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Arts-chipels.fr

Iliade, ou le récit épique comme passerelle de sociabilité d ‘après l’Iliade d’Homère et Homère, Iliade d’Alessandro Baricco mis en scène par Luca Giacomoni avec la participation du Centre pénitentiaire de Meaux.

Iliade, ou le récit épique comme passerelle de sociabilité d ‘après l’Iliade d’Homère et Homère, Iliade d’Alessandro Baricco mis en scène par Luca Giacomoni avec la participation du Centre pénitentiaire de Meaux.

La particularité de cette distribution c’est de mélanger les acteurs professionnels, les détenus et les ex-détenus. L’administration pénitencière a été associée dès le début du projet  et a accepté pendant les deux ans de ce projet d’avancer en « terrain inconnu ».

Une mention particulière au chant A capella de Sara Hamidi.

Autre particularité, c’est une série théâtrale en 10 épisodes d’1h, chaque épisode étant  un spectacle à part entière et pouvant être vu indépendamment des autres. J’ai vu le troisième épisode, bon un récit de batailles ce qui n’est pas vraiment mon extrait préféré ;-)

Ce qui est magique dans cette aventure c’est la cohésion du groupe tendu  vers un même but. Tous les détenus et ex-détenus ne jouent pas forcément au niveau « professionnel » mais tous ont en eux cette sincérité, cette volonté de jouer, de faire avancer la narration et de créer un moment de théâtre.

La scène commence avec quinze chaises pliantes vides rangées en demi-cercle faisant face aux spectateurs, sauf deux femmes qui sont assises chacune à une extrémité du demi-cercle. Sara Hamidi commence à chanter des mélodies iraniennes et puis les hommes envahissent peu à peu le plateau et chacun à son tour présente son personnage.  Et la narration commence. C’est effectivement une narration jouée. Les chaises sont les seuls accessoires. Elles seront tour à tour lances, épées, corps ennemis, ou corps mourants. Elles seront pratiquement le seul vecteur de la violence à part quelques scènes de corps à corps. Les acteurs sont vêtus comme tous les jours, jogging, basket et sweat. Cette sobriété et ce dénuement sert la violence du propos qui est une énumération de coups, égorgement et autres détails de guerre. Cette forme théâtrale dépouillée s’est imposée au fil des répétitions en prison explique Lucas  Giacomoni. La mise en scène a transcendé cette violence retenue mais présente du monde carcéral et du texte de l’histoire originale.

C’est une magnifique histoire humaine où il est aussi question de réhabilitation par le théâtre, car au final le spectacle doit être joué à l’heure dite devant des spectateurs qui ont payé leur place.  

Dans ces temps, où on veut construire encore et encore des prisons pour enfermer toujours et enfermer encore, cette expérience réussie d’une autre voie doit être prise en compte, doit être relayée car ce spectacle est bien le résultat de multiple contributeurs qui tous ensembles ont œuvrer pour la réussite du projet.

Quelle belle leçon d’humanité !

mise en scène Luca Giacomoni / dramaturgie Marta Fallani / avec Armelle Abibou, Mourad Ait Ouhmad,
Samir Ben Malek, Hugues Dangreaux, Laurent Evuort Orlandi, Cristoforo Firmin, Cyril Guei, Lévy Kasse
Sampah, Moussa Konate, Eliott Lerner, Louis Plesse, Michel Quidu et Kamel Zada / chant Sara Hamidi /
lumières Sean Seago

Après son succès au Théâtre Paris-Villette la saison dernière, la série théâtrale Iliade est de retour pour dix représentations exceptionnelles du 6 au 16 juin 2018 !

 

du mardi au jeudi à 20h / le vendredi à 19h / le samedi à 20h /
le dimanche à 16h

 

Nous avions écrit cette chronique l'an passé, nous la rééditons aujourd'hui.

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