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Arts-chipels.fr

Transversales, festival des arts mélangés de Méditerranée.

Pour sa cinquième édition, le festival mêle création théâtrale, danse, arts visuels et musique dans des formes qui relient le passé au présent, la tradition comme l’exil.

Du 20 au 30 avril 2020, le théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine accueille des spectacles où se rencontrent différents arts et différentes régions de la Méditerranée, instaurant un dialogue où dialoguent les formes traditionnelles et les formes artistiques les plus actuelles.

Enterre-moi mon amour © DR

Enterre-moi mon amour © DR

Enterre-moi mon amour (lundi 20 avril à 20h), raconte le voyage d’une jeune migrante syrienne en route vers l’Allemagne. À travers 250 captures d’écran issues des échanges sur WhatsApp entre Dana et sa famille demeurée en Syrie se raconte une histoire d’exil, avec ses fantasmes, ses espoirs et ses peines, mais aussi l’histoire d’amour de cette jeune fille qui affronte la Méditerranée en Zodiac pour rejoindre celui qu’elle aime. Autant d’instantanés, mis en forme et retravaillés dans l’optique d’un spectacle par Clea Petrolesi, accompagnée de la photographe Caroline Gervay et de l’artiste numérique Benoît Lahoz, dans lesquels intervient une comédienne qui va rassemble ces fragments épars pour leur donner une forme sensible. Il s’agit ici de transmettre pour finalement renouer avec l’émotion d’origine, et faire comprendre de l’intérieur.

Duo(s) miroir (mercredi 22 avril à 15h) présente deux duos d’un enfant avec un adulte. Le premier, égyptien, habité par l’ombre d’objets et la vidéo, met en scène un enfant qui apprend à marcher et découvre le monde. L’adulte qui l’accompagne et se doit de l’aider lui offre son costume d’« animal sauvage ». Un héritage bien difficile qui fait de lui le guide du duo… Le second, libanais, fait dialoguer danse et marionnette. Il met en scène la rencontre d’un adolescent et d’un adulte qui ont en commun la langue arabe, la peinture et le mouvement. L’homme se souvient des pas de dakbé, cette danse libanaise qui permet de tasser la terre sur les toits après la pluie. Ils doivent s’apprivoiser l’un l’autre, se faire confiance, apprendre à voir dans le miroir que leur présente l’autre ce que les évitements de la vie sociale occultent, faire émerger ce qui reste d’enfance au fond de nous, avec les joies, les peines et les espoirs. Un atelier parents-enfants (à partir de 7 ans) permet d’explorer sur le thème Jardin-Maison-Paradis la manière d’inventer par le jeu un monde habitable.

Brother (vendredi 24 avril à 20h) touche du doigt à travers la danse la fragilité de l’humanité en remontant dans la généalogie et les affinités ancestrales. Le chorégraphe Marco da Silva Ferreira s’inspire ici de danses ethniques pour sculpter un mouvement tout en finesse et plein d’une énergie fiévreuse.

Mahmoud et Nini (samedi 25 avril à 18h30, à l’Exploradôme), de la Compagnie Haraka Baraka, place face à face une femme française et un jeune homme égyptien. Aucun ne connaît la langue de l’autre. Pour communiquer ils utilisent un traducteur automatique, et l’on imagine les approximations et erreurs qu’il peut introduire. Le spectacle est aussi l’occasion de mettre en évidence tous les a priori, les stéréotypes et les clichés que nous charrions face à ceux qui ne nous ressemblent pas. Incompréhensions, maladresses et ambiguïtés se multiplient dans cette « comédie orientaliste » où chacun veut bien faire.

Q-A / Quotidien Aliéné © DR

Q-A / Quotidien Aliéné © DR

Q-A /Quotidien Aliéné de Khalib Benghrib repose sur la tradition des « lilas » marocaines, ces nuits rituelles d’invocation des génies, de guérison et de transe qu’organisaient ses deux grands-mères, dans le droit fil de la tradition soufie. Le spectacle est en même temps une méditation sur la perte de soi.

A Land Full of Heroes (mardi 28 avril à 20h) est une création barcelonaise de La Conquesta del Pol Sud. Fondé sur le témoignage de Carmen Francesca Banciu, une écrivaine roumaine émigrée, le spectacle aborde les transformations et les bouleversements politiques, économiques et sociaux qui suivirent la chute de l’Union soviétique. Textes poétiques, interviews, musique, fragments de chorégraphies, documentaires font dialoguer deux récits parallèles : l’itinéraire de Carmen Francesca Banciu et le road-trip de la compagnie sur les pas de l’histoire européenne.

Trio Joubran © DR

Trio Joubran © DR

Le Trio Joubran clôt le festival. Ces trois frères palestiniens issus d’une longue lignée de luthiers réinventent sans cesse leur instrument ancestral, le oud, symbole de la délicatesse et de la subtilité de la musique arabe. Leur dernière collaboration, The Long March, croise Roger Waters, le créateur des Pink Floyd, et les mots combattants du poète Mahmoud Darwich.

Un programme passionnant en perspective !

Theâtre Jean Vilar

1, place Jean Vilar – 94400 Vitry-sur-Seine

Tél. 01 55 53 10 70. Site : www.theatrejeanvilar.com

Du 20 au 30 avril 2020

Lundi 20 avril, 20h : Enterre-moi mon amour – Clea Petrolesi / Cie Amonine

Mercredi 22 avril, 15h : Duo(s) miroir – Isabelle Hervouët / Skappa ! et associés

Vendredi 24 avril, 20h : Brother – Marco da Silva Fereira

Samedi 25 avril, 18h30, Exploradôme : Mahmoud et Nini – Cie Haraka Baraka

Dimanche 26 avril, 16h : Q-A / Quotidien aliéné – Khalib Benghrib

Mardi 28 avril, 20h : A Land Full of Heroes – La Conquesta Del Pol Sud

Jeudi 30 avril, 20h : The Long March – Trio Joubran, avec le percutionniste Youssef Hbeisch

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