / Francesco Filidei présente L’Inondation (Filidei/Pommerat, Opéra Comique)

Mercredi 3 juin
Lancement à partir d’aujourd’hui d'un nouveau cours d’italien en ligne pour enfants de 7 à 10 ans conçu selon les principes de la méthode Montessori. Calendrier : 3, 10, 17, 24 juin et 1er juillet 2020. Horaires : 16h00 – 17h00. Tarif : 70 €. Pour informations et inscriptions : cours.iicparigi@esteri.it

Jeudi 4 juin
Science Politique / Nadia Urbinati : Démocratie, peuple, populisme

Vendredi 5 juin
Cuisine / À table avec Maria Greco Naccarato : la recette des "arancini di riso"

Et également :

Isabel Violante : Un souvenir d’Edoardo Sanguineti ici
Dario Sansone : Napoli, rock et pandémie ici
William Greco en concert pour le public de l’IIC ici
La playlist de recettes de cuisine italienne avec Maria Greco Naccarato ici
Une promenade littéraire avec les finalistes du Premio Strega ici
Franco Albini, La sostanza della forma ici
Ettore Sottsass, Smalti ici

 

Au Goethe Institut

Jazz from home avec Simon Popp

Tous les jeudis pendant 5 semaines à 19h, des musiciens de jazz allemands partagent leur musique sur Instagram. Après Paul Brändle et Enji Erkhem, c’est au tour du batteur et compositeur Simon Popp, issu de la Hochsschule für Musik und Theater Muenchen. https://www.instagram.com/goetheinstitut_frankreich/

Cinéma : 303 de Hans Weingartner

Jan (Anton Spieker) est convaincu que l’être humain est égoïste par nature. Il n’est donc pas surpris que son covoiturage pour l’Espagne le plante sans prévenir. Jule (Mala Emde) quant à elle croit que l’humain est en réalité empathique et coopératif, et n’hésite pas à le prendre en stop dans son vieux Van 303. Ensemble, ils prennent la route direction l’Atlantique…

Hans Weingartner est né en 1977 en Autriche. Son film de fin d’études à l’Académie des Arts de Cologne, White noise, remporte de nombreux prix et lance la carrière de l’acteur Daniel Brühl. Son deuxième film, The Edukators, reçoit un accueil critique très positif au Festival de Cannes en 2004. 303 est son 5e film. À partir du 6 juin 11h et pendant 24 heures. Inscriptions sur

https://www.goethe.de/ins/fr/fr/sta/par/ver.cfm?fuseaction=events.detail&event_id=21875076&

Réflexions sur la question antisémite, dialogue version virtuelle

À partir du livre de Delphine Horvilleur, Réflexions sur la question antisémite (Grasset, 2019) qui explore l’antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives. Le livre offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs que de donner des armes pour s’en prémunir. La rencontre a été animée par la journaliste Géraldine Schwarz. https://www.goethe.de/ins/fr/fr/kul/sup/vid.html

Festival numérique « Latitude »

Contributions artistiques et débats sur la question de savoir comment les structures coloniales fonctionnent au présent et comment elles peuvent être surmontées. En streaming à partir du 4 juin à 11h30 et jusqu’au 6. https://www.goethe.de/prj/lat/en/dtl.html

Programme https://www.goethe.de/prj/lat/en/dtl/pro.cfm

Couch lessons sur le thème de l’intelligence artificielle

Tous les mercredis, dans une série de conférences et d’entretiens, des spécialistes du monde entier échangent sur els possibilités, les défis et les risque des systèmes décisionnels utilisant des algorithmes. En anglais via Zoom. Pour s’enregistrer https://www.goethe.de/prj/one/de/rme/21850675.html

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