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Arts-chipels.fr

La Ballerine qui rêvait de littérature. Un hommage à l’écriture poétique et inspiré.

La Ballerine qui rêvait de littérature. Un hommage à l’écriture poétique et inspiré.

Lorsqu’un professeur de lettres échange ses lectures contre la découverte de dessous féminins…

Victor Van de Walle, brillant professeur de lettres en classe préparatoire, adulé par ses étudiants, maître magicien dans l’art de faire partager sa passion pour la littérature, met fin à sa vie professionnelle. Il décide de revenir sur les traces de son enfance en s’établissant à Arras. Un retour aux sources en catimini, sans en informer ses amis, qui a toutes les allures d’un enterrement volontaire. Victor quitte tout, sauf ses livres. Mais comment les conserver quand on n’a pas l’espace, sinon dans un hangar où se trouvent déjà de magnifiques malles qui semblent contenir toute une histoire… ?

Chronique d’une rencontre insolite

La propriétaire des malles est une danseuse étoile contrainte de renoncer à son art à la suite d’une chute. Dans cette ville éloignée des feux des projecteurs, elle a ouvert une boutique de lingerie féminine, mais pas n’importe laquelle… « Par hasard » respire une ambiance particulière. Atmosphère intimiste, intérieur empli de tiroirs revêtus de cuivre aux contenus soigneusement occultés aux yeux du passant veillés par un mannequin trônant au milieu de spécimens de dessous précieux… Marie y enferme sa lingerie comme elle a enfermé ses souvenirs dans ses malles. Au-delà de la confession qu’elle fait de son renoncement, elle avoue à Victor un manque : pour devenir danseuse, elle a dû renoncer à la lecture des livres. Elle porte en elle cette disparition comme une plaie ouverte que Victor propose de fermer en lui faisant la lecture. En échange, elle lui dévoilera ce qui se cache derrière les panneaux de cuivre qui meublent ses murs…

Quand un lecteur rencontre une danseuse…

Entre les deux personnages se noue peu à peu une relation faite de distance et de proximité autour de la littérature. À travers le choix d’extraits que propose Victor au cours de ses lectures et des accessoires que Marie exhibe au fil du temps se raconte leur histoire respective en même temps que s’ébauche un chassé-croisé amoureux mêlant passé et présent, tout en effleurements sans contact et en contacts sans effleurement. Loin d’un érotisme de bazar, cette Carte du Tendre apparaît peuplée de dentelles aux transparences poétiques et de citations délicates qui rassemblent Gérard de Nerval, Gabriel García Márquez et Marcel Proust. S’y développe, au-delà de l’histoire, un amour profond de la littérature qui ne peut laisser indifférent.

La Ballerine qui rêvait de littérature de Michelle Tourneur (© Fayard 2017)

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