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Arts-chipels.fr

« Caravage à Rome, amis et ennemis », sacralisation définitive du génie pictural révolutionnaire de ce géant de la peinture.

 « Caravage à Rome, amis et ennemis », sacralisation  définitive du génie pictural révolutionnaire de ce géant de la peinture.

Exposition exceptionnelle à plus d’un titre. Exposition qui a relevé  de nombreux défis et challenges  lors de sa constitution et qui cumule les évènements inédits. Magnifique ! Incontournable !

Premier exploit, c’est la première exposition consacrée à Caravage depuis 1965 en France ! Dix œuvres majeures du peintre sont réunies pour notre plus grand bonheur.

Deuxièmement, elle présente des tableaux qui n’avaient jamais été réunis et pour cause.  Les deux « Madeleine en extase » n’avaient jamais été présentées ensembles d’une part parce que leur co-existence n’est vraiment connue que depuis peu et d’autre part parce que le collectionneur privé de  la « Madeleine Gregori » authentifiée comme un Caravage en 2016, ne voulait pas la prêter  Par quel miracle peut-on donc admirer la « Madeleine Gregori »  à côté de la  « Madeleine Klain» ? Peu importe ! Une première, un second exploit  ET quelle émotion. !

Troisièmement,  le musée Jacquemart-André a obtenu le seul Caravage de l’Ermitage, à Saint- Pétersbourg (Russie), « Le Joueur de luth » en échange de son unique toile de Paolo Uccello. Cette toile n’était jamais sortie de Russie depuis sa restauration. Encore un  exploit ! Et quel tableau. On dit que c’était un des tableaux préférés du peintre. Le  tableau présente un jeune garçon un peu androgyne jouant du luth, les lèvres entrouvertes comme s’il chantait. Dans ce tableau Caravage a peint tous les genres qu’il affectionnait, ainsi à côté du musicien une nature morte peinte avec une grande dextérité, une partition clairement identifiable et un violon. Caravage s’était fait connaître dans ses premières années romaines en peignant « à la tâche » des natures mortes fruits et fleurs «  mais aussi des visages ». Une des particularités du peintre, en effet, était qu’il peignait toujours d’après nature, avec ses modèles sous les yeux. Il a ainsi inventé le naturalisme dans sa forme la plus pure.et inspirait des générations de peintres après lui.

 « Caravage à Rome, amis et ennemis », sacralisation  définitive du génie pictural révolutionnaire de ce géant de la peinture.

Quatrième performance de cette exposition est la juxtaposition, la comparaison entre Caravage et ses contemporains. Les tableaux du Caravage sont exposés avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Ribera. Cette confrontation nous dévoile toute l’étendue du génie novateur de Caravage. Lorsque l’on est devant des tableaux tels que » le Saint Jerôme écrivant » comparé au Saint Jérôme de Orazio Gentileschi  ou même plus percutant encore devant « Le jeune Saint Jean baptiste au bélier » comparé au « Saint Jean Baptiste au mouton »  de Bartolomeo Manfredi, on ne peut qu’être fasciné devant  la suprématie du génie du Caravage. Le Saint Jérôme sort du tableau on le voit jaillissant avec un réalisme  saisissant, plein d’une énergie incroyable, d’une émotion brute. Caravage propose ainsi une nouvelle « grammaire picturale » basé sur l’étude de la réalité, Ses personnages sont humains, jusque dans leurs émotions.

Le dernier et cinquième challenge est de nous faire toucher du doigt en tous les cas de l’œil  l’effervescence artistique qui régnait alors dans Rome. Ainsi, trente et une œuvres sont réunies, Dix du Caravage, et vingt et une de ses contemporains. On sent l’émulation, la rivalité. La commissaire de l’exposition Franscesca Capelletti dit que c’est cette période profondément stimulante qui a donné sa maturité artistique à Caravage. Sans cette période il n’aurait pas atteint ses sommets,  sans cette concurrence acharnée il ne serait pas devenu Le Caravage.

 

UN bref résumé de la vie du peintre :
Le Caravage, de son vrai nom Michelangelo Merisi, est né à Milan, en 1571. Jeune peintre prometteur, il se rend à Rome en 1593 pour entrer dans l’atelier de Giuseppe Cesari, dit le Cavalier d’Arpin. C’est là qu’il se fait connaître de la haute noblesse italienne. C’est là qu’il affirme donc son art mais aussi qu’il multiplie les bagarres et divers incidents pour finir avec l’accusation de meurtre en 1606 qui le fera s’enfuir pour ne jamais revenir. Désormais, Il va mener une vie d’errance  en poursuivant toujours son travail pictural et ses problémes avec la justice. IL va aller à Malte, et ensuite en Sicile. En 1610, le Caravage décide de rentrer à Rome dans l’espoir d’être gracié par le pape. Il meurt de la malaria, avant d’arriver à destination, à l’âge de 38 ans.

Caravage a inventé un style révolutionnaire pour l’époque avec une grammaire et un vocabulaire pictural entièrement nouveau qui inspirea d’abord ses contemporains, tels que Carlo Saraceni, Orazio Gentileschi ou encore Bartolomeo Manfredi  et ensuite les générations futures. Ainsi, des peintres comme le Français Simon Vouet (1590-1649) ou l’Espagnol Diego Vélasquez (1599-1660) ont eu, à leurs débuts, une période dite «caravagesque ».

Exposition incontournable jusqu’au 28 janvier 2019 au Musée Jacquemart-André, Paris (8e).

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