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Arts-chipels.fr

Festival Spot #5 au Théâtre de La Villette. Des formes nouvelles aux frontières du réel.

Festival Spot #5 au Théâtre de La Villette. Des formes nouvelles aux frontières du réel.

De l’origine de l’univers aux limites des rapports humains, douze équipes d’artistes nous invitent à nous déconnecter d’une certaine réalité pour glisser vers le fantastique, l’anticipation, l’imaginaire.

Du 18 septembre au 6 octobre, le Théâtre de La Villette propose un parcours en zigzag entre réel et imaginaire où la diversité est de mise.

La Nuit animale (18-19 septembre), inspirée par un fait divers qui avait fait scandale en 1968, part d’une collecte de sang faite par un anthropologue auprès d’Indiens d’Amazonie sans leur consentement. Elle met en scène une adolescente brésilienne qui se prépare, sous l’autorité de son professeur d’anthropologie, à faire une communication. Le spectacle glisse d’un réalisme documentaire à des formes dansées qui se rapprochent de la transe, manifestant les questionnements et le désordre intérieur de la jeune fille.

Origine(s) (20-21 septembre) part des grandes questions sur l’univers que chacun se pose. Pourquoi, la nuit, le ciel est-il noir ? Sommes-nous vraiment tissés de poussière d’étoiles ? Ce spectacle intimiste qu’on écoute assis sur des coussins, tapis de sol et sacs de couchage mêle humour et poésie dans une vertigineuse remontée dans le temps où le vide et le plein, la matière noire et l’instant zéro sont conviés.

Le Réserviste (c) DR

Le Réserviste (c) DR

Gonzoo pornodrame (24-25 septembre) raconte l’histoire d’une petite employée qui gagne une nuit avec un rappeur vedette. Faisant référence au gonzoo, un mouvement journalistique prônant l’immersion et l’intersubjectivité dévié vers une pornographie « hard » caractérisée par une absence de scénario et la représentation immédiate, brutale, sans détour des rapports sexuels, le spectacle adopte une dramaturgie fonctionnant « selon la même logique, par accumulation de détails, de discours, d’informations, d’images, par un glissement du vrai vers le triomphe de la parodie et dans le but de pousser cette logique jusqu’à l’implosion. »

Le Réserviste (26-27 septembre) est l’histoire d’une inadaptation à la valeur travail que privilégie notre société. Un fainéant, un rêveur paresseux, ou un parasite qui se prend de plein fouet l’absence d’alternative. Dans la filiation d’un Guy Debord, trois narrateurs masqués diffractent les points de vue dans un appartement à la limité de la jungle où évoluent, figures sauvages, non domestiquées, de vrais paresseux.

Worst Case Scenario (28-29 septembre) mêle musique, théâtre et acrobaties pour évoquer la vie de jeunes trentenaires israéliens. Cette performance en vingt-trois séquences qui sont autant de réflexions sur le conflit combine des traditions circassiennes renouvelées, les développement d’une machine à musique avec le théâtre d’histoire.

Moi, les mammouths (c) Nicolas Boudier

Moi, les mammouths (c) Nicolas Boudier

Dans Moi, les mammouths (1er-2 octobre, 19h) un petit personnage, Bobby Potemkine, attend dans un poste de police déserté un embarquement qui l’entraîne dans un périple onirique où magie des mots et poésie des images décollent du réel. L’invasion de mammouths laineux dans un monde de glace sur lequel il enquête nous déplace dans un monde mouvant, glissant, poétique et politique de persistances rétiniennes, d’ombres et de phosphorescences au son d’un oratorio mêlant musique off et voix live.

Le même jour (1er-2 octobre à 20h30), Winterreise s’intéresse à l’attitude de jeunes parents face à un enfant qui va naître, qui les conduit finalement à l’échec. Ce « voyage d’hiver » norvégien part de l’incapacité de dire des jeunes parents et sur le vide qu’elle engendre. Humour corrosif, univers tragicomique tout en répétitions et en variations caractérisent ce dérapage progressif du réel révélant les dysfonctionnements humains à travers le rire mais aussi l’angoisse.

Le Mariage de Witold Gombrowicz (3-4 octobre) nous entraîne dans une fresque onirique et déchaînée à travers l’histoire d’un jeune soldat revenu de guerre. En prenant le détour d’un rêve surréaliste, grotesque et poétique, l’auteur nous entraîne à réfléchir sur l’ordre et le chaos et à nous interroger sur nous-mêmes. La mise en scène souligne la dimension méta-théâtrale de l’œuvre et explore les frontières entre acteur et personnage, rêve et réalité et la frange où se développent étrangeté et onirisme. Un théâtre du monde dont nous sommes partie prenante.

Avec Polis, la Nuit blanche (6 octobre, de 19h30 à 2h le 7) offrira à des artistes, tant à l’intérieur du théâtre qu’au dehors, l’opportunité de performances ouvertes à tous. Enfermés dans un container de verre, quatre comédiens inviteront le public à écouter depuis l’extérieur et grâce à des casques l’échange qui s’instaure avec l’un des spectateurs. L’oralité, source d’invention et de création, induit aussi échange et partage. Un questionnaire sert de prétexte à l’instauration d’un dialogue émancipateur dans lequel le public peut s’immiscer.

 

Théâtre Paris-Villette

Du 18 septembre au 6 octobre 2018

Rés. 01 40 03 72 23 – www.theatre-paris-villette.fr

18-19 septembre : La Nuit animale

20-21 septembre : Origine(s)

24-25 septembre : Gonzoo pornodrame

26-27 septembre : Le Réserviste

28-29 septembre : Worst Case Studio

1er-2 octobre : Moi, les mammouths

1er-2 octobre : Winterreise

3-4octobre : le Mariage

6 octobre : Nuit blanche - Polis

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