Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Arts-chipels.fr

La guerre des Salamandres. – fable visionnaire sur la fin de l’humanité ou quand on laisse la cupidité diriger le monde, on court à grand pas vers l’abime

La guerre des Salamandres. – fable visionnaire sur la fin de l’humanité ou quand on laisse la cupidité diriger le monde, on court à grand pas vers l’abime

L’action commence dans la rédaction d’un journal  du soir en quête d’une info un peu croustillante pour sa Une. Deux journalistes vont rencontrer un vieux loup de mer et tout part de cette rencontre. L’histoire s’enchaîne. Les évènements s’enroulent.
  
C’est une adaptation très fine par Evelyne Lowe, du livre de Karel Capek, romancier, journaliste, poète, philosophe tchèque publié en 1936. Ce roman est à la frontière entre Jules Verne  et Orwell, un des premiers livres de fiction.

Une mise en scène intelligente

La scénographie est particulièrement intelligente. Toute tourne autour d’une estrade circulaire, une « table monde » comme dit le metteur en scène qui concentre l’action et se transforme au fil des scènes en un salon bourgeois, une table de négociations, un pont de yacht. Cette circularité centrale offre des coins autour que la mise en scène exploite aussi très largement pour dédoubler ou démultiplier l’action.
 
Les 40 personnages du roman sont  interprétés brillamment par les 7 comédiens de la troupe des tréteaux de France. Ils évoluent dans un univers que le metteur en scène a choisi de conserver dans son époque initiale. Ainsi, mobiliers, vêtements,  attitudes ont le charme suranné de l’entre-deux guerres. On est en 1936. Les bruits de bottes ne sont pas loin mais Karel Capek choisit la fantaisie joyeuse presque onirique pour traiter de ces sujets dramatiques.

Contemporanéité des sujets tels l’esclavage et la maltraitance des animaux

C’est une fable sur la cupidité humaine et nos fléaux contemporains que l’auteur avait superbement anticipés. C’est étonnant comme la fin de la pièce nous ramène à nos problèmes actuels de réchauffement climatique et de mondialisation.

Il traite aussi brillamment le sujet de l’esclavage. Les salamandres de Capek  sont des êtres à part, étranges, elles ont des mains, des doigts, elles marchent, elles parlent, elles sont dociles et faciles à dominer et exploiter. Puis elles apprennent à  lire et à se révolter. Cette ellipse sur la condition de l’esclavage est toujours d’actualité hélas dans notre société moderne qui n’a toujours pas banni dans les faits   ces exploitations de l’homme par l’homme. Ces sujets entre en résonnance avec des scandales actuels sur tous les continents (Le travail des enfants, les réfugiés en Lybie, les travailleurs sans papier partout dans le monde, etc etc … Les exemples sont hélas beaucoup trop nombreux.

Un autre sujet très actuel qu’il aborde est l’assujettissement des êtres vivants pour la simple raison qu’ils n’en ont pas vraiment, soi-disant, de raison. Encore un sujet en pleine actualité. A-t ‘on  le droit de maltraiter des êtres vivants parce qu’ils sont considérés comme une autre race inférieure ? On peut aller jusqu’aux problématiques contemporaines sur l’élevage industriel et le sort que subisse les animaux qui remplissent nos assiettes.  

Bref, une soirée riche en rebondissement, une intrigue menée comme un film d’aventure avec une vision incroyablement pertinente sur les problèmes contemporains.

Mise en scène Robin Renucci

Adaptation Evelyne Loewà partir de la précieuse traduction de Claudia Ancelot
(1925-1997) parue aux éditions La Baconnière


avec Judith d’Aleazzo, Henri Payet en alternance avec Gilbert Epron, Solenn Goix, Julien Leonelli, Sylvain Méallet, Julien Renon, Chani Sabaty  

scénographie Samuel Poncet
lumières Julie-Lola Lanteri-Cravet
objets, accessoires animés Gilbert Epron
images Philippe Montémont et Samuel Poncet
costumes et perruques Jean-Bernard Scotto
assisté de Cécilia Delestre et Judith Scotto
coach vocal et linguistique Irène Kudela
bruitages Judith Guittier
direction technique Éric Proust et Émile Martin
régie générale Thierry Alexandre
régie lumières Thierry Alexandre et Floriane Malinski (en alternance)
régie son et vidéo Manu Favre
régie plateau Brahim Achhal et Larbi Guemar
habillage et perruquage Barbara Hooijmeijer et Juliette Hui
atelier costumes et perruques Maurine Baldassari, Cécile Beaubernard,
production Tréteaux de France - Centre dramatique national 

17 → 28 octobre à la Maison des Métallos

A noter :
rencontres avec l'équipe artistique du spectacle
jeudi 18 octobre → à l’issue de la représentation
jeudi 25 octobre → à l’issue de la représentation

 

TOURNÉE

11 > 12 octobre : L’Hexagone - scène Nationale de Meylan (38)
17 > 28 octobre : La Maison des Métallos, Paris (75)
13 janvier : Bédarieux (34) - La Tuilerie
17 janvier : Castelnaudary (11)
19 janvier : Lezignan-Corbières (11) - L’Espace Culturel des Corbières
22 janvier : Rethel (08) - Théâtre Louis Jouvet
29 janvier : Poitiers (86) – TAP
1er février : Le Creusot (71) - L’Arc - Scène Nationale
8 février : Gisors (27) - Salle des fêtes
21 mars : Théâtre d’Orléans (45)
29 mars : Boulogne-sur-Mer (62) - Le Carré Sam

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article