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Arts-chipels.fr

Bazille, Compagnon de route trop tôt disparu des impressionnistes ?

Bazille, Compagnon de route trop tôt disparu des impressionnistes ?

Parmi les peintres qui ambitionnèrent de rénover la peinture dans les années 1860, Frédéric Bazille apparaît en bonne place aux côtés des impressionnistes. Le musée d’Orsay lui consacre une exposition.

Disparu au combat en 1870, le Montpelliérain Frédéric Bazille (1841-1870) n’aura laissé qu’une trace minime de ce qu’il aurait pu devenir si la destinée lui avait laissé le loisir de développer sa carrière picturale. L’exposition que lui consacre le musée d’Orsay est agaçante non pour elle-même mais pour le battage médiatique qui l’environne et la confusion qu’elle entretient entre l’art et ses balbutiements, fussent-ils prometteurs.

Comment la montagne accouche d’une souris…

Toute cette mayonnaise pour une œuvre qui contient certes en germe des possibilités, mais souvent non abouties, et de longs tunnels qui sont autant de bancs d’essai qu’il est difficile de considérer comme des œuvres incline à se montrer circonspect. Bazille n’est ni un dessinateur ni véritablement un coloriste. Dans ce qu’il a laissé et qui n’est somme toute qu’œuvres de jeunesse, les personnages sont raides, la facture empruntée. Certes, il fréquenta ceux qui n’étaient pas encore les impressionnistes – Monet, Renoir, Sisley… – et travailla dans les mêmes ateliers que certains d’entre eux. Certes, il travailla sur le motif. Certes il mourut très jeune (28 ans), ce qui ne donne qu’une idée minime de ce qu’il aurait pu devenir. Reste cependant une œuvre de jeunesse qui ne tient pas la distance, à quelques exceptions remarquables près.

Les promesses d’un devenir

Il y a cependant dans quelques tableaux qui contiennent en germe des tentatives dont on aurait aimé connaître l’évolution. Dans le rapport, par exemple, introduit entre le net le flou, des personnages du premier plan, parfaitement définis, et le fond qui apparaît comme une ébauche, croquée à grands traits, ou bien avec cet étonnant personnage féminin apparaissant en transparence sur le décor naturel qui traverse sa silhouette ou encore, intéressant par sa profondeur, ce tableau représentant de jeunes hommes se livrant aux plaisirs de l’oisiveté et aux jeux dans la nature. Comme souvent, les travaux préparatoires qu’il nous est donné de voir sont plus intéressants que les tableaux eux-mêmes, tel Ruth et Booz inspiré par le poème de Victor Hugo, Booz endormi. Un lyrisme presque symboliste s’exprime dans ce tableau qui montre Ruth allongée aux pieds de Booz sous la pâle lueur de la lune. Quelques tableaux évoquent aussi immanquablement l’impressionnisme telle cette Réunion de famille, une partie de campagne où le soleil accentue les blancs et découpe les personnages en ombres et lumière.

Ce qui se révèle, en revanche, de manière éclatante c’est l’homosexualité du peintre, incapable de représenter un corps féminin autrement que de manière convenue, sans sensualité, sans personnalité, alors qu’il s’attarde sur l’anatomie masculine avec un intérêt non dissimulé.

Des parallèles pas toujours bienvenus

L’exposition met en parallèle, par endroits, des œuvres d’autres peintres de manière pas toujours heureuse. La subtilité de Berthe Morisot renforce d’autant le côté laborieux de l’œuvre de Bazille, tout comme les scènes d’ateliers rapportées aux peintures de même thème réalisées par Delacroix ou Cézanne. Quant aux Baigneurs de Cézanne ou à sa représentation d’un corps d’homme nu, de dos, ils constituent une gifle pour Bazille tant leur puissance contraste avec une certaine mièvrerie du peintre.

Décidément, cette exposition

 

Bazille – La jeunesse de l’impressionnisme

15 novembre 2016 -5 mars 2017

Musée d’Orsay. 1, rue de la Légion d’honneur – 75007 Paris

Ouvert tous les jours sauf le lundi 9h30-18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45

Tél. 01 40 49 48 14

www.musee-orsay.fr

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