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Arts-chipels.fr

JE SUIS VOLTAIRE… de Laurence Février

JE SUIS VOLTAIRE… de Laurence Février

|on a aimé]

Ce n’est pas l’histoire de Voltaire bien qu’à travers celle d’Emilie du Chatelet on raconte sa grande histoire d’amour. Ce n’est pas non plus une transposition du Traité sur la Tolérance, bien qu’il soit en partie le déclencheur  et qu’il soit évoqué dans la pièce. Ce n’est pas non plus un pamphlet Voltairien contre le fanatisme, disons - pas seulement… C’est une quête, une recherche menée par une journaliste qui part à la rencontre de cet esprit voltairien et de ce qui en reste dans notre société. C’est aussi une interrogation sur notre monde et ses dérives fanatiques et totalitaires.

« C’est un texte à propos de Voltaire » sont les mots de Laurence Février à propos de sa création. Comme beaucoup elle connaissait Voltaire sans vraiment le connaitre, sans vraiment l’avoir lu. Les attentats de janvier 2015 seront le déclic.

Ainsi la pièce nous fait traverser les époques et les mélangent allégrement. On fait des allers-retours dans ces deux espaces temps. On assiste à une interview d’Emilie du Chatelet (Catherine Le Hénan), première grande intellectuelle française, première femme scientifique française, philosophe et comédienne. C’est aussi la  première traductrice et ambassadrice des écrits de Newton. Elle et Voltaire vivront une passion qui durera 15 ans jusqu’à la mort d’Emilie en 1749.

Cette interview est assez surréaliste car elle se passe de nos jours en interrogeant une figure de notre histoire et la journaliste (Laurence Février) se fait aider par un ange devenue femme (Véronique Gallet). La juxtaposition de ces deux mondes nous interroge sur notre temps et nous donne à voir ou à revoir pour certains,  la justesse et la pérennité, je dirai hélas, des combats menés par Voltaire.

La pièce se joue en deux parties. La première est donc l’évocation du grand amour de Voltaire et la deuxième porte sur son combat contre le fanatisme religieux dont elle évoquera  les prises de position dans la défense de  Jean Calas.

Trois autres personnages entreront alors  en scène.  Un franco-algérien (Moussa Kobzili) , historien qui veut traduire le Traité sur la tolérance en arabe et nous en lit un passage. Puis une jeune française radicalisée revenue de Syrie (Elena Canosa) intégrant un programme de déradicalisation avec tutorat faisant référence à des expérimentations actuelles  en cours en Danemark. Ce programme est conduit par un professeur d’histoire  émérite (Henri Gruvman). Un clin d’oeil à Paris VIII, et à son idéal d’accession au savoir pour tous lors de sa création à Vincennes et donc retour à Voltaire et à son universalisme.

Spectacle riche et puissant, très bien interprété dans un décor sobre et minimaliste dont on sort avec beaucoup plus de questions que de réponses mais c’est là le but…

Théâtre de l'Epée de bois
Route du Champ de Manoeuvre, 75012 Paris, France

du 22 mars 2017 au 9 mars 2017

 

 

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