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Arts-chipels.fr

2020. Une année d’Animato sous le signe de Beethoven et d’un concours Chopin à Paris.

L’année s’est ouverte le 7 janvier dernier sous les meilleurs auspices pour l’association Animato, qui a pour ambition de faire découvrir les jeunes lauréats des concours internationaux de paiano, avec un jeune Chinois plein de promesses, Qing Li, et une interprète russe au talent déjà confirmé, Sofya Gulyak.

2020. Une année d’Animato sous le signe de Beethoven et d’un concours Chopin à Paris.

Qing Li, jeune lauréat 2019 du Diplôme supérieur de l’ENMP, à l’unanimité et avec les félicitations du jury, est actuellement en Doctorat à l’Ecole des Beaux-arts de l’université de Boston. Au programme, Chopin et Beethoven avec les variations Eroica op. 35 (1802), ainsi nommées parce que le finale du ballet les Créatures de Prométhée qui sert de trame fut aussi utilisé pour le dernier mouvement de la Symphonie n° 3, dite l’Héroïque. Avec une grande maîtrise et une puissance dramatique incontestable, Qing Li développe des accents lyriques qui lui sont propres. En lui, c’est tout un monde qui parle. Son interprétation de Beethoven était proprement soufflante. Sa virtuosité « joueuse » et son sens des nuances nous ont permis d’apprécier toute la subtilité de la musique de Beethoven mais aussi les références musicales qui traversent les Variations et conduisent à la fugue finale. Les quinze broderies sur un même thème qui composent les Variations, considérées comme innovantes par le compositeur lui-même, ne partent pas, comme il est courant, de l’énoncé du thème mais de sa ligne de basse en octave, sans accompagnement. Des contrechants s’ajoutent progressivement, un, puis deux, puis trois, tandis que la ligne de basse explore le médium et les aigus. Qing Li en propose une interprétation précise et déliée, toute en nuances, qui fait entendre la complexité et la beauté de la musique de Beethoven.

2020. Une année d’Animato sous le signe de Beethoven et d’un concours Chopin à Paris.

Sofya Gulyak, russe originaire de Kazan, est une interprète confirmée. Première femme à avoir gagné le Premier prix et la Médaille d’or du Concours international de piano de Leeds, elle collectionne prix prestigieux et grands concerts. Puissante, elle est aussi bouleversante par la vision très personnelle qu’elle donne des morceaux qu’elle interprète. Elle nous a offert, avec les Variations op. 12 de Chopin une vision alternant délicatesse infinie et sauts d'humeur parfois énergiques, donnant du compositeur une image moins lisse et plus contrastée qu'à l'accoutumée. La Sonate n° 7 op. 83 de Prokofiev, qui appartient à la série des trois sonates « de guerre » du musicien composées en 1940, a été, sous ses doigts, impressionnante de puissance, sidérante dans le tourbillon dans lequel elle emprisonne l’auditeur. Quant à son interprétation de la Chaconne de Jean-Sébastien Bach, adaptée pour le piano par Busoni, Sofya Gulyak donne du morceau une vision surprenante, très personnelle. Lyrique sans négliger la petite musique mathématique qui préside aux compositions de Bach, chaleureuse, inspirée, elle offre un phrasé ondoyant et divers assez éloigné de bien des interprétations habituelles de l’œuvre. Sa force tout en maîtrise ne brise pas la finesse à nulle autre pareille de la musique de Bach. Elle lui offre au contraire un habit de lumière plein d’émotion dont on ne peut qu’être séduit.

Toujours en janvier…

Le 21 janvier, romantisme toujours avec Ariel Lanyi qui explorera la musicalité de Schubert et les Variations Diabelli de Beethoven, cette commande initialement négligée par le compositeur qui y prit un goût tel qu’on s’en délecte encore aujourd’hui, et avec Keigo Mukawa (qu’on a eu l’occasion d’entendre en mars 219) et Kyohei Sorita dans la Suite pour deux pianos n° 1 op. 5 de Rachmaninov. Une pièce écrite à vingt ans par le compositeur qui met en exergue à ses quatre parties quatre poèmes : Lermontov, sur une barcarolle inspirée de Frédéric Chopin, Byron chantant le rossignol dans « La nuit… l’amour », Tioutchev se répandant en « Larmes » et, pour finir, Khomiakov et son carillon sonnant à toute volée pour célébrer « Pâques ».

Animato, association soutenue par l’École normale de musique de Paris/Alfred Cortot, la Fondation Zygmunt Zaleski, la Bienvenue française, la Fondation Orpheus (Suisse), la Fondation Seymour Obermer et Yamaha.

www.animato.org

Prochain concert : 21 janvier 2020 à 20h

Salle Cortot – 78 rue Cardinet – 75017 Paris

Ariel LANYI (Israël) - Premier Prix du Concours International "Grand Prix Animato 2017"

Schubert Moments musicaux op.94 N°1,2, et 3

Beethoven Variations Diabelli op.120

Keigo MUKAWA (Japon) - 2e Prix Marguerite Long 2019

Kyohei SORITA (Japon) - Premier Prix Città di Cantù (Italie, 2015)

Rachmaninov Suite pour deux pianos N°1 op. 5

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