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Arts-chipels.fr

Coronavirus an 01, 16e livraison. Parlons virus et déconfinement

Coronavirus an 01, 16e livraison. Parlons virus et déconfinement

L’espoir au bout du tunnel… pas tout à fait, mais on peut enfin s’intéresser à la beauté – plastique – du coronavirus et à la manière de jouer les anges exterminateurs…

Et pour commencer, un aérien, mousseux exergue divertissant signé Francis Ponge, envoyé par une inconnue – belle sans doute – au hasard d’une chaîne « poésie » pour ouvrir le bal du jour.

Le savon a beaucoup à dire. Qu'il le dise avec volubilité, enthousiasme. Quand il a fini de le dire, il n'existe plus. Une sorte de pierre mais qui ne se laisse pas rouler par nature : elle vous glisse entre les doigts et fond à vue d’œil plutôt que d'être roulée par les eaux. 

Il n'est dans la nature, rien de comparable au savon. Point de galet -palet- et de pierre aussi glissante, dont la réaction entre vos doigts, si vous avez réussi à l'y maintenir en l'agaçant avec la dose d'eau convenable, soit une bave aussi volumineuse et nacrée, consiste en tant de grappes de pléthoriques bulles.

Coronavirus an 01, 16e livraison. Parlons virus et déconfinement

Pour revenir à moins trivial. Où en est-on aujourd’hui ? Pain de mie ? non, pandémie…

https://www.facebook.com/cineseriescom/videos/224001058724593/?v=806837826450183

On ne compte plus les jours où on est entré en confinement mais ceux qui restent avant d’en sortir. Erreur fatale ? Peut-être tant on navigue à vue dans une brume épaisse où le mot « vue » semble improbable. Qu’importe ! on fait comme si. Il devient difficile en version confinée de trouver les moteurs pour continuer d’avancer et ajouter à chaque jour qui passe un soupçon de nouveauté. Certains transforment leur cuisine en laboratoire, expérimentant des ingrédients inusités pour sortir de la routine des jours. D’autres se jettent frénétiquement sur les textes à écrire. C’est fini, tous les auteurs ont rattrapé leur retard ! Les musiciens ont accroché leurs doigts au clavier, vérifié les crins de leur archet, révisé leurs gammes. Quant à moi, j’aborde aujourd’hui une grave question : l’esthétique du coronavirus. Car enfin il y en a une !

Coronavirus an 01, 16e livraison. Parlons virus et déconfinement

Où il est question de plastique…

Les images que nous livrent les réseaux sociaux sont toutes plus splendides les unes que les autres… Cette petite sphère à pattes, on a du mal à penser que, jolie comme elle est, parfaite dans sa sphéricité, avec ses charmants ronds de jambes en ventouse parfaitement répartis sur toute sa surface, elle soit carrément toxique. Il n’y a guère que l’amanite tue-mouche, avec son rouge éclatant et ses pois blancs, qui soit aussi attirante ! Mais elle est moins parfaite. Si sur sa forme les images de Corona sont à peu près en phase, il n’en va pas de même avec son costume et les commentaires vont bon train. Est-elle verte à pieds blancs, avec une pointe de bleu au centre – mais ce n’est pas un cœur de poulpe. Est-elle blanche à pieds rouges parce que, comme un moustique, elle s’est gorgée de notre sang ? Ou se présente-t-elle uniformément rouge de colère devant les exactions de l’espèce humaine ? À moins qu’elle ne décide, pour se mettre en valeur, de travailler ses ventouses en nuances de blanc et de rouge, tout en jouant sur la longueur de ses terminaisons…

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Toujours est-il qu’elle se pare de teintes fantastiques pas si éloignées des motifs psychédéliques qui faisaient fureur dans les seventies. Version trash, ces petites particules nous rejouent un film d'horreur type « peur sur la ville » dans une atmosphère résolument plombée…

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Détour par une auberge espagnole…

On l’aura compris, la réalité est affaire d’interprétation et la manière dont nous exprimons le monde n’est pas la réalité mais la manière dont nous la percevons, dont nous la décrivons, dont nous la rêvons – agréablement ou sous forme de cauchemar. Question de points de vue comme en témoignent les diverses approches. Il y a ceux qui contestent sa réalité…

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L’opinion du virus lui-même…

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Analysé par ses concurrents…

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La perception qu’en ont ses victimes…

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Les dégâts collatéraux…

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Et les petits plaisantins toujours prêts à se gausser d’une si sérieuse affaire. Il est temps de boire un coup…

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Et puisqu’on est au rayon bêtes, faisons un petit détour vers l’histoire naturelle… Si on parlait de l’intelligence du Poulpe ?

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Hiver 2008, Allemagne. Dans les couloirs du Sea Star Aquarium, depuis trois nuits, un mystérieux court-circuit plonge le bâtiment dans le noir… Acte délibéré de sabotage ? L’enquête révèle que le coupable est… l’un des poulpes de l’aquarium, Otto ! Il a découvert qu’en se hissant en haut de son bassin, il pouvait lancer un jet d’eau sur une des ampoules de la pièce, provoquant ainsi un court-circuit. Pourquoi ? D’après les soigneurs, probablement parce qu’il s’ennuyait pendant les vacances, ou parce que la lumière le gênait… 

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Malins, les poulpes sont en effet capables de résoudre des labyrinthes, d'ouvrir des bocaux, d'utiliser des noix de coco comme armure ou encore… de s’échapper de leurs aquariums. Il faut dire que les ganglions, ces groupes de cellules nerveuses répartis dans tout leur corps chez les mollusques, ont, chez le poulpe fusionné pour un tiers pour former l’équivalent d’un cerveau, dont de larges parties sont réservées à la mémoire. Les deux tiers restants sont répartis dans ses huit bras qui peuvent percevoir leur environnement, réagir avec énormément de précision, de rapidité, et ce de manière indépendante les uns des autres ! Si on ajoute leurs trois cœurs, leur sang bleu et leur capacité de modifier leur ARN, pas étonnant qu’on puisse les prendre pour des extra-terrestres ! En attendant, le malheureux poulpe n’est définitivement pas à la fête. On le met à toutes les sauces. Tout dépend de qui touille la gamelle… Le British est-il à la cuiller et le Russki dans la casserole ?…

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Le coq orico est-il de sortie ?…

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On continue toujours à faire du franc mac’ dans les « bons » vieux plats !...

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Le coronavirus a-t-il, comme le poulpe, les neurones en vrac dans ses petites pattes ? D’ici qu’il nous fasse, comme beaucoup de ses congénères, le coup du mutant…

Retour à la case départ

Question coronavirus, la Toile n’a cessé de bruire des remèdes miracles qui – en dehors de la religion s’entend – viendraient à bout du méchant bestiau. Après ce bel exemple venu de haut

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La rumeur publique nous a fait miroiter un avenir radieux qui s’est enlisé dans les eaux turbides d’un marais nauséabond. Après les injections d’eau de javel, voire en piquouses obligeamment promues par un autre membre de l’élite internationale des dirigeants, on se penche aujourd’hui sur la nicotine qui préserverait les fumeurs des effets néfastes du virus. Il faut dire que les récepteurs nicotiniques n’ont rien à envier, côté coloré, au coronavirus !

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Une question cependant demeure : vaut-il mieux mourir d’un cancer du poumon ou du Covid 19 ? Avisssse à la population !

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Prévenir les orages – inflammatoires.

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Une autre piste, peut-être, du moins on l’espère, plus sérieuse, pourrait permettre de venir à bout de la diabolique particule à pattes. Notre corps a l’habitude de manifester son refus d’une agression par l’inflammation. On sait que certains patients atteints par le nouveau coronavirus connaissent une brusque aggravation de leur état après plusieurs jours, probablement liée à une réaction immunitaire et inflammatoire excessive baptisée « orage inflammatoire » ou « orage cytokinique » : l'organisme se met à produire de façon excessive des protéines pro-inflammatoires appelées cytokines. Alors suffit-il de bloquer le récepteur de la protéine du système immunitaire qui joue un rôle important dans le processus inflammatoire ? L’ocilizumab (gloups !), normalement utilisé pour la polyarthrite rhumatoïde, a, semble-t-il, donné de bons résultats… Au fond, c’est comme si on leurrait l’organisme en lui susurrant qu’il n’est pas en si mauvais état que ça. Il suffit d’y croire… On n’a pas déjà entendu cela ? Prêche ou prophétie, peut-être ? La différence dans la tête tient juste à quelques particules chimiques, utilisées à bon escient… Se droguer a parfois du bon si on le fait sous l’égide de la Faculté…

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Être ou ne pas être…

C’est le moment des grandes questions existentielles. Que diable allé-je faire dans cette galère ? Où vais-je, où cours-je et dans quel état j’erre, et toutes ces sortes de choses. Notre érémitisme forcé a-t-il produit des réflexions qui dépassent le niveau de la conversation au Café du Commerce ? Rien n’est moins sûr…

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Heureusement les dessinateurs y ont pourvu. Ils se sont penchés sur le sens de l’existence…

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Et en tout cas, les publicitaires ne perdent pas le nord.

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En attendant, le masque… Très tendance… À visière ou sans, à fleurs ou à thème marin, en forme cagoule ou à bride, à rubans ou en coton tricoté, en soie lavable ou en satin doublé, de style wax ou futuriste… ce nouvel accessoire est à la mode et vous permet de développer votre créativité.

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Etsy, un site de DIY, a recensé sur sa plateforme que ses utilisateurs recherchaient environ 9 fois par seconde le mot « masque » et que les vendeurs de cet objet d'un désir nécessaire en ont écoulé des tonnes. Quant à leur efficacité, c’est une autre histoire !

https://seasonly.fr/blogs/news/les-masques-vont-ils-devenir-des-objets-mode?utm_campaign=Campagne&utm_medium=email&utm_source=Klaviyo&_ke=eyJrbF9lbWFpbCI6ICJ5ZGVzaWtlQHdhbmFkb28uZnIiLCAia2xfY29tcGFueV9pZCI6ICJLTGJhdUUifQ%3D%3D

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La perspective du déconfinement.

Vaut-il mieux avoir des parents chez le psy ou des enfants à l’école ? Y’a pas photo pour le gouvernement auquel le Conseil scientifique a emboîté le pas dans sa décision de commencer le déconfinement à partir du 11 mai. Le Conseil tient toutefois à rappeler que « Le virus continuera de circuler parmi nous » et anticipe qu’« à la sortie du confinement, on devrait avoir quelques milliers de nouveaux cas par jour. Même 2 000 à 3 000 cas chaque jour. Ce qui veut dire […] qu’on devra vivre avec le virus. » Avis aux insouciants de tout poil qui voudraient faire comme si et oublier l’incident… Mais l’Église, par la voix de l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, renâcle car si les chères têtes blondes auront l’autorisation – en nombre réduit cependant – de retrouver les bancs chéris de l’école le 11 mai, les fidèles devront attendre au moins le 2 juin pour retrouver les leurs dans leurs lieux de culte et se donner une occasion de plus de propager le virus. Il y va fort dans les épithètes, le monsignore : « brutalité incompréhensible », « indigne de notre démocratie ». Comme quoi jamais les leçons ne sont tirées de ce que l’histoire nous enseigne…

Déconfinement : les enfants à l’école

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Et

https://www.facebook.com/1198915813505130/videos/1120388241642168/?v=1120388241642168

Pour tromper l’ennui, je vous propose un peu de distraction…

Florence Foresti/Dominique Pipeau sur les épidémies. Un extrait d’émission de TV, réalisé dans d’autres occasions mais plein d’à-propos…

https://www.youtube.com/watch?v=Ri6Po5ppjv0

Et nos pages culture

Côté littérature

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Baudelaire, le Spleen de Paris, « La Solitude »

Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l’homme ; et à l’appui de sa thèse, il cite, comme tous les incrédules, des paroles des Pères de l’Église.

Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l’Esprit de meurtre et de lubricité s’enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l’âme oisive et divagante qui la peuple de ses passions et de ses chimères.

Il est certain qu’un bavard, dont le suprême plaisir consiste à parler du haut d’une chaire ou d’une tribune, risquerait fort de devenir fou furieux dans l’île de Robinson. Je n’exige pas de mon gazetier les courageuses vertus de Crusoé, mais je demande qu’il ne décrète pas d’accusation les amoureux de la solitude et du mystère.

Il y a dans nos races jacassières des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s’il leur était permis de faire du haut de l’échafaud une copieuse harangue, sans craindre que les tambours de Santerre ne leur coupassent intempestivement la parole.

Je ne les plains pas, parce que je devine que leurs effusions oratoires leur procurent des voluptés égales à celles que d’autres tirent du silence et du recueillement ; mais je les méprise.

Je désire surtout que mon maudit gazetier me laisse m’amuser à ma guise. « Vous n’éprouvez donc jamais, — me dit-il, avec un ton de nez très-apostolique, — le besoin de partager vos jouissances ? » Voyez-vous le subtil envieux ! Il sait que je dédaigne les siennes, et il vient s’insinuer dans les miennes, le hideux trouble-fête !

« Ce grand malheur de ne pouvoir être seul !… » dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux qui courent s’oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.

« Presque tous nos malheurs nous viennent de n’avoir pas su rester dans notre chambre, » dit un autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.

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Musique : Orchestre du Festival de Budapest en concert tous les soirs à 19h45. Le 1er mai : le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky

https://bfz.hu/en/media/quarantine-soirees/

Prokoviev (avec la Symphonie n° 5) et les musiciens de l’Orchestre de Paris au service de vos exercices cardio en confinement. Quand les instruments se transforment en accessoires de training…

https://www.youtube.com/watch?v=huf2Rfs7J-c&feature=youtu.be

Opéra

Un court intermède avant d’attaquer les choses sérieuses

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À la Cinémathèque française : Gribiche, de Jacques Feyder, mis en musique par Rami et Bachar Khalifé, sur la plateforme de VOD « Henri » ; une leçon de cinéma de Claire Denis ; un zoom sur la Vallée de la Mort comme lieu de tournage, la recette du cake de Peau d’Âne… Rappelons que sur HENRI, la Cinémathèque fait découvrir des perles rares du cinéma : des cinéastes comme Jean Epstein ou Otar Iosseliani, des films d’avant-garde et des incunables, des débats, des hommages… https://www.cinematheque.fr/henri/

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Le FICEP, Forum des instituts culturels étrangers à Paris présente les propositions de ses membres : musique, littérature, art visuel, cinéma et théâtre. On peut assister à un concert du Forum National de Musique de Wroclaw, visualiser les documentaires du Cinéma du réel, ou encore, découvrir la programmation du centre culturel Wallonie-Bruxelles sans sortir de chez soi, entre autres ! https://www.ficep.info/post/culture-s-a-domicile. Le FICEP propose aussi une nuit de la littérature virtuelle le 30 mai à partir de 18h, avec une nouvelle vidéo toutes les 20 minutes : des lectures par un comédien, un traducteur ou un auteur s’il est francophone. 14 auteurs, des Pays baltes à la Catalogne en passant par L’allemagne et l’Autriche, la Pologne et la Roumanie, l’Italie et le Portugal – entre autres : https://www.ficep.info/nuit-de-la-litterature

FIN DE NOS PROGRAMMES POUR AUJOURD'HUI

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