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Arts-chipels.fr

King Kong Théorie d’après Virginie Despentes

King Kong Théorie d’après Virginie Despentes

Cette nouvelle adaptation est un pari détonnant que fait Émilie Charriot en demandant à deux performeuses de raconter, dire,  réciter le texte sans concession de Virginie Despentes, l'auteur de « Baise-moi » conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Cet extrait que je cite : « J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas.», pose le propos.
C’est brut, décoiffant. Les mots s’enchaînent les uns après les autres avec ce style direct, « in live » qui dérange la bonne littérature, qui claque comme un uppercut.  On est dans le vécu, dans le média live, elle parle comme elle le vit « in real live » comme on dit désormais,  tout à fait réseau social. Elle a été en cela aussi une précurtrice de ce phénomène des réseaux sociaux. Non seulement elle  se montre telle quelle est mais avec en plus la provocation et le coté sulfureux de sa vie mis au grand jour, sur la place publique.  C’est un acte fort lorsque l’on raconte son viol et sa vie de prostituée en pourfendant la société machiste qui ne fait rien pour bouger qui préfère ne pas voir. Elle dénonce ce silence, cette mise à l’écart de ces femmes violées et violentées. Dans certains pays on les assassine pour laver leur honneur chez nous on le tait, on met une chape de plomb de silence  et on en veut comme toujours à celle par qui le scandale arrive.

Géraldine Chollet est magnifique dans son interprétation. Elle pose ses mots comme elle pose ses entrechats, tout en délicatesse et fragilité avec une douceur étrange comme si elle était une petite chose mais paradoxalement très déterminée. Elle trouve le ton juste pour ce texte brut, elle incarne cette déshérence avec une précision méticuleuse.

Le décor est « no décor ». Le plateau est brut absolument brut, sans rien,  avec juste un jeu de lumières et d’ombres qui cachent ou éclairent.

Pour les amateurs de lecture et de Virginie Despentes

 

Maison des Métallos

Du 19 au 24 septembre

 

 

 

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