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Arts-chipels.fr

Ex Anima – une danse rituelle, une ode au règne animal qui nous emmène loin au-delà de notre mémoire ancestrale.

Ex Anima – une danse rituelle, une ode au règne animal qui nous emmène loin au-delà de notre mémoire ancestrale.

Le spectacle commence par une nuit noire, une nuit des tropiques, une nuit peuplée de cris d’animaux en tout genre. Peu à peu la pénombre s’éclaire et on est là dans un espace-temps indéfini, dans les steppes du bout du monde bien avant le temps des hommes. Au milieu de la scène, un troupeau de chevaux, magnifiques comme tous les chevaux du spectacle, paissent, se cherchent, bougent, se couchent en toute liberté.  Belle entrée en matière pour ce spectacle où l’animal est roi, où l’animal est acteur où l’animal est dans la lumière au centre de la piste  et l’homme autour, dans l’ombre.  C’est de l’ordre du rituel avec quelque chose de magique, d’irréel. Les animaux jouent leur partition, chacun à leur tour dans une harmonie sereine et en pleine confiance. Et ce sera ainsi tout le long du spectacle.

Les scènes se suivent et s’enchainent sans vraiment de trame sauf celle de mettre en valeur les animaux qui rentrent et sortent de la piste guidés par les  sons émis  par leurs dresseurs qui sont là, présents mais si peu, presque invisibles pour nous, toujours attentifs dans l’ombre. Mais peut –on encore parler de dresseurs quand on arrive à ce niveau de maitrise et d’accompagnement ?

Bartabas en parlant de ce spectacle parle d’hommage à ces chevaux : « à  la  hauteur  de  ce  qu’ils  m’ont  donné,  de  les  célébrer  comme  les  acteurs véritables de notre Théâtre équestre. Sur la piste, pas de cavaliers, pas de voltigeurs, pas d’exploits. Des femmes et des hommes, à pied, dans l’ombre, et des chevaux dans la lumière... ».

Ex Anima – une danse rituelle, une ode au règne animal qui nous emmène loin au-delà de notre mémoire ancestrale.

La beauté du spectacle tient à cette magie, à cet incroyable équilibre entre liberté et dressage Ainsi chaque cheval évoluera dans cet espace clos avec les autres pour réellement jouer sa partition. Et c’est cela le plus étonnant, chacun agit comme il doit le faire pour la bonne marche de l’ensemble et cela fonctionne magnifiquement.

La musique est également très présente, fascinante. Basée sur le souffle elle prend toute sa force dans le contraste saisissant entre le souffle puissant et sonore des chevaux et le timbre si léger et fragile des flûtes, venues des quatre coins du monde. flûte de Chine, d’Irlande, d’Inde du Nord et du Japon, le son est lancinant, gracile parfois mais toujours présent et rythmé en accord avec le pas des chevaux. Comme le cheval, la flûte nous transmet quelque chose de notre mémoire ancestrale, de notre histoire des origines. Et ce son nous projette au-delà du temps dans un monde onirique au milieu de ces steppes lointaines.

C’est un spectacle incroyable, une expérience à part de tout ce que j’ai vu.

Oui c’est une reprise mais pour notre plus grand bonheur et si vous ne l’avez pas vu, je vous invite à aller le voir de toute urgence…

Conception, mise en scène, scénographie : Bartabas
Musique Originale
François Marillier, Véronique Piron, Jean-Luc Thomas, Wang Li
Composition autour du souffle
Instruments : Hulusi (flûte de chine) ; Tin-Whistles (flûtes d’Irlande) ;
Bansurî (flûte d’Inde du Nord) ; Shakuhachi, Ryuteki, Nôkan (flûtes du Japon)

Au théâtre Zingaro
Reprise à partir du 9 novembre 2018 au Fort d’Aubervilliers

https://bartabas.fr/zingaro/

 

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