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Arts-chipels.fr

Exit ou l’humour décalé d’un Buster Keaton break dancer…

Exit ou l’humour décalé d’un Buster Keaton break dancer…

 

C’est un spectacle de danse, oui bien sûr, mais pas que… C’est aussi  du théâtre, du mime, du Hip-Hop, du break dance et du cirque. On ne sait plus très bien où se situe la frontière entre ces différentes disciplines, entre danse et théâtre, entre break danse et cirque, entre mime et danse. Les trois danseurs Artem Orlov, Mehdi Ouachek et Jackson Ntcham, nous emmènent avec beaucoup de talent dans un monde onirique où l’absurde  et l’humour s’associent dans une caricature de nos rapports aux autres et au temps. On retrouve le génie de Buster Keaton dans cet humour implacable et dans la précision avec laquelle les mouvements s’enchaînent.

Ce spectacle est joué dans le cadre du festival Kalypso, édition 2017 à la Maison des Métallo.

C’est drôle, incisif, souvent cruel et parfois tendre !

Une filiation hip hop mais surtout danse contemporaine.

Les chorégraphes Soria Rem et Mehdi Ouachek sont les représentants d'une danse dite « abstract », une danse qui mêle les arts du cirque, du mime ainsi que de la danse contemporaine.  Et effectivement, les pas de deux et de trois se suivent  à un rythme effréné. Les pirouettes et les figures break ou new styles ou Hip Hop qui sont exécutées avec brio, ponctuent et rythment les scènes. Mais cela n’est pas Que du hip hop. Ce spectacle s’inscrit pleinement comme de la danse contemporaine.

La trame dramatique est centrée sur les mutations de notre  époque et les rapports frénétiques que nous entretenons  au temps. Notre monde contemporain se caractérise par un bouleversement de notre rapport au temps, de notre perception du temps. Nous avons une impatience frénétique pour tout ce qui pourrait nous faire perdre du temps,  et la perspective de perdre ce précieux temps nous rend encore plus frénétique et impatient. Et ainsi nous confondons  temps et vitesse et notre impatience quotidienne s’autoalimente par tous ces moments d’attente que notre vie citadine nous impose et que  nous ne supportons pas.  Impatience quand on attend. Impatience et agressivité, impatience et cruauté. On attend… sur un banc,  dans une file d’attente, dans la rue, partout… Et le sentiment de frustration que cela nous induit,  nous rend forcément agressifs. Et nos rapports aux autres s’en trouvent forcément impactés.

ET on réagit, on soupire, on agresse, on triche et on violente.

Et les danseurs, à notre image nous montrent à voir les travers de ces rapports humains  distendus, agressifs. Ainsi ils nous interrogent  et nous confrontent  à nos comportements quotidiens dans une succession de scènes ciselées et travaillées avec une précision implacable, souvent très drôles et un peu cyniques. Oui c’est du Beaster Keaton, mais aussi du Chaplin, du Laurel et Hardy. Ils se placent complétement dans cette tradition de ces grands humoristes des débuts du cinéma muet.

C’est remarquablement bien pensé et magnifiquement dansé.

A voir absolument.

 

La Maison des Métallos
du 6 au 10 décembre 2017

17 mars 2018 : Savigny le temple (77) espace Prévert.
http://www.maisondesmetallos.paris/2017/07/20/exit

 

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