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Arts-chipels.fr

Les Amants de Varsovie. L’amour en terres slaves.

Les Amants de Varsovie. L’amour en terres slaves.

De Chopin revu par Serge Gainsbourg au très contemporain Varsovie s’habille de gris, cette errance musicale en territoires amoureux dans la Pologne du xxe siècle a la saveur des romances populaires saisies au coin des rues.

Ils sont deux. Lui, au piano, nous promène dans un monde musical où les rythmes populaires slaves alternent avec une sorte d’éternité des chansons d’amour et une résonance analogue ou presque dans le monde entier. Le jazz et le fox-trot, la valse et le tango dialoguent avec la figure iconique de Frédéric Chopin, et les chansons d’amour des années 1920 et 1930 voisinent avec celles des années 1960. Elle, tout de noir vêtue, avec à peine un boa rouge vif à l’occasion pour faire une tache de couleur et un chapeau, dit et chante. En polonais et en français. Des textes éternels qu’on a entendus sous toutes les latitudes – les mêmes ou presque – dans toutes les rues de par le monde, sur toutes les terres de music-hall. Des chants qui célèbrent l’amour ou qui pleurent l’abandon, des mélopées qui parlent d’amours-toujours ou de passes tarifées, d’étreintes furtives ou de sexe-roi.

© Catherine Allix

© Catherine Allix

Dans Varsovie rendue à sa splendeur première

Ces chansons font revivre un monde en partie disparu, une Varsovie non encore détruite par la guerre, où vieilles rues et réverbères n’ont pas encore cédé la place à l'équarissage des immeubles de béton qui forment aujourd’hui le paysage de la ville, où une vieille porte cochère abrite encore des baisers passionnés, où la mésange chante encore, posée sur un saule pleureur. Ils nous racontent l’époque du cinéma muet où l’on s’effleure à peine, où l’on échange un baiser furtif dans le noir, le marin en goguette qui cherche la fille du port qui viendra combler sa solitude, les Orphée et Eurydice au petit pied qui dansent à en perdre haleine, la vamp qui se lamente de n’être pas aimée pour elle-même mais aussi le drame des amours qui s’effritent et la jeune mariée qui se désole que son promis en aime une autre…

© DR

© DR

Entre la France et la Pologne, une relation particulière

Ces histoires, on pourrait les retrouver partout et les mélodies polonaises des années 1960 ne sont pas si différentes, au fond, de celles qu’on entend ailleurs. Mais il y a la musique de la langue, que fait entendre Ewunia, alternant français et polonais pour nous faire percevoir cette prosodie si particulière qui chante dans l’âme slave, ce romantisme qui traverse, encore aujourd’hui, sa manière d’interpréter la musique, de la vivre de l’intérieur. Une respiration particulière, une nostalgie toujours présente, parfois traversée d’éclats. Un amour profond du pays, particulièrement chez les Polonais car leur histoire est celle d’un pays écartelé dont l’Allemagne et la Russie se sont partagé un temps la dépouille. Une fierté qui traverse le dénuement et la perte. Et si la proximité avec la chanson française nous saute à la figure, qu’on se souvienne seulement que la France fut dans l’histoire de la Pologne un pays ami avec lequel elle a tissé des liens.

© Catherine Allix

© Catherine Allix

Un parcours musical et théâtral

Sans autre accessoire que la lumière qui s’adoucit lorsque des bougies donnent une ambiance intimiste et se durcit lorsqu’un projecteur directionnel souligne les angles des traits, Ewunia parle et chante. Elle nous raconte cette poésie ancienne qu’elle n’a pas connue mais qu’on lui a transmise, ce rêve hérité de l’enfance qu’elle porte en elle comme une émotion jamais éteinte et qu’elle veut faire partager. Elle chante, pas seulement avec sa voix. Son corps est vibration, lyre, violon et sa voix se promène sur la gamme des sentiments avec un timbre riche et varié, tout en profondeur. Elle est plurielle et émouvante, et les arrangements d’Yves Dupuis l’escortent à merveille dans cette traversée sentimentale aux mutations perpétuelles. Hymne à l’amour dans le choix de son thème, les Amants de Varsovie sont aussi un hymne à l’amour du pays et à sa poésie.

© DR

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Les Amants de Varsovie. Un voyage musical au cœur de l’âme slave

Chant, textes et traductions : Ewunia (Ewa Adamusinska-Vouland)

Piano, arrangements et compositions : Yves Dupuis

Mise en scène : William Mesguich

Création lumière : Richard Arselin

Du 17 février au 28 avril 2020, les lundis et mardis à 20h30

Au Théâtre du Gymnase-Marie Bell, 38 bd de Bonne-Nouvelle – 75010 Paris

Tél. 01 42 46 79 79. Site : www.theatredugymnase.paris

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