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Arts-chipels.fr

Le doux, le caché, le ravissement : un hommage poétique, insolite et multi sensoriel à nos mains, façonneuses d’humains.

Le doux, le caché, le ravissement : un hommage  poétique, insolite et multi sensoriel à nos mains, façonneuses d’humains.

On est confortablement installé dans des transats, la tête en l’air, non pas  dans les nuages mais dans une projection de nos mains, créée ex nihilo avec nos propres mains en franchissant l’entrée.   Le spectacle commence par une évocation du monde intra utérin,  on ressent les vibrations des sons dans nos corps par le transat.  On est transporté dans un entre-deux,  on recherche  notre propre  « ravissement » avec ces moments intra-utérins oubliés et qui cependant nous ont façonnés. C’est une expérience étonnante, on écoute, on ressent et on regarde …  

On écoute les textes, dit par Cyril Bosc, comédien mais aussi sculpteur. C’est un long poème qui explore les expressions du langage utilisant le mot/symbole des mains et qui sert de fil conducteur au spectacle, étayé par des textes de Shakespeare, Victor Hugo et Winicott.

On écoute aussi de la musique,  Bach, Sibelius et d’autres qui  accompagnent  les animations vidéos créées en live, par Serge de Laubier, animations qui surprennent et que l’on regarde, fascinées et ravies dans leurs variations  entre fractales et boucles infinies.

Et on ressent ,  on ressent  les vibrations de la musique, on suit les animations avec son corps, c’est une sensation étrange que certains connaissent pour l’avoir expérimenté  soit dans des concerts ou spectacles ultra forts soit dans des dispositifs à fortes sensations. Là, rien de tout cela, c’est léger, doux, un vrai moment de bonheur.

Ce spectacle est né de la rencontre entre Jean Louis Heckel,  le fondateur de la NEF, manufacture des utopies, metteur en scène et marionnettiste  qui a assuré la mise en  scène et Serge de Laubier, fondateur et directeur artistique de Puce Muse, mais aussi  compositeur, chercheur et musicien. Il crée le Méta-Instrument qui traduit musicalement le moindre geste de son « pilote/ musicien », élément incontournable de cette exploration multimedia.

Le fil  conducteur est la main, sujet que Jean Louis Heckel affectionne particulièrement peut-être au premier abord parce que marionnettiste mais aussi parce que la main est un révélateur de tant de choses. C’est par l’empreinte de leurs mains que les hommes préhistoriques ont laissé leurs premiers signes, leurs premières traces, consciemment. C’est grâce à la main que l’on caresse, que l’on bâtît, que l’on façonne. Le toucher, le bout des doigts si sensibles est un des sens les plus performatifs de notre humanité. La main est instrument, outil, douceur, réconfort, caresse mais aussi violence. Elle peut frapper, craquer, briser, broyer. Le musicien, le peintre transcendent leur art grâce à elle.

Les mains sont aussi langage, langage secret pour qui sait décrypter leur code. Elles révèlent bien souvent ce que nous aimerions cacher…

 

Le doux, le caché, le ravissement : un hommage  poétique, insolite et multi sensoriel à nos mains, façonneuses d’humains.

A noter l’installation interactive de Catherine Hospitel, sculpteur et designer, en prélude au spectacle qui nous offre six stations, sculptures interactives à explorer du bout des doigts ou avec les pouces ou les paumes ensemble ou seule.

C’est un spectacle comme la Nef en présente souvent, créatif, récréatif, novateur et plein de sens qui mériterait de continuer sa route.
 

A voir du 23 au 25 novembre

la NEF,
Manufacture d'utopies
20 rue Rouget de Lisle
93500 Pantin

01 41 50 07 20

contact@la-nef.org

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